Evasion de sept mineurs: «Prison break», le plan orchestré depuis deux jours

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Un mineur malmenant un policier au centre de détention de Petite-Rivière, dimanche.

Un mineur malmenant un policier au centre de détention de Petite-Rivière, dimanche.

Important dispositif de police à travers le pays depuis dimanche 12 janvier dernier, après l’évasion de sept mineurs. Deux d’entre eux, âgés de 15 et 16 ans, se sont enfuis du Rehabilitation Youth Centre (RYC) de Richelieu. Le surveillant, âgé de 44 ans, a donné l’alerte en constatant leur disparition. Les mineurs, habitant Cap-Malheureux et Riambel, auraient profité de l’ouverture du portail du centre pour malmener le quadragénaire, avant de le pousser. Ils ont pris la fuite en direction de Résidence Barkly. La control room de la prison de Beau-Bassin a été informée et une déposition a été consignée au poste de police de Petite- Rivière. Les deux suspects, qui avaient été arrêtés pour vols avec violence, ont été retrouvés à Souillac le même jour. Ils devront comparaître en cour, sous une accusation provisoire d’«escape from legal custody».

Mais les policiers du poste de police de Petite-Rivière n’étaient pas au bout de leurs peines. Après l’évasion de ces deux mineurs du RYC, cette fois, c’est au centre de détention pour mineurs situé au premier étage du poste de police que cinq adolescents sont parvenus à prendre la fuite. Selon nos informations, ce plan aurait été minutieusement concocté par un mineur de 17 ans, domicilié à Baie-du-Tombeau et détenu pour une affaire de vol. Il aurait orchestré ce plan il y a deux jours avec l’aide de son compagnon de cellule, également âgé de 17 ans et habitant Baie-du-Cap. Ce dernier est, lui, détenu dans le cadre du cambriolage d’une bijouterie perpétré à St-Aubin le 30 novembre, lors duquel des bijoux d’une valeur d’environ Rs 1 million avaient été emportés.

Tentative d’étranglement

Ces mineurs, qui auraient passé quelques jours à observer la routine du centre, ont décidé de passer à l’action le dimanche, sachant que ce jour-là, il y a peu d’effectifs. L’un d’entre eux a demandé au policier de service la permission de se rendre aux toilettes vers 21 heures. L’agent qui effectuait la sentinelle aurait ouvert la cellule, mais ne l’aurait pas refermée à clé. Voyant que l’adolescent prenait du temps, le policier est allé jeter un oeil. C’est à ce moment-là que le compagnon de cellule aurait bondi sur le policier.

Les deux jeunes l’auraient agressé et l’un d’eux, qui lui avait saisi la nuque, aurait tenté de l’étrangler. Ils ont saisi des clés et enfermé le policier en cellule. Les adolescents ont pris le soin de lui prendre son portable, afin qu’il ne puisse avertir ses collègues. Les présumés cerveaux de l’évasion ont ensuite ouvert une autre cellule afin que d’autres détenus s’échappent. Les adolescents ont décidé de prendre la fuite en passant par une salle d’interrogatoire, située toujours au premier étage du poste de police, en sautant d’une fenêtre. Ils ont emporté avec eux un federal gas streamer.

Un habitant de la région de Petite-Rivière devait alerter la police que des détenus se sont enfuis. Un policier est allé s’enquérir de la situation et a libéré son collègue. La Criminal Investigation Division Western sous la houlette du surintendant de police Bansoodeb, la police régulière sous la supervision des assistants surintendants de police Oomeer et Bhaukaurally, l’Anti-Robbery Squad Western menée par le sergent Botarrygadoo ainsi que l’Anti Robbery Sqaud SSU dirigée par l’inspecteur Seewoo et le Field Intelligence Office se sont lancés dans une vaste opération de recherche.

Selon nos informations, les mineurs avaient projeté de cambrioler une bijouterie pour recueillir un peu d’argent. Ils auraient décidé de se rendre à Résidence Barkly d’abord. Mais la police les a repérés. Les adolescents se sont alors dispersés. L’un d’eux a été arrêté lundi matin, alors qu’il s’était caché dans les toilettes de la piscine de Serge Alfred. Deux autres détenus ont aussi été interceptés dans la région. La police a récolté leur version des faits, avant de les reconduire en cellule.

Le policier qui était en sentinelle devant les cellules a également été interrogé. Il a expliqué qu’il ne pouvait plus lutter avec ses agresseurs. Il a suffoqué, déplore-t-il, lorsque l’un d’eux l’a saisi par la nuque et a tenté de l’étrangler. Il déclare dans sa déposition qu’il n’a pas eu le temps d’activer l’alarme d’urgence car les mineurs l’ont poussé dans la cellule, avant de l’enfermer. Ils lui ont aussi pris son portable, avance-t-il.

L’officier n’aurait pas respecté le protocole. Car un policier doit accompagner un détenu aux toilettes. Au moment de cet incident, seules deux policières se trouveraient au poste de police au rez-de-chaussée. Le sergent était en patrouille avec ses collègues. L’enquête se poursuit. L’un des deux présumés cerveaux de l’évasion a été retrouvé hier soir à Baie-du-Tombeau tandis que l’autre a été arrêté ce mardi 14 janvier.

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