Nasser Moraby: «Une hausse de 70 sous sur chaque pain est nécessaire»

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Nasser Moraby, président de l’Association des propriétaires de boulangeries.

Nasser Moraby, président de l’Association des propriétaires de boulangeries.

Pourquoi cette demande d’augmentation du prix du pain?
Notre association représente tous les boulangers, sauf ceux des supermarchés. La dernière augmentation du prix du pain remonte à août 2012. Entre-temps, le coût de la production augmente et nous payons la compensation salariale. De plus,  le coût des intrants, notamment les ingrédients comme la levure et autres nécessités pour la production du pain, est en hausse. Depuis mars 2019, un costing a été envoyé au ministère du Commerce. Mais comme nous avons, par la suite, eu les élections, nous avons dû resoumettre le costing en décembre dernier.

Des détails du «costing»?
Selon nos estimations, une hausse de 70 sous sur chaque pain de 100 g est nécessaire. Par exemple, le pain maison qui coûtait Rs 2,60 passera ainsi à Rs 3,30.

Qu’en est-il de l’impact du salaire minimum sur ce secteur?
Nous payons plus que le salaire minimum, donc cela n’aura pas d’impact. C’est la main-d’œuvre qui pose problème. Les Mauriciens ne sont pas intéressés à faire le métier de boulanger. Si nous n’avions  pas la permission du gouvernement pour  employer  des  étrangers, il y aurait peut-être eu une pénurie de pain. Nous sommes à presque 100  % dépendants des travailleurs étrangers dans le domaine de la boulangerie. D’autant plus que le recrutement de ces derniers est plus coûteux qu’un employé mauricien. Il nous faut payer pour un logement décent et régler les fractures de la Central Water Authority et du Central Electricity Board, entre autres. De plus, nous avons plusieurs procédures à respecter et c’est difficile pour nous.

Difficile comment ? Expliquez-vous.
Un exemple commun est qu’auparavant si on voulait employer un Bangladais, on devait employer trois Mauriciens. Après d'amples négociations dues au manque d’intérêt pour ce métier  de la  part  des  Mauriciens,  la condition  est  passée à deux Mauriciens, pour finir avec la décision finale: employer un Bangladais pour un Mauricien. Malgré ces changements, la situation reste difficile à gérer.

Pourquoi les Mauriciens ne sont-ils pas intéressés à faire ce métier?
Il y a les horaires de travail, par exemple. Moi-même je  commence à  travailler à 20 heures et je termine le lendemain à 5 heures du matin. La plupart du temps, les jeunes viennent travailler un ou deux jours puis on ne les revoit plus.

Que prévoyez-vous si votre demande n’est pas considérée par le ministère ? 
Je pense que beaucoup de boulangeries mettront la clé sous le paillasson car tous les boulangers, membres de l’association, se retrouvent actuellement en difficulté.

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