Epidémie: quand le coronavirus prend le monde en grippe

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Le coronavirus (2019- nCoV) étend ses tentacules à travers le monde, et Maurice reste sur ses gardes.

Le coronavirus (2019- nCoV) étend ses tentacules à travers le monde, et Maurice reste sur ses gardes.

Depuis plus d’une semaine, les autorités portuaires et aéroportuaires mauriciennes sont sur le qui-vive. Leur cible : le coronavirus. Le ministère de la Santé dit suivre la situation de près et les hôpitaux et cliniques du pays sont en alerte. À vendredi, huit personnes en provenance de Chine avaient été placées en quarantaine. Les trois premières, membres d’une même famille, ont débarqué à Maurice, mardi. Elles sont originaires de Wuhan, «berceau» du virus, justement. Si prudence est mère de sûreté, aucun cas n’a été détecté chez nous. Pour le moment. Tour d’horizon.

Les origines 

L’épidémie a débuté dans la province de Wuhan, en Chine donc. Selon le Journal of Medical Virology et la BBC, entre autres, ce sont les serpents qui auraient servi de vecteur pour transmettre le virus à l’Homme, des habitants de Wuhan étant des consommateurs réguliers de reptiles. Ces derniers chassent eux-mêmes les chauves-souris, soupçonnées d’être derrière la propagation du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait touché 8 000 personnes et fait 774 victimes à travers le monde en 2003. Le lien ? Un séquençage génétique a confirmé que le coronavirus ((2019-nCoV) de Wuhan, est similaire à 80 % au SRAS…

Les symptômes  

Selon le Dr Minakshi Boodhun-Oaris, spécialiste en médecine interne dans une clinique privée à Maurice, le coronavirus (syndrome respiratoire aigu sévère), circule dans l’air. «Les symptômes sont les mêmes que ceux d’une simple grippe : de la fièvre, le nez qui coule et la toux.» Mais si la maladie n’est pas détectée à temps, les poumons sont atteints et la personne souffre alors de problèmes respiratoires, allant de bronchites aiguës à la pneumonie. Ce qui peut entraîner la mort.

La détection 

Un virologue explique pour sa part que l’on peut identifier le virus à travers la biologie moléculaire. C’est une des manières les plus simples pour le détecter. Il s’agit d’examiner les fonctionnements d’une cellule vivante à travers des molécules. À Maurice aussi cela se fait. Le Dr Minakshi Boodhun-Oaris explique qu’un test de sérologie peut également permettre d’identifier le virus. «C’est un examen du sérum sanguin qui permet d’identifier les correspondants du virus dans le sang.» Un prélèvement des poumons qui révèle des symptômes d’Acute respiratory distress syndrome (ARDS) peut en outre mettre les médecins sur la piste du virus.

Les personnes les plus à risque 

Selon les spécialistes, ceux qui sont les plus à risque sont les personnes âgées, les enfants, les diabétiques ou encore les patients qui souffrent du cancer, leur système respiratoire étant plus fragile.

Les pays contaminés 

Un premier cas a été confirmé le samedi 25 janvier en Australie. Le patient, un homme dont l’identité demeurait inconnue à hier, est arrivé à Melbourne il y a une semaine en provenance de Wuhan, ont indiqué les autorités australiennes.

En France aussi, trois cas ont été confirmés vendredi soir. L’un à Bordeaux et deux autres à Paris. Ils sont les premiers contaminés en Europe. Les trois personnes avaient séjourné en Chine. Elles ont été hospitalisées et placées en isolement. Selon la ministre française de la Santé, Agnes Buzyn, les premiers cas européens ont été repérés rapidement car la France a mis au point un test permettant d’identifier le virus très rapidement.

Les États-Unis aussi comptent deux cas. L’état de santé du premier patient est jugé satisfaisant. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, avait lui aussi séjourné dans la région de Wuhan. Il a été hospitalisé non loin de Seattle. Un deuxième cas a été enregistré le 24 janvier. Il s’agit d’une sexagénaire arrivée de Wuhan le 13 janvier et habitant Chicago.

Par ailleurs, des cas ont été enregistrés en Corée du Sud, au Japon, au Népal, à Singapour, à Taïwan, en Thaïlande, au Vietnam, et dans les provinces semi-autonomes chinoises. On en dénombre également à Hongkong et à Macao. Dans tous les cas, il s’agit de ressortissants chinois ou de personnes ayant voyagé à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie.

Des millions de personnes en quarantaine en Chine 

Vendredi, les autorités ont considérablement élargi une interdiction de voyager dans le centre de la Chine incluant 12 villes à proximité du centre de l’épidémie. Ce qui fait au total 35 millions d’habitants.

Juste un jour après que la Chine a restreint ses déplacements à destination et en provenance du centre de l’épidémie, Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants et capitale de la province du Hubei, et de quatre villes voisines, le gouvernement a annoncé son intention de suspendre les services de transport public couvrant plus de la moitié de la population de la province. 

Par ailleurs, pour faire face à l’afflux de patients, la Chine a lancé en urgence la construction d’un nouvel hôpital de 1 000 lits. L’établissement sera construit en seulement dix jours, dans la région de Wuhan toujours.

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