Changement de nom: de Stéphane à Stéphanie

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Stéphanie Laila habite à Nancy, en France, depuis 5 ans.

Stéphanie Laila habite à Nancy, en France, depuis 5 ans.

Elle veut être officiellement reconnue comme Stéphanie Laila. C’est ce qui l’a poussée à entamer les démarches administratives du changement de nom, la semaine dernière. Pour que sur papier, Stephane David soit enfin Stéphanie Laila, «celle que je suis vraiment».

Nous avons joint au téléphone la Mauricienne de 29 ans, qui vit à Nancy, en France, depuis cinq ans. Elle a d’abord hésité avant de nous raconter son histoire, par peur des insultes. «Je suis partie parce que j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un. Zis Fransé ki aksepté sa», confie celle qui travaille dans la restauration.Outre le changement de nom, Laila a aussi eu recours aux prothèses mammaires. «Je n’envisage pas d’en faire plus. J’ai trop peur.»

Elle a aussi quitté son Roche-Bois natal parce que «les Mauriciens ont honte. Zot kasiet. Il y en a plein qui aiment les gens comme moi. Ils devraient arrêter de faire semblant».

Après des études secondaires au Bradley Collège à Montagne-Longue, Stéphane David travaille «un peu partout». Notamment comme clerk, pendant trois ans dans une agence d’import-export à Mer Rouge. «Le patron était au courant, mais je devais m’habiller en garçon, attacher mes cheveux. Mais au moins j’étais accepté.»

Son expérience professionnelle lui a appris que travailler avec des femmes est problématique. «Elles se sentent en danger. Vous allez dire que je suis méchante, mais c’est toujours les moches qui se moquent des autres. Alors que les belles femmes ne vous disent rien.» Alors qu’au sein d’une équipe masculine, «nou badiné. Il n’y a jamais de problèmes».

Une fille dans un corps de garçon. Laila sait que c’est son cas depuis «la troisième. Mo ti toultan avek bann kamarad tifi. Le maître d’école disait que je marchais bizarrement, que je faisais semblant d’être handicapé». Quand son père assistait aux réunions de parents d’élèves, cela mettait l’enfant en colère, «parce qu’il ne comprenait pas». Sa mère s’est toujours montrée plus compréhensive. «Elle me disait de ne pas trop traîné, que c’était dangereux.»

Si elle a choisi le prénom Laila, c’est parce qu’elle se sent bien, «dan sa lapo-la». Est-ce inspiré d’une vedette ou d’un film? Laila ne s’en souvient pas, mais souligne que «mo’nn fini adapté ar li».

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