L’alcool et les Mauriciens: de nombreux chemins mènent au rhum

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Les débits de boisson sont pour certains le passage obligé avant de rentrer à la maison.

Les débits de boisson sont pour certains le passage obligé avant de rentrer à la maison.

Les statistiques le démontrent : 52,8% de la population consomme de l’alcool, en excès, régulièrement. Les boutiques et les tavernes, à la fin de la journée, peuvent, d’ailleurs, en témoigner.

Ti rhum blanc, bouteilles de bière, ti gadjack… Boutiques, bars et tavernes sont légion et prennent de la bouteille au fil des ans. Une fois la journée de travail terminée, pas question de rentrer à la maison sans y faire un petit détour…

«Pou al tann kozé ek Madam ek zanfan, prefer al relax impé avan !» rigole d’emblée un habitué des «centres de relaxation». Direction quelques boutiques du coin, situées dans la capitale et où l’alcool coule à flots. L’ambiance est au rendez-vous. C’est la routine pour certains. «Si pa vini, koumans malad», relatent ceux que nous avons rencontrés. Ils se sont liés d’amitié, même avec les propriétaires des lieux. «Par exemple, quand les salaires se font attendre, nous pouvons acheter nos verres à crédit et payer après. Si al gran-gran plass..payé ser sa ! Isi gagn fasilité.»

Dans une des boutiques, on a aménagé un petit coin spécial pour les pros du «lev koud». Certains s’y sentent comme chez eux. «C’est aussi très accessible. La loi étant plus sévère, nous ne pouvons plus prendre la voiture pour aller dans des restaurants. Nou vinn pré-pré. Kan fini sou, nou marsé nou al lakaz…»

Amis avec la bouteille

Ici, en ce jeudi après-midi, on se croirait en week-end. Les clients affluent depuis 16 h 30, il n’y a pas de hic du côté du chiffre d’affaires. Selon les propriétaires, il arrive cependant que certains boivent trop. «Ena koul enn boutey, ena lezot ziss enn-dé labier…»

Les horaires également font les affaires de ceux qui sont amis avec la bouteille. «Misié-la konn nou li, nimport kiler nou vinn tapé, li pou servi nou.» Même après la fermeture des supermarchés et autres boutiques «normales», tard dans la soirée, les habitués peuvent continuer à y boire, en toute quiétude. «Personn pa pou vinn fatig nou pou dir nou alé sipaki.»

Quid de la quantité de boissons alcoolisées qu’ils consomment réellement en un jour ? Nous nous sommes rendus dans un bar. Cela dépend, indiquent plusieurs personnes approchées. «Si lapay fek versé, nou pou bwar impé plis… kav mem permet nou boir enn ti whiskey.» Sinon en temps normal, ça peut varier entre deux à huit bouteilles de bière. «Sinon nou kapav pren lamwatié boutey rhum ek enn labier. Ou bien enn ti whiskey. Mé sa bien bien rare.»

Plus jeunes

Au niveau des plus jeunes, il y a depuis quelque temps, le phénomène de happy-hour, chaque vendredi soir, dans divers pubs, restaurants, hôtels et bars, à travers le pays. «Nou alé pou kass stress. Travay enn semenn, nou dekonpres enn kou.» Entre collègues, amis ou encore entre amoureux, les verres se vident des heures durant.

 Le coût de cette consommation ? Entre Rs 1 500 à Rs 2 000. «Li al ankor plis, dépendant de l’atmosphère, de l’endroit, des personnes avec lesquelles nous sommes et ainsi de suite. Par exemple, s’il y a un concert, de la bonne musique, nous ne nous pressons pas pour rentrer. Lerla nou pa guet dan figir…»

Rappelons tout de même que la consommation d’alcool est nuisible à la santé.

Plus de la moitié de la population

Le ministre tire la sonnette d’alarme «52,8 % de la population mauricienne consomme de l’alcool régulièrement.» C’est ce qu’a révélé le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, alors qu’il intervenait lors de la cérémonie d’ouverture d’un atelier relatif au National Action Plan visant à sensibiliser les Mauriciens quant aux méfaits de l’alcool, mercredi 15 janvier.

Parmi les 52,8 % de la population ; 66,2 % sont des hommes et 41% des femmes. Selon lui, le chiffre est alarmant. Lors de cette fonction, il a également mis l’accent sur le fait qu’il est prouvé que plusieurs cas de violence domestique ainsi que des crimes répertoriés jusqu’ici, ont été commis par des personnes qui étaient sous l’influence de l’alcool. Selon le Dr Jagutpal, il est temps d’y remédier à travers des campagnes de sensibilisation, afin que d’ici 2024, Maurice ne souffre plus des répercussions liées à ce fléau.

Dépenses

Selon Statistics Mauritius, le Household Budget Survey 2017 démontre que les dépenses moyennes en termes de consommation d’alcool par ménage et par mois sont de Rs 1 763. Pour la dépense moyenne accumulée au sein du ménage et à l’extérieur, la somme dépensée est de Rs 2 100.

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