Système électoral: le droit de vote pas pratique pour les Mauriciens à l’étranger

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Environ 500 Mauriciens ont émigré à bord du «Patris» en novembre 1967 pour l’Australie.

Environ 500 Mauriciens ont émigré à bord du «Patris» en novembre 1967 pour l’Australie.

Ce n’est pas seulement la loi qui empêche les membres de la diaspora d’accomplir leur devoir civique, mais aussi le découpage du pays en 21 circonscriptions. La question de la logistique est également pertinente.

Les Mauriciens vivant à l’étranger ne lâchent pas prise. Ils ne comprennent toujours pas la raison pour laquelle ils ne peuvent accomplir leur devoir civique. D’abord, il faut savoir que la loi ne le leur permet pas comme cela a été expliqué à maintes reprises. Oublions le côté légal, le système électoral mauricien dans son état actuel a plusieurs inconvénients pour ceux qui résident à l’étranger.

Le légiste Milan Meetarbhan rappelle que notre système électoral est basé sur les circonscriptions. «Il n’y a pas une liste nationale comment cela est le cas dans certains pays. Pour qui un électeur votera s’il lui est permis d’accomplir son devoir civique ?» se demande-t-il.

Pour l’expert en Constitution, il n’est pas approprié qu’une personne ayant habité une circonscription 30 ans de cela y vote toujours alors qu’elle ne réside plus à cette adresse. D’ailleurs, cet exercice va à l’encontre de la Constitution puisque la loi stipule que l’électeur doit voter dans la circonscription où il habite.

Bulletins

Un ancien cadre de la commission électorale va dans le même sens. La République de Maurice est divisée en 21 circonscriptions. Où va voter la diaspora mauricienne ? «Contrairement à une élection présidentielle où les électeurs ont à choisir sur une seule liste, à Maurice nous avons plu- sieurs listes», rappelle-t-il. De plus, le transfert de bulletins de vote à l’étranger causera certains inconvénients.

«Il faudra mettre en place tout un mécanisme pour le transfert des bulletins. Il faut aussi songer à la sécurité», note l’ancien fonctionnaire. Dans des pays géographiquement étendus, il faudra songer aux centres de vote. «Imaginez un pays comme la France et l’Australie où vivent des Mauriciens. Vont-ils parcourir des centaines de kilomètres pour voter ? Faudra-t-il ouvrir plusieurs centres de vote ? Voilà autant de questions à prendre en considération», rappelle-t-il.

Selon Milan Meetarbhan, permettre aux membres de la diaspora de voter mérite réflexion d’autant plus qu’il implique un amendement à la Constitution. «C’est un aspect à prendre en considération dans la réforme électorale car ne changer qu’une partie de la loi ne suffira pas», affirme-t-il.

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