Nathalie Bourcier: «Se retrouver autour des valeurs du sport, de la famille et de la solidarité»

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Nathalie Bourcier (en médaillon) s’est investie dans la cause Odysséa en 2008 lorsque Luc Bizouerne a apporté la course-marche solidaire à La Réunion. 

Nathalie Bourcier (en médaillon) s’est investie dans la cause Odysséa en 2008 lorsque Luc Bizouerne a apporté la course-marche solidaire à La Réunion.   

Après avoir essaimé dans toute la France depuis sa création en 2002, Odysséa a atteint La Réunion en 2008. La vague rose déferle sur Maurice depuis l’année dernière et a éveillé chez de nombreux Mauriciens et Mauriciennes le sens de la solidarité. Elle revient cette année et poursuit le même objectif : lever des fonds pour soutenir les personnes souffrant du cancer du sein et sensibiliser à la prévention par le biais du sport.

Une deuxième vague rose est annoncée sur Gros Cailloux le 3 mai 2020. La course solidaire Odysséa a-t-elle pris racine à Maurice en une année seulement ? 
Il y a trois ans, j’ai rencontré une Mauricienne venue se faire soigner d’un cancer du sein sur notre île (NdlR : La Réunion). Elle m’a expliqué les  besoins sur l’île Maurice pour les malades du cancer, et notamment le cancer du sein. Odysséa a pour vocation d’aider les malades du cancer du sein. Lors de mes passages à Maurice, j’ai donc posé des questions à différentes personnes et l’idée a germé de mettre à disposition notre organisation, notre savoir-faire dans l’océan Indien, et de créer Odysséa, vague rose mauricienne.

J’ai donc proposé à l’organisation Odysséa en France, responsable de toutes les marches-courses solidaires en France, d’organiser une vague rose à Maurice.

Avec recul, la première édition organisée le 5 mai 2019, a-t-elle atteint les objectifs fixés ? Rs 687 740 ont été récoltées et reversées aux associations Link to Life et Breast Cancer Care. Les Mauriciens ont su faire preuve de générosité…
Elle a été très prometteuse car avec très peu de communication, les Mauriciens ont répondu présent ! La vague rose répond aux attentes de soutien des personnes malades, de sensibilisation à la prévention  par le sport, de message de solidarité et les Mauriciens sont sensibles à ça. La vague rose rassemble, quelle que soit son origine, quel que soit son niveau social. Elle permet de se retrouver autour des valeurs du sport, de la famille et de la solidarité. 

Nous avions vu grand en 2019 ! 2 000 participants possibles avec 2 000 t-shirts mais sans courses-enfants et nous avons eu un peu moins de participants que prévu. Cette année, nous avons prévu les courses-enfants et nous essayons de trouver les partenaires médiatiques pour davantage d’information, de sensibilisation autour de la prévention, et de communication pour inciter les Mauriciennes et les Mauriciens à venir s’inscrire en famille et entre amis à la vague rose. Que ce soit pour marcher ou pour courir.

Comment s’est poursuivi le travail entre les deux éditions pour pérenniser une manifestation qui fait la part belle à l’entraide et à la solidarité ?
Nous avons remis les fonds collectés aux deux associations Breast Cancer Care et Link to Life et sommes restés en contact avec elles toute l’année. Pour cette deuxième édition, les associations pourront présenter leurs actions auprès des personnes malades, actions réalisées avec les fonds Odysséa de 2019. Les Mauriciens pourront alors, concrètement, découvrir les témoignages des personnes malades sur le site du rassemblement le 3 mai 2020.

La recherche de partenaires pour l’édition 2020 a-t-elle été fructueuse ?
Elle n’est pas encore finie ! Ce qui est très positif, c’est que nos partenaires 2019 reviennent en 2020 ! Nous les remercions de leur engagement : IBL, Phœnix Bev, Beachcomber, Gros Cailloux, RTN. Certains nouveaux partenaires se sont engagés, comme la SOFAP. Et d’autres sont en négociations.

Mais nous faisons appel à la générosité des entreprises mauriciennes pour qu’elles nous rejoignent car notre budget d’organisation n’est pas encore bouclé.

Pourquoi est-il important de continuer à œuvrer dans ce sens, de s’engager ?
Malheureusement, le cancer du sein touche une femme sur huit en moyenne dans nos pays et le cancer du sein, lorsqu’il atteint une femme, frappe en plein cœur ses proches et les hommes et les enfants se sentent solidaires de cette cause.

Sur chaque course Odysséa, un village permet aux associations et aux acteurs de santé de sensibiliser les participants à la prévention du cancer du sein, au dépistage précoce et à l’accompagnement de la maladie. Des personnes touchées par la maladie peuvent témoigner et échanger, entourées de leur famille, de leurs amis et des acteurs qui œuvrent pour leur bien-être.

En France et à La Réunion comment est-ce que la manifestation Odysséa contribue-t-elle de manière effective à la lutte contre le cancer du sein ?
En France, les dons collectés sont redistribués à la recherche contre le cancer du sein.

À La Réunion comme à Maurice, les dons collectés sont utilisés à soutenir les malades durant leur parcours de soins et à diffuser des messages de prévention par une activité physique adaptée. La marche et la course en font partie.

