Tourisme: la clientèle de luxe appelée à disparaitre…

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Ivan (à g.) et Rouslan Lartisien estiment que Maurice a perdu sa clientèle haut de gamme.

Ivan (à g.) et Rouslan Lartisien estiment que Maurice a perdu sa clientèle haut de gamme.

«Maurice a plus tendance à se tourner vers un tourisme de masse, avec des risques majeurs pour le tourisme de luxe à l’horizon» expliquent ces Français, propriétaires du groupe Grand Luxury, qui propose un catalogue de 450 hôtels de luxe. Ceux-ci sont répartis dans 80 pays à travers le monde, dont quatre à Maurice.

Selon eux, la destination Maurice n’est plus cette référence de luxe qu’elle était il y a 25 ans. «Le pays est dépassé par les Maldives, les Caraïbes ou encore les Seychelles. L’Île a amorcé une tournure difficile, avec une vision gouvernementale qui peine à trouver la voie entre un tourisme de masse et l’hôtellerie de luxe». Résultat des courses : la disparition de la clientèle de luxe à court et moyen terme, si les autorités ne réagissent pas à temps.

Pourtant, disent Ivan et Rouslan Lartisien, des solutions existent. Ils estiment que Maurice s’est créé des barrières qu’il suffit de faire tomber. À commencer par les connexions aériennes. «Cela coûte très cher de venir à Maurice contrairement à d’autres destinations de luxe internationales. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il y a une concentration de lignes aériennes sur le marché. Et il faut arriver à trouver une solution».

De la même manière, les cofondateurs du groupe Grand Luxury déplorent la présence de tour operators dans le segment de l’hôtellerie de luxe à Maurice. Or ce modèle, insistent-ils, est mort dans tous les pays du monde sauf à Maurice. «Si vous voulez que le marché de luxe reprenne à Maurice, il faut arrêter avec les Tour Operators». À la place, ils proposent la collaboration d’agences reconnues mondialement dans le marketing de l’hôtellerie de luxe.

Selon eux, l’autre faiblesse de l’hôtellerie mauricienne demeure la présence des packages «all inclusive». Les spécialistes notent qu’aujourd’hui, un nombre grandissant d’établissements se positionnent dans ce créneau alors même, alertent-ils, que «cela signifiera la mort assurée du tourisme haut de gamme».

Absence de grands noms

Parallèlement, Ivan et Rouslan Lartisien plaident en faveur d’un positionnement au niveau du marketing de la clientèle de luxe. Contrairement à d’autres destinations proposant ces mêmes prestations, où la présence d’un événement international phare, est susceptible d’attirer une clientèle haut de gamme, ils notent qu’il n’y a rien dans cette veine qui pourrait éventuellement encourager ce créneau dans l’île.

L’absence de grands noms dans le domaine de l’hôtellerie de luxe décourage également des touristes «haut de gamme» à faire le déplacement. Selon les cofondateurs du groupe Grand Luxury, à part le Four Seasons, il n’y a malheureusement pas d’établissements qui pourraient séduire cette clientèle. D’ailleurs, ils indiquent que Maurice ne compte pas de grands «malls» abritant des marques prestigieuses et internationales, qui pourraient attirer une clientèle aisée.

Quid des produits touristiques ? Les frères Lartisien sont catégoriques : la dégradation est bien visible car les hôteliers auraient tendance à accorder trop d’importance aux prestations offertes par leurs semblables locaux alors que la véritable concurrence se trouverait ailleurs. Parmi les concurrents directs de Maurice, l’on compte la Thaïlande, les Emirats Arabes Unis ou encore les Caraïbes. «En trop se focalisant sur la concurrence locale, l’hôtellerie mauricienne a pris du retard par rapport au standard de l’hôtellerie internationale».

Autant de critiques, certes constructives, qui ne doivent pas laisser insensibles les hôteliers locaux et les décideurs économiques...

Grand Luxury : deuxième apporteur d’affaires après American Express

Grand Luxury Group opère son service-clients à Maurice depuis une dizaine d’années. Quatre établissements de luxe en font partie: le Royal Palm, le One & Only Saint-Géran, le Prince Maurice et le Four Seasons. Deux hôtels pourraient quitter le groupe et sont actuellement soumis aux critères établis par le groupe. Ils font également l’objet d’un exercice d’évaluation mensuel.

Basé à Fon Sing Building, en face de la Telecom Tower, le groupe emploie une cinquantaine de collaborateurs. Ce nombre devrait doubler d’ici une année. Les réservations d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie sont gérées à partir de Maurice. «Notre rôle, c’est d’agir comme intermédiaire entre les clients et les hôtels. On sélectionne les établissements à partir du portefeuille qu’on propose aux clients. Notre business model, repose sur les séjours que les touristes passent dans les hôtels. Nous obtenons des commissions», soutiennent les deux cofondateurs du groupe Grand Luxury.

Et de rappeler que celui-ci est considéré comme le deuxième rapporteur d’affaires après American Express. Qu’en est-il des clients ? Ils auraient des profils différents, des directeurs d’entreprise, aux hommes politiques, en passant par des personnalités du monde du show-biz et ceux des professions libérales. À ce jour, le groupe compte 100 000 clients, dont 40 000 qui sont récurrents.

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