Qualité du carburant: la position du gouvernement attendue de pied ferme

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Plusieurs véhicules ont été endommagés depuis l’année dernière en raison de la mauvaise qualité de l’essence fournie par la STC, soutient la MVDA.

Plusieurs véhicules ont été endommagés depuis l’année dernière en raison de la mauvaise qualité de l’essence fournie par la STC, soutient la MVDA. 

3 300. C’est le nombre de véhicules qui auraient été endommagés depuis quelques mois à cause de la mauvaise qualité de l’essence selon la Motor Vehicle Dealers Association, qui montre du doigt le taux de manganèse. Les pertes, elles, sont évaluées à Rs 150 millions. 

Au moins trois grands concessionnaires de véhicules ont, à la fin de l’année dernière, sollicité l’expertise de firmes étrangères pour effectuer des tests sur la cargaison d’essence reçue en octobre par la State Trading Corporation.

Conclusion : le carburant contenait bel et bien un fort taux de manganèse, utilisé comme additif, qui dépasse la quantité autorisée, causant ainsi des dommages aux véhicules. Quelques mois auparavant, les concessionnaires avaient enregistré plus d’un millier de plaintes de clients qui ont connu des ennuis mécaniques après avoir fait le plein d’essence.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre, Pravind Jugnauth, l’Association de la protection de l’environnement et des consommateurs demande une commission d’enquête et trouve «impératif de situer les responsabilités et de prendre des mesures exemplaires», en ce qui concerne la mauvaise qualité de l’essence. «Si le gouvernement veut vraiment ‘mean business’, il est important qu’il adopte une politique de transparence et remette les incompétents à leurs places. Nous devons protéger notre économie», soutient Suttyhudeo Tengur, le président de l’association.

D’autant que, selon les responsables de la Motor Vehicle Dealers Association, qui ont animé une conférence de presse, jeudi 23 janvier, à l’hôtel Hennessy Park, le taux de manganèse dans l’essence variait entre 24 et 129 milligrammes par litre (mg/l) alors que le taux normal est de 0 à 2mg/l. Ainsi, depuis novembre 2019, plus de 3 300 véhicules ont été endommagés, alors que les pertes sont chiffrées à plus de Rs 150 millions, à la fois pour les concessionnaires et les clients. «De 2004 à 2016, nous n’avons jamais reçu de carburant contenant autant de manganèse», a fait valoir Ravi Issur, After Sales Director de Toyota Mauritius.

La STC dans tout cela ?

«La State Trading Corporation tient à rassurer le public que l’essence qui est disponible sur le marché respecte les normes contractuelles et est de la même qualité que les précédentes livraisons.» C’est ce qu’indiquait un communiqué émis par l’organisme en novembre 2019. Cette entité répondait alors au communiqué de la Motor Vehicles Dealers Association (MVDA) datant du 15 novembre et selon lequel la mauvaise qualité de l’essence disponible sur le marché aurait endommagé de nombreux véhicules.

Sollicité à ce propos jeudi, le président de la STC, Ramchandra Bheenick, a soutenu qu’il ne fera pas de commentaire sur les derniers chiffres révélés par la MVDA. Il maintient d’autre part qu’il n’y a pas de problème avec la qualité de l’essence. «L’enquête est toujours en cours. Je laisse le soin au gouvernement de prendre une décision si l’enquête démontre qu’il y a bel et bien un problème avec la qualité de l’essence.»

Questions à Jalil Moullan, mécanicien diplômé en automative engineering

«Rs 20 000 pour réparer une voiture abîmée à cause de l’essence»

Comment est-ce qu’un fort taux de manganèse affecte un véhicule ? 
C’est lors qu’il y a des dépôts sur certaines pièces telles que les bougies ou encore le moteur. Ou plusieurs autres parties importantes de tout type de véhicule. Pour remédier à la situation, il faut les changer, il n’y a pas d’autre solution. Dépendan dé seki finn gagn baté, bizin check tou zénéral…

Quel est le recours pour justement éviter ce genre de problème ? 
Le fuel treatment, qui «nettoie tout» en quelque sorte. N’empêche qu’un fort taux de manganèse dans une voiture va, définitivement, causer des problèmes.

Les «symptômes» de cette maladie automobile ?
Les bougies ne fonctionnent plus. Le moteur «tousse», la voiture refuse de démarrer… Masinn koumans karoté, pena tiraz !

Quels sont les types de véhicules qui sont affectés ? 
J’ai eu des clients avec des modèles de voitures datant des années 2000 qui ont eu les mêmes problèmes. D’ailleurs, un de mes clients, qui possède une Subaru Impreza, année 2003, le confirme. Mon père, qui a une Toyota Yaris de 2007, et moi-même avons également eu ce problème. Cela peut affecter le moteur et sa durée de vie. 

Quid du coût des réparations ? 
Cela dépend de plusieurs facteurs, comme les pièces qui ont été endommagées ou la marque du véhicule. S’il s’agit d’une BMW ou d’une Mercedes, le prix sera plus élevé. Mais je dirais que le minimum que vous allez devoir dépenser tourne autour de Rs 20 000. Pas moins. Et le chiffre peut grimper jusqu’à trois fois plus...

Et dès que les pièces sont remplacées, le véhicule fonctionne-t-il correctement ? 
Oui. Mais comme je vous l’ai dit, les réparations coûtent cher. 

Est-ce que toutes les stations-service sont concernées ? 
Non, il y en a une seule qui ne l’est pas. Du moins, pas selon les clients.

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