Brooklyn Affairs: un polar complexe et haletant

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New York, 1954. Le détective privé Lionel Essrog, atteint du syndrome de La Tourette, est témoin du meurtre de son mentor et unique ami.

New York, 1954. Le détective privé Lionel Essrog, atteint du syndrome de La Tourette, est témoin du meurtre de son mentor et unique ami.

Résumé, New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette (un trouble neurologique qui engendre des tics moteurs et vocaux), enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York... Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu’aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l’homme le plus redoutable de la ville pour sauver l’honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut...

La note: 8/10

Deux heures trente. La durée effraie. On se dit qu’on va s’ennuyer, qu’on regardera sa montre toutes les deux minutes ou qu’on succombera au sommeil. Mais voilà ! Il faut bien tout ce temps pour dénouer une affaire policière complexe, dont on ne parvient à reconstituer les fils qu’à la presque dernière scène du film. Il faut s’appeler Coppola ou Polanski pour se lancer dans un tel projet. Sauf que le réalisateur est à la base comédien. «Brooklyn Affairs» n’est que la deuxième réalisation d’Edward Norton et pourtant, il impose un rythme, un style, une écriture dignes des plus grands cinéastes américains.

«Brooklyn Affairs» constitue un film très américain, plus précisément très new-yorkais. On pourrait y trouver la patte de Spike Lee, naturellement celle de Coppola, ou encore celle de Ferrara. La ville des années 50 reconstruite pour l’occasion dans un studio, artifice que d’ailleurs le cinéaste ne cache pas, incarne une sorte de personnage à part entière. C’est Brooklyn et ce qui restait à l’époque de ses quartiers afro-américains qui occupent le devant de la scène. Le jazz n’y est jamais loin, ainsi que les immenses ponts qui relient les continents urbains.

Mais ce film est avant tout une histoire policière. Cela commence par un crime sordide d’un détective, dont on ne comprend pas grand-chose. Des indices sont délivrés par la victime avant de mourir, des conversations sont surprises au téléphone ; mais en fait, plus le récit avance, plus le réalisateur perd son spectateur. Chacun expérimente, dans le silence de son siège de cinéma, la confusion de ne rien comprendre de ce qui se passe réellement, sinon de sentir que tout cela sent la corruption, le mensonge, la manipulation politique et l’irrésistible attrait du pouvoir. Le puzzle se reconstitue lentement et le spectateur doit lui aussi faire preuve de persévérance pour saisir ce qui se joue réellement. Un peu comme le personnage principal du film, un détective attachant, très intelligent et parfois naïf. On rentre presque dans la tête de cet enquêteur, tout aussi génial que maladroit.

«Brooklyn Affairs» est aussi et peut-être avant tout un film d’acteurs. On y croise l’immense Willem Defoe, Alec Baldwin, Bruce Willis et Gugu Mbatah-Raw, qui sont tous aussi prodigieux les uns que les autres. Il y a beaucoup de dialogues et il ne faut pas rechercher dans ce film du mouvement et de l’aventure. Mais les comédiens rentrent dans cette histoire avec un plaisir non  dissimulé.  Defoe  ou Willis  interprètent  des  personnages qui semblent très loin de leur physionomie et des héros qu’ils ont pu incarner. On sent que la mise en scène de Norton a contraint les acteurs à des rôles de composition, faisant appel à beaucoup d’imagination. Les cartes sont brouillées pendant tout le récit, et pourtant la cohérence s’affirme au fur et à mesure de l’avancée du scénario. Ainsi, les personnages révèlent peu à peu leur part sombre, à l’exception de celui joué par Edward Norton, dont la candeur aide évidemment au dénouement de l’intrigue policière. Au final, il s’agit d’une œuvre surprenante et excitante, qui ne manquera pas de charmer les spectateurs amoureux de New York, du jazz et d’un certain cinéma américain des années 90. À voir pour les amateurs de films noirs et de bons polars.

Source: internet

Fiche technique
Genre: Policier, Drame
Durée: 2 h 25De: Edward Norton
Avec: Edward Norton, Bruce Willis, Gugu Mbatha-Raw, Bobby Cannavale, Cherry Jones, Alec Bald-win, Willem Dafoe
Salles: Star Caudan, La Croisette, Bagatelle




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