Incendie à Résidence Longère: 54 sinistrés dans la tourmente

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Il ne reste plus rien dans les maisons des douze familles qui résident à present au centre social de Riche-Terre.

Il ne reste plus rien dans les maisons des douze familles qui résident à present au centre social de Riche-Terre.

Retrouveront-elles leur chez soi assez vite ? Plus de 48 heures après l’incendie qui a dévasté douze maisons à Résidence Longère, le temps semble passer au ralenti pour les 54 personnes qui ont trouvé refuge au centre social de Riche-Terre. Elles se raccrochent à la promesse faite par le gouvernement : celle de les aider à réemmenager dans leur maison.

À Résidence Roma, là où se sont réfugiées ces 12 familles sinistrées, l’on reconnaît que la nourriture ne fait pas défaut. Mais les conditions de vie imposées incommodent, notamment le manque d’intimité. Puis, il y a l’absence du reste de famille, restée à Baie-du-Tombeau.

Habitantes de Résidence Longère, Jenny Cathy, Danielle Begué, Manuëlla Perrine (de gauche à droite), espèrent rentrer chez elles le plus vite possible.

Danielle Bégué, elle, est attristée, loin de sa famille. «On ne sait même pas ce qui se passe là-bas. On se trouve loin d’eux et il n’est pas facile de trouver un moyen de transport pour aller les voir.» Hormis ce problème, cette dernière pense à son travail. «J’ai un emploi à mi-temps et je ne peux me permettre de ne pas travailler car j’ai la charge de quatre enfants. À Résidence Longère, j’ai ma famille chez laquelle je pouvais quitter mes enfants et aller travailler. Mais ici, où vais-je les laisser ?»

La jeune femme repasse le film des événements en tête et pense au pire. À ses enfants notamment, qui auraient pu y laisser la vie «si je n’étais pas à la maison à ce moment-là. (…) Je les connais et je sais qu’ils sont turbulents. Ils seraient entrés dans la maison pour essayer de sauver le matériel».

Pour Jenny Cathy, l’expérience a aussi été traumatisante, surtout que l’incendie a débuté chez elle. «Je me trouvais à l’usine quand on m’a informée que ma maison était en feu. Après cet appel, j’étais bouleversée et complètement abrutie.» Dix minutes plus tard, quand elle a découvert l’ampleur des dégâts, elle ne pouvait retenir ses larmes. «Tout a été carbonisé. » Et même deux jours après, elle n’a toujours aucune idée de  la  facon dont l’incendie s’est déclenché. «Il m’est difficile d’aller travailler car je me demande quand l’on aura à nouveau un toit. Ce n’est pas facile de vivre dans un centre en compagnie d’autant de personnes à la fois. Il n’y a pas de mur pour nous séparer aujourd’hui.»

Manuëlla Perrine confie pour sa part qu’elle est frappée par la malchance. C’est la seconde fois, explique-t-elle, qu’elle perd tous ses effets personnels dans un incendie. «C’est la seconde fois que  la Longère prend feu. La première fois, j’étais encore adolescente et je vivais avec ma soeur.» Elle dit avoir eu des sueurs froides en voyant l’ampleur d l’incendie en l’espace de quelques minutes. «Pour moi, le plus important, c’était de sauver ma fille. Pour le reste, ce n’est que matériel.» Certes, elle soutient avoir tout perdu, en passant par des vêtements à l’armoire et au lit, «enfin tout le nécessaire que pouvait contenir une maison». À présent, il lui faudra s’armer de courage pour tout recommencer à zéro.

En tout cas, les trois mères de famille espèrent qu’elles pourront quitter le centre le plus vite possible. «Nos enfants dorment sur un tapis de yoga. Nous, nous passons la soirée assises sur des chaises. Nous avons peur de dormir car hommes et femmes sont tous ensemble dans la même pièce. Nous espérons que le gouvernement pourra nous aider et nous faire avoir nos maisons le plus vite possible. Au cas contraire, si l’État pouvait nous aider en nous rapprochant de nos familles restées à  cité Longère, ce serait également sympa. Sinon pensez-vous que nous pourrons passer les fêtes de fin d’année dans un tel endroit ?» Toutefois, en ce qui concerne, la nourriture, elles ne peuvent se plaindre. «Merci à tous ceux qui nous viennent en aide.»

34 familles ont déjà touché leurs indemnités

Il nous revient qu’à hier, 34 familles ont déjà touché leurs allocations, payées par le ministère de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la solidarité nationale. En ce qui concerne la somme qui leur est distribuée, il faut compter Rs 8 688 par personne, soit Rs 2 172 pour la nourriture, pour les vêtements, pour les meubles, et pour les ustensiles de cuisine. Par ailleurs, une somme de Rs 4 259 sera aussi payée aux chefs de famille. Des dispositions ont été prises pour l’approvisionnement en lait, couches et biberons pour les bébés. Et un médecin a également rendu visite aux victimes dans les centres. La ministre Fazila Jeewa-Daureeawoo, qui a rendu visite aux sinistrés, a également fait des arrangements pour que des matelas soient installés dans les trois centres.

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