Pénurie de légumes: culture protégée, un ballon d’oxygène pour les planteurs

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La pomme d’amour se vendait à Rs 80 le demi-kilo au marché central de Port-Louis, hier.

La pomme d’amour se vendait à Rs 80 le demi-kilo au marché central de Port-Louis, hier.

C’est toujours la même rengaine après les intempéries. Aux moindres averses ou cyclones, les légumes se font rares. À tel point qu’il faut en importer certains. Et que le prix de ceux qui se retrouvent sur les étals flambe. Mais que font les autorités pour éviter une telle pénurie ? Sollicité, Akhilalandjee Goolaub, assistant directeur du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), répond d’emblée qu’une des solutions à ce problème, demeure la culture protégée (sheltered farming).

Optimiste, notre interlocuteur fait ressortir que si ce mode de cultiver des légumes a démarré lentement avec six serres en 1999, pour passer à 1 000 en 2019, il est d’avis que cela va s’accroître dans les jours à venir. Notamment avec la construction d’une centaine d’unités de production en culture protégée à travers le pays. Cinq sites ont été identifiés, entre autres, à Plaine-Magnien et à Villebague. Akhilalandjee Goolaub d’ajouter qu’on a déjà lancé un appel d’offres en ce sens.

Actuellement, 8 000 arpents de terre sont sous culture de légumes, mais seuls 130 arpents sont sous culture protégée, soutient l’assistant directeur du FAREI. «Il faut compter au moins 10 % sous culture protégée pour pallier la pénurie de légumes en temps inclément», lâche-t-il.

Subventions et prêts

Maurice, comme tous les pays du monde, devrait continuer à cultiver en plein air, poursuit Akhilalandjee Goolaub. «Mais si on arrive à augmenter la culture protégée, les Mauriciens n’auront pas à faire face chaque année à une pénurie de légumes ou dépenser un gros budget pour s’en procurer.»

La culture protégée est-elle à la portée de beaucoup de Mauriciens ? Selon Roopesh Bheekarry, General Manager du Small Planters Welfare Fund, le ministère de l’Agro-industrie accorde des subventions jusqu’à concurrence de Rs 400 000 à ceux désireux de se lancer dans ce type de culture. De plus, ces derniers peuvent obtenir des emprunts à un taux d’intérêt de 3 % de la Banque de développement.

Toutefois, Hassen Auleear, un petit planteur de Triolet, se dit perplexe. Selon lui, étant donné que quelque 75 % des petits planteurs ne sont pas propriétaires de terrains, il leur est difficile de se lancer dans la culture protégée. «La majorité des planteurs louent des terrains pour une période d’un an et renouvellent la location chaque année. Alors, comment obtiendront-ils ces facilités gouvernementales ?» se demande-t-il.

Qui plus est, le coût pour se lancer dans la culture protégée est assez élevé. «Pas moins de Rs 600 000 pour une serre d’environ 2 000 mètres carrés», précise Murveen Ragobar, directeur de Golden Valley, compagnie spécialisée dans la fabrication de serres. Néanmoins, il soutient qu’on a intérêt à s’adonner à ce type de culture, qui peut résister à des rafales de 120 km/h.

Environ 50 tonnes de choux importées

L’évaluation des légumes qui se font rares sur le marché se poursuit, selon Suren Surat, de la compagnie SKC Surat, qui importe principalement d’Égypte et d’Afrique du Sud. Pour l’heure, seuls les choux et les haricots manqueront sur les étals, dit-il. Ainsi, il a fait une demande pour l’importation de 50 tonnes de choux et cinq tonnes de haricots. En ce qui concerne le dédommagement des planteurs qui ont souffert des récentes inondations, l’exercice de recensement continue. C’est durant la semaine que le Small Planters Welfare Fund connaîtra le nombre de planteurs à être dédommagés. À noter qu’un planteur touche un minimum de Rs 25 000 et un maximum de Rs 75 000 par arpent.

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