Cape Town: à la découverte des domaines viticoles

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La famille de Bill… William «Big Bill» Millar est le premier directeur de KWV, de 1924 à 1942.

La famille de Bill… William «Big Bill» Millar est le premier directeur de KWV, de 1924 à 1942.

Impossible de visiter Cape Town sans opter pour l’une des attractions phares de cette ville : la route du vin. Ce qui vous permet de découvrir le vin dans tous ses états. De la production à la dégustation. Un savoir-faire que les domaines viticoles ont bien voulu partager avec leurs visiteurs. Les amateurs de vin sud-africains n’ont qu’à se lécher les babines car, entre une journée ou demi-journée de visite, vous serez au paradis… des vins.

Pour débuter notre «wine tour», direction Paarl, située à 61 km de Cape Town. C’est l’une des vieilles villes d’Afrique du Sud, dans la province du Cap-occidental et connue particulièrement pour sa montagne où se trouve le Paarl Rock, le plus grand bloc de granite au monde après l’Ayers Rock en Australie. Cette ville s’enorgueillit d’être à la base de la langue Afrikaans.

Alors que nous empruntons la route N1, le paysage défile sous nos yeux. Le fossé entre riches et pauvres est bien visible. De chaque côté de l’autoroute, des petites habitations nous rappellent le mode de vie précaire de certains d’entre eux. Mais au fur à mesure que nous nous approchons de Paarl, le paysage devient plus vert, avec des vignobles à perte de vue.

Notre premier arrêt : KWV Emporium. La marque KWV a été fondée en 1918, année de naissance du président Nelson Mandela. Le but est de stabiliser une industrie jeune et prometteuse. Comme nous l’explique notre guide, Portia, très enthousiaste à l’idée de nous faire découvrir la fabrication des vins Roodeberg, KWV et Laborie. Nous nous dirigeons vers le cellier à la découverte de la famille de Bill.

William «Big Bill» Millar, champion de boxe, capitaine de rugby de Springbok, est le premier directeur de KWV, de 1924 à 1942. Ce cellier est d’une superficie de 22 hectares. «En Afrique du Sud, il existe de nombreux cépages. Ici, la température peut grimper jusqu’à 40 degrés. Les fûts sont très vieux. Pour la maturation, nous utilisons ceux de 300 et 500 litres. C’est mieux car plus c’est petit, il y a plus de contact avec le bois», lance notre guide.

«Qualité… superbe»

Au fil de la visite, nous apprendrons que les barriques de 300 et 500 litres sont importées de France et le reste des États-Unis. «Même si nous avons beaucoup de chênes, ils grandissent trop vite. Le bois n’est pas de bonne qualité. L’oxygène s’infiltra dans le vin et il va oxyder ou le fût va suinter.» Pour qu’un vin arrive à maturité, Portia explique qu’il faut dépenser R15 000, soit Rs 37 500 (selon le taux d’échange d’hier), pour chaque fût de 300 litres.

Pour produire le vin, avance notre guide, les raisins sont testés pour s’assurer de la bonne teneur en sucre. Ils sont légèrement écrasés et vont directement au cellier en inox, avec une double couche et l’eau de refroidissement. «Le sucre et la levure donnent cette fermentation d’alcool. La couleur du vin provient de la couleur de la peau des raisins pas du jus. Les vins sucrés ne passent pas par la fermentation. Le taux d’alcool est de 16 degrés.» Annuellement, la production de KWV est de 17 millions de litres de vin.

Quid de la crise de l’eau à Cape Town, sachant qu’elle a atteint son apogée mi-2017 à mi-2018 ? Le secteur viticole n’a-t-il pas été affecté ? Portia nous expliquera que la sécheresse a eu des effets sur la production. «Nous avions eu une récolte de moins de 2,5 % sur toute la récolte. Mais ce n’est pas tout le temps une mauvaise nouvelle. Nous avons eu moins de vin mais la qualité était superbe, avec beaucoup plus de saveur.» Elle attend de voir la récolte de cette année car il a beaucoup plu. «Je pense que ça va encore grimper.» À noter qu’il faut 1 kilo de raisins pour produire 750 ml de vin.

L’attraction de ce domaine viticole est sans doute le «Cathedral Cellar» avec ses voûtes hautes et ses énormes cuves avec d’impressionnantes gravures. La visite prend fin par une dégustation, à commencer par un Sauvignon, suivi d’un Chardonnay, du pinotage et terminé par du brandy.

Prochain arrêt: Franschhoek. La vallée est époustouflante. L’influence française déferle dans ce village. D’ailleurs, Franschhoek signifie «French Corner». Une façon de découvrir les vignes et diverses propriétés, c’est de grimper à bord du «double decker wine tram» pour se rendre au cœur de la vallée. Malheureusement, nous n’aurons pas le plaisir de le tester. C’est dans un van que nous nous dirigeons vers le domaine Allée Bleue. Celle-ci tient son nom de l’allée d’eucalyptus bleus à l’entrée du domaine.

Fondé en 1690, le domaine Allée Bleue s’étend sur une superficie de 135 hectares. Si pendant environ 100 ans aucune production de vin n’est sortie de cette propriété, ce n’est qu’en 1999 que celle-ci débute lorsque Elke et Friedrich-Wilhems Dauphin font l’acquisition de cette propriété. Lors de notre visite, nous apprendrons que le terroir, le climat et le soin apporté au cellier sont une combinaison parfaite que privilégie le vigneron du domaine, Van Zyl du Toit. Isabeau, l’Amour Toujours et le Pinotage sont les marques de fabrique de l’Allée Bleue.

Notre journée enivrante prend fin à Stellenbosch, située à 31,35 km de Franschhoek. C’est la deuxième plus vieille ville d’Afrique du Sud et le cœur historique de la région vinicole du pays. L’architecture rappelle l’histoire coloniale des Hollandais. La ville est connue comme «The City of Oaks», plantés par Simon Van der Stel, le premier gouverneur du Cape Colony, la colonisation hollandaise au Cape of Good Hope et fils d’Adriaan, premier gouverneur hollandais de Maurice en 1639.

Le trajet s’est avéré plus difficile. Nous avons fait l’expérience d’un embouteillage monstre sur la route menant au domaine. Au même moment, une fête annuelle réunissant des jeunes sud-africains battait son plein. Après une longue attente, nous arrivons à destination. Ici, ce sera accord-vin avec du fromage. Le pinotage est propre à la région, mais tous les classiques sont représentés ici : Syrah, Chardonnay et Sémillon.

Après une petite virée dans la ville, connue également pour son université, nous mettons le cap sur Cape Town, avec des souvenirs plein la tête et avec toujours le goût du vin sur les lèvres. Une expérience dont les amateurs de vin ne pourront se priver. Quelle enivrante journée !

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