Cultures: l’habituer avec l’aquaponie

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Nitish Rambarath, fondateur de MauGreen Aquaponics, est passionné par l’aquaponie. Il veut désormais partager son savoir et propose un premier cours de base sur deux jours, soit le 29 février et 1er mars.

C’est dans sa cour à Rose Belle que Nitish Rambaruth s’adonne à sa passion, qui est l’aquaponie. Cette technique moderne allie la culture de plantes à celle de l’élevage de poissons, les déjections de ces derniers servant de nutriments aux plantes. Ce jeune entrepreneur de 29 ans s’est mis à l’aquaponie il y a quatre ans et aujourd’hui, alors que ses efforts portent ses fruits, il n’a qu’une hâte : celle de partager ses connaissances au plus grand nombre. Dans cette optique, Nitish Rambaruth, fondateur de la compagnie MauGreen Aquaponics, invite ceux qui seraient tentés par cette culture, à une initiation de base prévue les 29 février et 1er mars. Ce cours sera proposé à chaque fin de mois.

Il y a quatre ans, le jeune entrepreneur confie qu’il ne pensait nullement à l’agriculture. «Je ne viens pas d’une famille d’agriculteurs et je n’y connaissais rien», avoue-t-il. Ce qui va le pousser vers l’aquaponie c’est le fait qu’il soit convaincu que «tout ce que nous consommons a un impact direct sur notre santé et sur notre qualité de vie». Il n’est pas insensible au nombre croissant de cancers. «Plusieurs recherches effectuées par des professionnels tendent à démontrer que cette maladie peut être causée par les pesticides utilisés dans l’agriculture», explique-t-il.

Dès lors, Nitish Rambaruth va s’atteler à chercher un moyen de cultiver plus sainement. C’est ainsi qu’il va découvrir l’aquaponie. «Durant quatre ans, j’ai fait plusieurs recherches. J’ai même suivi un cours en ligne auprès de l’Australie», souligne-t-il. Grâce à l’internet, il a pu obtenir des conseils de professionnels en aquaponie vivant dans diverses parties du monde dont en Amérique, en Indonésie et au Canada, entre autres.

La technique acquise, il ne lui restait plus qu’à l’appliquer. «J’ai commencé à le faire sur une petite surface que j’ai progressivement agrandie», explique-t-il. Pour mettre sur pied sa structure d’aquaponie, cela a demandé à Nitish Rambaruth du temps, de la persévérance et un certain investissement financier. Pour rendre sa culture encore plus écologique, il a tenu à ne pas utiliser du PVC, qui contient un produit chimique. Pour cela, il a encore dû se tourner vers l’expertise étrangère. «Il y a énormément de matériel que je n’arrivais pas à trouver à Maurice et que j’ai dû faire venir de l’étranger», explique-t-il.

Une fois le système mis en place, Nitish Rambaruth a pu cultiver plusieurs légumes comme le brocoli, la laitue, le thym, la roquette ou encore la pomme d’amour, des brèdes Tom-pouce et la basilique, entre autres. Pour sa culture, il se sert de deux types de poissons, soit le koï et le berry. Pour cet entrepreneur dont la devise est «Aquaponic is the future of agriculture», «le cresson et le songe poussent en rivière dans les mêmes conditions que l’aquaponie, c’est-à-dire que ce sont les déjections des poissons, qui leur servent de nutriment. Je pense que l’aquaponie peut s’adapter à la culture de plantes diverses».

Selon l’entrepreneur, l’aquaponie a plusieurs avantages. «L’ aquaponie est une culture vraiment saine. Contrairement aux autres types de culture, aucun pro-duit chimique n’est utilisé. De plus, on bénéficie de la culture de plantes et de l’élevage de poissons. Contrairement à la culture en terre, le cli-mat n’a pas d’effet direct sur la plantation puisque la température est contrôlée», explique le jeune homme. De plus, ce système ne nécessite pas une très grande surface et peut être aménagé sur les toits des bâtiments.

Si l’application de ce système peut être coûteuse, selon Nitish Rambaruth, au fil du temps, l’aquaponie devient rentable. «Contrairement à ce que l’on peut penser, l’aquaponie n’utilise pas beaucoup d’eau. Elle n’est pas comme la culture hydroponique, qui nécessite l’utilisation de grandes quantités d’eau. Avec l’aquaponie, l’eau est en constante circulation. Si 1 000 litres d’eau sont utilisés, ce n’est qu’un quart qui va s’évaporer au bout de deux semaines et qu’il faudra remplacer. Les pompes d’eau et d’air utilisées sont également très économiques et n’affectent pas tellement la facture d’électricité.

Les seuls inconvénients que peut poser cette culture, selon l’entrepreneur, sont les mala-dies, qui peuvent affecter les plantes. «Il faut tous les jours surveiller votre plantation. Dépendant de sa superficie, on peut passer entre 30 minutes à une heure par jour dans sa plantation. Si l’on constate qu’une plante est affectée, il faut tout de suite l’enlever avant qu’elle ne contamine les autres. En hiver, la chute de la température de l’eau peut également stresser les poissons. Il faut veiller à ce que l’eau soit de température constante.»

Pour juger des avantages de l’aquaponie, faut-il encore pouvoir l’essayer. Rendez-vous à partir du 29 février pour les cours proposés par Nitish Rambaruth.

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