«Enquête en cours»: poursuites contre cinq policiers ?

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Le pompiste de 58 ans (en médaillon) a succombé à ses blessures, le jeudi 28 novembre, après l’accident survenu à Wooton.

Le pompiste de 58 ans (en médaillon) a succombé à ses blessures, le jeudi 28 novembre, après l’accident survenu à Wooton.

L’enquête sur les circonstances de la mort de Rohit Gobin, 58 ans, pompiste à la station-service Indian Oil à Wooton, sera bouclée incessamment, apprenons-nous de sources sûres des Casernes centrales.

Les enquêteurs attendent des rapports officiels, dont celui des experts qui ont examiné le véhicule, celui du photographe et dessinateur de la police, du médecin légiste et du Forensic Science Laboratory. Le dossier des enquêteurs sera alors envoyé au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) d’ici la semaine prochaine. Le dossier de la police fait état du délit de non-assistance à personne en danger, dont seraient coupables les deux policiers qui étaient à bord de la fourgonnette impliquée dans l’accident, de même que trois autres policiers venus sur le lieu de l’accident pour récupérer les deux premiers policiers dans une voiture banalisée. En revanche, aucune charge n’était prévue contre l’homme en noir et le haut gradé qui ont assisté les policiers.

Après la marche pacifique organisée par les proches de Rohit Gobin hier, dimanche 15 décembre, et la vidéo postée par Top TV, des voix se sont élevées en guise de protestations. Même des policiers ne sont pas restés insensibles. Au District Headquarters (DHQ) de la Central Division, on parle d’un dossier qui devrait être soumis sous peu au bureau du DPP.

Cet accident survenu le mardi 26 novembre continue à provoquer un malaise parmi les policiers. Certains d’entre eux expriment un sentiment d’indignation par rapport à cet accident. La manière dont cette affaire a été traitée depuis le début, cause un tort immense à l’image de toute la force policière.

Ce sentiment de malaise n’est pas en reste au poste de police d’Eau-Coulée d’où venait le véhicule impliqué dans cet accident fatal. Depuis cette affaire, des policiers de ce poste disent subir un regard différent, comme un manque de confiance du public. Certains se disent «intimidés».

Parmi ces policiers, certains se demandent si, dans le cours normal des choses, l’officier responsable de ce poste de police le jour de l’accident n’aurait pas dû être muté ailleurs pour le bon déroulement de l’enquête. D’ailleurs des allégations circulent selon lesquelles des entrées ont été faussées en ce qui concerne l’heure du départ du véhicule impliqué dans cet accident au poste de police d’Eau-Coulée.

140 KM/H

Si le conducteur de ce véhicule de la police qui avait déclaré dans sa déposition qu’il roulait à 90 km/h, par contre ses collègues qui ont visionné les images des caméras de Safe City sont d’un avis contraire. Ils estiment à 140-150 km/h la vitesse à laquelle roulait la fourgonnette. Et qu’à cette heure précise, il pleuvait et il y avait des accumulations d’eau sur la route. Quoique le policier-conducteur impliqué dans l’accident fatal devrait assumer son acte, le quartier général de la police et le DHQ de la Central Division devraient, eux, identifier le responsable qui lui avait confié une «mission express», soit aller récupérer des gâteaux et revenir au poste de police avant que des invités ne s’en aillent.

À hier, des policiers interrogés disent ne pas connaître l’identité de l’homme en noir qui était venu réconforter les deux policiers à la station-service. Plusieurs hauts gradés de la police affectés à la Central Division, ceux aux Casernes centrales et le responsable du Police Press Officer, l’inspecteur Shiva Coothen, sollicités pour une réaction, ont refusé de faire des commentaires, se réfugiant derrière la traditionnelle phrase : «Une enquête est en cours.»

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