Top départ d’une mobilisation qui s’annonce massive contre la réforme des retraites

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Des TGV à à la gare Montparnasse lors d'une grève à la SNCF, le 28 octobre 2019 à Paris Photo JACQUES DEMARTHON. AFP

Des TGV à à la gare Montparnasse lors d'une grève à la SNCF, le 28 octobre 2019 à Paris Photo JACQUES DEMARTHON. AFP

TGV, métros ou bus bloqués, écoles fermées et près de 250 cortèges organisés: syndicats, partis d’opposition et «gilets jaunes» engagent jeudi avec l’exécutif un bras de fer autour de la future réforme des retraites, promesse phare du quinquennat d’Emmanuel Macron.

A l’origine de l’appel, le futur «système universel» de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires).

L’exécutif promet un système «plus lisible» et «plus juste», quand les opposants s’attendent à une «précarisation» des retraités.

«Il faut miser sur un bon gros coup», a estimé cette semaine Yves Veyrier, secrétaire général de FO, qui appelle à cette «première journée» avec la CGT, la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse.

Message reçu dans les transports, avec 90% des TGV et 80% des TER annulés, et 11 lignes du métro parisien fermées. Des grèves illimitées sont prévues à la RATP et à la SNCF où on s’attend déjà à un mouvement dans la durée.

Jeudi noir aussi en perspective dans les transports à Strasbourg, Bordeaux, Marseille, Nantes ou Lille.

Dans le ciel, les compagnies aériennes ont été priées de réduire de 20% leur programme de vols.

Il y aura aussi nombre d’école fermées. «70% des enseignants du primaire se sont déclarés en grève, et les taux dans le secondaire devraient être voisins, je n’ai jamais vu ça», a assuré mercredi Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU (premier syndicat).

«Grande victoire»

Policiers, éboueurs, avocats, retraités ou transporteurs routiers - qui planifient des opérations escargots - appellent aussi.

De même que des «gilets jaunes», le Parti socialiste, le PCF, La France insoumise et le Rassemblement national. Et 180 intellectuels, dont Thomas Piketty et Ariane Ascaride, face «aux offensives d’un gouvernement néolibéral et autoritaire».

Anticipant un mouvement long dans un contexte social tendu où les mécontentements se multiplient (hôpital, police, pompiers, enseignants, cheminots, «gilets jaunes»...), l’exécutif maintient le cap.

«Je n’y renoncerai pas», avait affirmé le chef de l’État qui a promis mercredi de s’exprimer «devant les Français au moment où je le considèrerai opportun».

Le projet précis de réforme sera dévoilé mi-décembre pour un passage au Parlement début 2020.

«Tout le monde y perdra», résume François Hommeril, président de la CFE-CGC, qui défilera à Paris avec FO, la CGT.

D’autres syndicats peu coutumiers des manifestations sont de la partie: l’Unsa se rassemble en fin de matinée devant Bercy, et la CFTC laisse «libre» ses syndicats de se mobiliser.

Seule la CFDT continue de soutenir l’idée d’une réforme «universelle». Mais son secrétaire général, Laurent Berger, ne veut pas de mesures d’économies portant sur l’âge de la retraite, la durée de cotisation ou le montant des pensions.

«Si dans cette réforme il y a l’idée qu’il faut travailler plus longtemps, c’est niet», a-t-il prévenu.

La suite du mouvement est déjà à l’ordre du jour, avec des assemblées générales en fin de journée dans les entreprises ou administrations, et une réunion vendredi matin de la CGT, FO, FSU, Solidaires, les organisations lycéennes Fidl, MNL, UNL et étudiante Unef.

Solidaires pousse à une nouvelle manifestation samedi, puis à une ou deux grèves interprofessionnelles, le 10 et/ou 12 décembre.

Les syndicats jouent gros. Ils n’ont pas obtenu de recul sur une réforme décriée depuis 2006, avec le Contrat première embauche. Et malgré une large mobilisation contre la réforme des retraites en 2010 - jusqu’à 2 millions de manifestants -, le projet a été validé.

«On n’a pas eu de grande victoire depuis 1995, on espère construire notre grande victoire», relève Laurent Brun, patron de la CGT-Cheminots.

A Paris, le ministère de l’Intérieur s’attend à la présence de «quelques centaines» de «black blocs» et «gilets jaunes radicaux», «quelques milliers» dans tout le pays, une situation quasi habituelle depuis la loi travail de 2016. La préfecture de police a mobilisé près de 6.000 policiers et gendarmes.

Le choix du départ du cortège (gare de l’Est direction Nation), «dans une zone très étroite, avec énormément de rues perpendiculaires» peut laisser penser que le préfet de police «n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour que cette manifestation ait lieu dans les meilleures conditions», a estimé M. Brun.

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