Rivière-des-Galets: la lutte au point mort contre les ondes de tempête de mer

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Rivière-des-Galets a toujours connu de grosses vagues.

Rivière-des-Galets a toujours connu de grosses vagues.

Plusieurs obstacles empêchent Rivière-des-Galets de sortir des griffes de ce phénomène. Le plus résistant s’avère l’absence d’unanimité parmi les villageois pour accepter de quitter les lieux.

Rivière-des-Galets fait partie des trois sites côtiers (avec Mont-Choisy et Quatre-Sœurs) exposés aux risques d’érosion des plages et d’inondations causées par des ondes de tempête. Ces phénomènes naturels sont dus au changement climatique.

Les résidants de Rivière-des-Galets ont été victimes de ce qu’on appelle de «Storm Surges» au mois de mai dans les années 1976, 1987 et 2007. Une quarantaine de maisons ont souvent été submergées par l’eau de la mer. L’Organisation des Nations unies est venue de l’avant avec l’Adaptation Fund pour combattre les problèmes de changement climatique.

Lancé en 2007, ce fonds finance des projets ou des programmes d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement, soit ceux qui souvent sont particulièrement impactés par le dérèglement climatique. D’ailleurs, en 2012 le ministère de l’Environnement, soutenu par l’United Nations Development Programme (UNDP), est venu avec le «Climate Change Adaptation Programme in the Coastal Zone of Mauritius».

Pour atténuer les effets néfastes des marées hautes, des ondes de tempête et d’autres calamités, Maurice avait obtenu une subvention d’environ Rs 338 millions du Fonds pour l’adaptation. De ce fonds, Rs 104 millions (au taux du jour) avaient été al-louées au village de Rivière-des-Galets.

Des actions d’adaptation, complémentaires aux stratégies d’atténuation, avaient été proposées. Notamment, des structures pour atténuer la force des vagues immergées au large des côtes (des monticules visant à induire la rétention et l’accumulation de sédiments et à dévier les ondes érosives loin d’un revêtement de gabion sur une longueur de 400 m avaient été aménagés. L’objectif visait à protéger les communautés côtières. En sus, un mur a été construit au large de la côte.

Perceptions contraires

Toutefois, malgré les stratégies d’atténuation, 150 familles sont toujours sujettes aux risques liés aux ondes de tempête. C’est alors que le gouvernement avait décidé de les délocaliser. Mais il y a eu de la résistance de la part de plusieurs familles. Cette opposition venait surtout de celles qui y ont vécu durant toute leur vie.

Pourtant, un terrain de cinq arpents, «Green Field», a été octroyé pour cette délocalisation. La perception est que soit le gouvernement n’a pas su convaincre les habitants, soit ces derniers ont montré davantage de ténacité.

Sanjeeta Boodhoo, 37 ans, est née à Rivière-des-Galets. Les ondes de tempête, elle en a connu plusieurs. La dernière remonte à juillet 2019. Sa maison a été submergée par la mer. «Je vis constamment dans la frayeur et j’ai peur pour mes enfants. Moi qui ai connu des moments difficiles lors des marées hautes, je ne veux pas que mes enfants font face aux mêmes difficultés.» Elle soutient que la mer s’est rapprochée de la côte ces dernières années.

Contrairement à ses voisins, elle voulait être relogée le plus tôt possible. Toutefois, les autorités concernées lui ont fait comprendre que si une famille n’acceptait pas d’être délocalisée, les autres devront prendre leur mal en patience.

Sollicité, le représentant du village de Chemin-Grenier au sein du conseil du district de Savanne avance avoir entendu parler du projet, qui n’a pas abouti complétement. Des familles n’ont pas été relogées jusqu’à présent. Il est d’avis que «le projet est au point mort».

Pressé de questions sur le terrain alloué, il dit ne pas savoir ce qu’on en a fait. Qu’à cela ne tienne, 150 familles sont toujours exposées aux dangers potentiels des inondations. «Nous ne savons toujours ce que l’État a fait de la subvention allouée dans le cadre de ce projet.»

Outre les limites imposées, les maisons de certains habitants posent aussi problème. Si certains ne veulent pas quitter leur maison en béton, ceux qui vivent dans des maisons en amiante veulent bouger. Plusieurs maisons en amiante existent encore à Rivière-des-Galets.

Hormis ce problème, on laisse entendre que des maisons ont été construites sur les «Pas géométriques». Ce qui fait que des villageois peuvent devenir propriétaires de leurs maisons mais non du terrain. Alors... quelle devrait pas la priorité pour le gouvernement ?

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