Le jour de la course, les fonds collectés – droits d’inscription – sont reversés aux malades pour les aider financièrement, psychologiquement et physiquement, et au profit d’associations réunionnaises qui œuvrent sur le terrain pour apporter un soutien aux femmes malades et à leur famille.

Combien d’années ont été nécessaires pour que le concept de course et marche solidaires fasse partie des valeurs chères au sport et que la générosité devienne une seconde nature ?
À La Réunion, nous attendions 1 200 personnes pour la première édition qui a vu arriver 2 000 participants ! En dix ans, nous sommes passés à 20 000 personnes solidaires !

Sur l’île Maurice, sans beaucoup de communication, la première édition a réuni plus de 1 200 personnes. La réunion du sport et de la solidarité, autour d’un événement convivial et amical, est un concept qui fonctionne très vite.

J’espère que nous aurons la même évolution sur l’île Maurice que sur La Réunion.

La notion de générosité ne se limite pas seulement aux dons. Une telle manifestation suppose une organisation, des bénévoles, des personnes qui donnent de leur temps et de leur présence ?
En 2019, Odysséa Réunion a mobilisé plus de 400 personnes pour un ensemble de 1 000 journées bénévoles. Les bénévoles sont, pour la plupart, issus des milieux sportif et associatif. Ainsi que des écoles, lycées, pour la mise à disposition de stagiaires et d’élèves dans le cadre de leur formation.

Des bénévoles engagés depuis plus de dix ans dans l’organisation réunionnaise m’accompagnent pour encadrer les volontaires mauriciens. À Maurice, Rando Trail Nature, à travers son président, Jean-Marc Rivet, a tout de suite répondu présent pour soutenir bénévolement l’organisation.
 
J’ai ensuite eu la chance de rencontrer des personnes d’une grande richesse, comme Nasser Golamhussein, qui m’a accompagnée comme taxi puis comme ami, volontaire très engagé avec sa famille et ses amis sur l’événement. Il  m’a mise en contact avec d’autres bénévoles comme Jean-Pierre Julio, DJ animateur hors-pair sur la vague rose, Yasmine Toulouse, chanteuse, Chetna Lukea, et plus de 150 bénévoles mauriciens venus de tous les coins de l’île.

L’édition 2020 s’annonce-t-elle identique à celle de 2019 ? Y aura-t-il des changements ? Sera-t-elle plus étoffée ?
Une grande nouveauté est la création des courses-enfants : 1 km à ceux nés de 2009 à 2013, 2 km à ceux nés de 2005 à 2008. Nous espérons ainsi que les familles viendront s’inscrire en masse sur l’ensemble des courses et marches :

-    10 km, course chronométrée ;
-    5 km course-marche, non chronométrée ;
-    1 et 2 km, courses-enfants, non chronométrées, non classées.

Le dimanche 3 mai, cette date est identique à l’année dernière et nous souhaitons créer un rendez-vous annuel avec les Mauriciennes et les Mauriciens.

Pendant les vacances scolaires à La Réunion (NdlR : 30 avril au 14 mai), la possibilité est donnée aux traileurs réunionnais de participer à plusieurs trails sur l’île Maurice à cette période, et nous avons déjà des groupes qui souhaitent venir courir Odysséa à Maurice pour être solidaires des personnes malades sur l’île.

L’organisation est en cours et nous aurons des nouveautés à proposer lors de la conférence de presse de lancement des inscriptions.




Nathalie Bourcier, spécialiste de la communication

Nathalie Bourcier, 53 ans, est mariée et mère de deux enfants. Chef d’entreprise et consultante communication, elle est issue d’une famille nombreuse et originaire de Lyon en France. Elle est arrivée à La Réunion en 1997. Tout de suite, elle crée une société de conseil en communication, spécialisée dans les thématiques environnementale et sociétale. Touchée par le cancer du sein à 38 ans et soignée à La Réunion, Nathalie Bourcier s’est investie dans la cause Odysséa en 2008 lorsque Luc Bizouerne a apporté la course-marche solidaire à La Réunion.



 

Odysséa : de la France à l’océan Indien

Odysséa est un réseau national français. Elle est le fruit d’une idée et d’une volonté commune de deux amies aux parcours différents : Frédérique Quentin et Frédérique Jules. La première a connu le haut niveau sportif, en demi-fond, avec l’équipe de France d’athlétisme. La seconde est kinésithérapeute dans l’univers du sport, ancienne athlète également. Elles sont rapidement rejointes par Anne Bergougnoux dont la communication est le métier et qui dirige aujourd’hui l’association. Luc Bizouerne, ami des présidentes françaises et ancien sportif de haut niveau, a souhaité apporter la vague rose à La Réunion. Aujourd’hui, il est également aux côtés de Nathalie Bourcier pour organiser Odysséa à l’île Maurice, le premier Odysséa international. 

A  La Réunion, les choses se sont enchaînées. Ce rassemblement solidaire a connu un énorme succès et Odysséa Réunion est devenue la course la plus importante de toutes les courses françaises Odysséa. Après Paris et ses 40 000 participants, La Réunion a réuni 20 000 participants. «En 2012, nous avons créé l’association réunionnaise Run Odysséa pour nous permettre d’avoir nos propres partenaires locaux de l’océan Indien. Je suis devenue la présidente de l’association qui comprend 15 membres bénévoles extrêmement investis dans la cause», souligne Nathalie Bourcier.

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