L’incendie de Cité Longère: l’espoir des uns, l’exaspération des autres

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Ils entrevoient l’espoir de rentrer chez eux avant les fêtes. Et de retrouver leurs habitudes. Mais, surtout, de ne plus dépendre de qui que ce soit…

Ils entrevoient l’espoir de rentrer chez eux avant les fêtes. Et de retrouver leurs habitudes. Mais, surtout, de ne plus dépendre de qui que ce soit…

«Dimounn pé travay. Mo finn alé, mo’nn trouvé. Sa donn nou kouraz...» Christelle fait partie des sinistrés de l’incendie de Cité Longère qui a trouvé refuge au centre communautaire de Cité Roma, à Riche-Terre. Avec 50 autres membres de 11 familles. Un peu plus de deux semaines après les événements et les nuits blanches qui s’en sont suivies, elle laisse entrevoir un sourire. «Tou pou korek.» Elle a hâte de pouvoir rentrer chez elle avant les fêtes depuis qu’elle a vu l’avancée des travaux. Idem pour la majorité des familles.

En effet, les autorités redoublent d’efforts sur le terrain. Les ouvriers s’activent pour pouvoir tout rebâtir. Avec pour objectif de finir le 15 décembre au plus tard. Un espoir auquel s’accrochent les familles qui sont toujours dans le centre.

Il faut dire que «cela n’est pas évident pour nous. Nous n’avons plus rien», souligne Christelle. En plus, les jours passent et se ressemblent au centre. Une situation difficile certes, mais n’ayant pas le choix, dit la jeune femme, «nous devrons prendre notre mal en patience».

Et le moral est loin d’être au beau fixe pour les adultes, qui en plus de ressasser sans cesse les images de ce 20 novembre fatidique, ont de nombreuses interrogations sur ce qui aurait pu déclencher l’incendie. «Là, nous sommes nous-mêmes mis en doute. Ena pé dir kriminel sa. Kifer nou pou fer sa? Ou krwar nou ti pou kontan perdi tou nou zafer?» demandent-ils.

Pour eux, la seule explication plausible à cet incendie reste un court-circuit dans les fils électriques. «Dès que la première maison a brûlé, cela a eu un effet domino car toutes les maisons sont collées les unes aux autres», expliquent ceux présents le jour du drame. D’ailleurs, les sinistrés indiquent n’avoir rien pu sauver car les flammes se sont rapidement propagées.

Bien qu’ils aient vu l’avancement des travaux, certains réfugiés redoutent également de passer les fêtes au centre. «Comment nos enfants vont-ils fêter Noël ? Comment allons-nous accueillir la famille ici ?» Car s’il leur arrive de recevoir la visite des autres membres de leurs familles de temps en temps, «isi nou pa lib kouma nou ti pou été kot nou», disent-ils.

Mais en attendant de bientôt regagner leurs maisons, les familles continuent à recevoir de l’aide de la part des autorités. Pour la nourriture, «nous avons nos repas, trois fois par jour. Du thé aussi le matin.» Seul petit couac : la plupart du temps, à midi, c’est pain-saucisse ou pain-oeuf, que les enfants ont commencé à ne plus vouloir au menu. «Nous ne nous plaignons pas. Mais ils en sont rassasiés et ne veulent plus en manger», déplorent plusieurs parents. Le soir, ils bénéficient toutefois d’un plat consistant à base de riz. Ce qui est très apprécié de tous. «Nous en sommes reconnaissants», affirme Christelle.

Pas de vie privée

Les enfants, eux, en période de vacances, à la mi-journée, en ce vendredi ensoleillé, vaquent à leurs occupations. Ils jouent en groupe, cherchent à se changer les idées. Les petits ne comprennent pas les problèmes auxquels font face leurs parents. «Zot gagn ti kamarad zot zwé.» Mais, il y a des moments dans la journée où les questions fusent de même que les : «Ma nou alé» et «nou al lakaz aster», qui sont devenues des phrases récurrentes.

Il y a aussi de petites querelles entre les enfants. «Zot zwé zwé apré zot gagn lager.» Une situation inévitable étant donné que tout le monde doit partager une seule grande salle. «Il n’y a pas d’intimité ni de vie privée.» Les parents avouent avoir aussi eu quelques petits accrochages mais sans gravité. «Nou tegn tou anplas. Mé li pa pou bon res la ankor lontan», confient-ils, d’un air résigné.

En tous cas, ce n’est qu’une question de jours avant qu’ils ne puissent retrouver leurs vieilles habitudes. Se rendre à la boutique du coin, à l’arrêt d’autobus, chez les voisins qu’ils ont côtoyés depuis des années… «Nanyé pa parey isi. Nou santi nou koupé ek tou. Nou pa mem dan nou landwra isi», déplorent ceux rencontrés vendredi.

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