Séquestration à Cité Ste.-Catherine: des voisins de Satyam Goodur dessinent un personnage violent

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Une image CCTV montrant le suspect en compagnie de la fillette, qui le suit à quelques pas.

Une image CCTV montrant le suspect en compagnie de la fillette, qui le suit à quelques pas.

L’incident à Cité Ste-Catherine, St.-Pierre, lundi, a provoqué un grand émoi à travers l’île. Satyam Goodur a été arrêté plus de 24 heures après la disparition d’une fillette de 10 ans. Cette dernière était bâillonnée, ligotée, recouverte d’une couverture et enfermée dans une armoire lorsque la police l’a retrouvée. Ceux qui ont côtoyé cet homme, quoique choqués par l’acte commis, dessinent le personnage violent qu’il est. Certains vont jusqu’à affirmer qu’il aurait pu tuer la petite fille et le cas d’Eleana Gentil revient sans cesse dans les esprits de plusieurs.

Lundi, vers 11h15, la fillette se rend à la boutique du coin, qui se trouve à 500 mètres de sa maison, pour acheter des nouilles et du poulet, comme lui a demandé sa mère. En route, elle croise Satyam Goodur, quelqu’un qu’elle connaît bien. Au retour de la boutique, ce dernier lui demande de venir chez lui récupérer un bol.

Dans sa déposition à la police, la fillette affirme avoir refusé et que Satyam l’a tirée par la main et l’a traînée jusqu’à sa maison, qui se trouve à 50 mètres de la boutique. À l’intérieur, il l’aurait bâillonnée et lui aurait ligoté les pieds. Le soir, il l’aurait laissée dormir dans son lit pendant que, sans état d’âme, il donnait un coup de main aux habitants qui étaient à la recherche de la fillette disparue. Le lendemain, il aurait mis la petite fille dans son armoire et l’aurait recouverte d’une couverture.

«Il aurait pu tuer la fille si la police ne l’avait pas retrouvée à temps. Il n’aurait pu la séquestrer pendant longtemps et aurait tout fait pour l’éliminer, comme dans le cas d’Eleana Gentil. Il n’est pas bien dans sa tête», avance un voisin de Satyam Goodur. Ce voisin, qui a grandi à Tamil Temple Road, l’Agrément, St-Pierre, parle du maçon de 40 ans avec colère. Cela, parce qu’il ne l’a jamais cru capable de commettre un tel acte et ensuite parce qu’il est lui aussi père de famille. «Si mo trouv li devan moi, mo pa koné ki mo kapav fer li», lâche-t-il. Il avance que Satyam Goodur n’a jamais été quelqu’un de proche de sa famille. Issu d’une fratrie de trois garçons, dont il est l’aîné, le maçon se bagarrait souvent avec sa mère pour que cette dernière lui remette de l’argent, afin qu’il puisse s’acheter de la drogue synthétique.

«Il a toujours eu de mauvaises fréquentations. Avant qu’il ne se soit mis à se droguer, il buvait beaucoup. Ses proches ne lui adressent plus la parole depuis plus de cinq ans. Il n’hésitait pas à frapper ses parents pour de l’argent. Sa mère lui donne à manger par la porte et ses parents ont dû lui céder une partie de la maison pour ne plus avoir de contact avec lui. C’est la raison pour laquelle ses proches ne savaient pas qu’il avait séquestré la fillette.» Il ajoute que Satyam préférait fréquenter ses amis du quartier, dont les parents de la petite fille, que ses proches.

«Il ne venait jamais à un enterrement ou un mariage. Même s’il passait à côté de quelqu’un dans la rue, il ne levait pas la tête pour le regarder. Il avait toujours les yeux baissés. Zamé li finn azir kouma enn boug so laz. Li toulétan apar. Li personel, zamé konn so kitsoz», soutient une proche.

Selon les proches, Satyam Goodur était quelqu’un de louche, qui vivait tout le temps dans un monde bien à lui, fait de violence. Pourtant, ce célibataire endurci n’a jamais grandi dans un environnement violent. Ses parents, étant pieux, l’ont toujours ramené vers la prière, à chaque fois qu’il a flanché.

L’enquête est menée conjointement par la CID de Rivière-Sèche, sous la direction de l’inspecteur Cowlessur, la MCIT, sous la supervision de l’ASP Seebaruth avec l’ASP Buchoo, l’ASP Badal, la FIO, la SARS, la Brigade pour la protection des mineurs, sous la supervision du PS Bissoondoyal et la brigade canine de la police. La reconstitution des faits se fera après que Satyam Goodur a donné sa version.

Chronique d’une disparition

Lundi 9 décembre

11 h 20 - Satyam Goodur est vu avec la petite fille sur les images CCTV d’un habitant de Ste.-Catherine. Personne ne se doute qu’il pourrait être le suspect.

12 h 15 - La mère de la victime s’inquiète, ne voyant pas sa fille rentrer. C’est le début des recherches.

15 h - Un habitant de l’Agrément n’hésite pas à faire le père de la victime entrer chez lui pour visionner les images de sa caméra de surveillance.

17 h - Le père de la petite se rend au poste de police de St.-Pierre pour signaler la disparition de sa fille.

18 h - La police débarque chez l’habitant de l’Agrément pour visionner les images CCTV. Une battue a lieu, mobilisant plus de 250 personnes. Les habitants sont descendus dans la rue pour aider la police dans sa tâche.

De 20 h à 22 h - Ils fouillent les environs jusqu’à la montagne du Pouce, pour chercher la petite, mais en vain.

22 h à 4 h - Les policiers de St.-Pierre et de Quartier-Militaire ainsi que la CID de Moka sont sur les lieux. Les gens veulent retrouver la petite en vie. Ils passent une nuit blanche à attendre un développement dans cette affaire. «Nou pann get ni ras, ni kouler, nou tou ti enn sel sa zour-là. Cité Ste.- Catherine inn marié piké pou donn fami enn koudmé.»

Mardi 10 décembre

10 h - Forte mobilisation policière. L’équipe de la MCIT est arrivée, en compagnie d’officiers de la SSU et de la Dog Unit. Le public a perdu son calme car les habitants veulent à tout prix que la police retrouve l’enfant. La Brigade des mineurs est aussi présente.

11 h - À plusieurs reprises, les officiers de la CID de Moka et ceux de la MCIT visionnent les images CCTV de l’habitant. Ils soupçonnent Satyam Goodur.

13 h 30 - La police se rend chez Satyam Goodur pour l’interroger. Une fois à l’intérieur, la police entend les cris de la petite dans une armoire. Le suspect, ne sachant quoi faire, veut s’échapper mais la police a vite fait de le rattraper.

14 h - Les habitants l’attendent à l’extérieur avec des gourdins, pour lui mettre une raclée. Fort heureusement, la SSU est là pour empêcher que la situation ne dégénère.

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