Sandra Mayotte: «Le Premier ministre va certainement me demander mon avis»

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Sandra Mayotte, artiste élue au n°14 (Savanne–Rivière-Noire).

Sandra Mayotte, artiste élue au n°14 (Savanne–Rivière-Noire).

Imaginons les questions que posera la députée Sandra Mayotte à l’Assemblée nationale. 
Je ne veux pas vraiment me prononcer. Cela se fera en temps et lieu.

Votre contribution à l’action gouvernementale sera-t-elle surtout culturelle ou y a-t-il d’autres dossiers qui vous tiennent à coeur ? 
Ces derniers jours j’étais préoccupée par tant de choses que je n’ai pas vraiment songé à cette question. Bien sûr, il y a des choses qui m’interpellent et pour lesquelles je me sens concernée. Évidemment, il y a la culture, mais aussi l’égalité du genre, la condition de la femme et des enfants.

Il y a deux semaines, le 27 octobre, le Mouvement socialiste militant (MSM) était absent d’une rencontre entre des artistes et des leaders politiques, à Plaine-Lauzun. Que répondez-vous aux artistes pour qui cette absence remarquée signifie que le gouvernement ne s’est pas intéressé à leur sort ? 
Je ne crois pas que le gouvernement ne s’est pas intéressé au sort des artistes. Chacun peut interpréter les choses à sa façon, dire que le leader ne s’y est pas intéressé ou qu’il a voulu boycotter cette rencontre. Je suis convaincue que ce n’est pas du tout le cas. Il y a eu quelques petits soucis de communication. Le Premier ministre a besoin de connaître à l’avance le programme d’une manifestation etc. Il a besoin de s’organiser. Il avait quand même un emploi du temps chargé parce que c’était le jour de Divali. 

Mais ce que je sais, c’est qu’il était disposé à rencontrer des artistes à son bureau, pour leur accorder le temps nécessaire pour écouter leurs attentes et leurs urgences. C’est peut-être tant mieux que cela ne s’est pas fait un peu avant les élections. Franchement, les leaders qui étaient à Plaine-Lauzun ce jourlà, ils étaient tous étonnés d’apprendre que les artistes sont si mal payés. Certains étaient soi-disant choqués de la situation des artistes, mais je crois qu’ils étaient tous à un moment donné au gouvernement (NdlR, Roshi Bhadain, Xavier Duval, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam). Ce qui veut dire que pendant tout ce temps-là, eux non plus n’étaient pas à l’écoute des artistes. C’est à la veille des élections qu’ils sont venus montrer leur sympathie. Si le Premier ministre était allé à cette rencontre, certains auraient peut-être interprété cela comme : «Mo pe vinn dir zot pa gagn traka.» Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le Premier ministre est venu faire des promesses en l’air, comme l’ont fait les autres leaders qui étaient présents. 

Par contre, ce que je sais, c’est que le Premier ministre a dit officiellement qu’il va mettre en place un comité, avec des artistes, qui va justement travailler sur leurs attentes. Après les élections, venir avec cette mesure, je ne considère pas cela comme un chantage électoral ou un bribe, comme quand on vient avant les élections et qu’on promet des choses juste pour avoir le vote des artistes, alors que pendant tout ce temps, personne n’a rien fait.

«Un comité va écouter les attentes et urgences des artistes.»

Vous êtes convaincue que le sort des artistes va s’améliorer durant les prochains cinq ans ? 
Je le pense. Dans le manifeste électoral, il est question de reconnaître le statut professionnel des artistes, de la restructuration (MASA), de revoir le paiement des royalties. Il y aura aussi ce comité qui va écouter ce que veulent les artistes. Je suis sûre qu’il y aura beaucoup d’amélioration de la situation des artistes à Maurice. Définitivement.

Pendant les débats sur le sort des artistes, vous positionnerez-vous comme l’artiste ou l’élue ?
Quand on est artiste, on l’est tout le temps. Peu importe où on est, on est artiste. Ma voix sera peut-être entendue autrement…Peut-être comme la voix des artistes. Pour l’heure, je ne sais pas encore comment cela va se passer, mais je suis sûre que je pourrais être un bon guide pour le Premier ministre. Il va certainement me demander mon avis, qui sera aussi l’avis des artistes. Je transmettrai le message, les attentes des artistes au Premier ministre.

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