Angélique Sanson, Miss Mauritius, attend du changement concret de ces élections

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 Angélique Sanson, Miss Mauritius 2019, revient sur son élection à elle et parle des législatives.

 Angélique Sanson, Miss Mauritius 2019, revient sur son élection à elle et parle des législatives.

Qu’est-ce qui vous a poussé à participer au concours ?
Au départ, c’est mon agence de mannequins qui m’a encouragée à participer au concours. Ensuite, soutenue par ma famille, mes amis et l’agence aussi, je me suis dit pourquoi pas. Je suis très timide et j’ai peur du regard des autres. Donc, je me suis dit que ce serait un challenge. En fait, j’ai participé pour l’expérience et le challenge.

Que représente-t-il pour vous ?
Le concours représente plusieurs choses, le challenge d’abord. Comme je vous l’ai dit, c’était un défi personnel à relever. Ensuite, ça représente la fierté de représenter son pays et, enfin, une expérience unique.

Comment avez-vous vécu le concours ?
Pour moi, le concours a été riche en émotions, avec le coaching, les événements et la rencontre avec les filles. C’était beaucoup d’émotions et beaucoup d’aventures, mais un peu de stress aussi avec les différents awards. On avait toutes envie de se donner à 100 % dans ce concours.

Pensez-vous que les critiques et préjugés habituels sur le concours et les participantes perdurent ?
Je pense qu’il y aura toujours des critiques, même si on essaye chaque année de faire de mieux en mieux, et de vraiment donner un beau spectacle. Malgré les critiques, il faut savoir en tirer le meilleur pour s’améliorer et se construire. Personnellement, j’ai reçu beaucoup de messages d’amour et de soutien. Cela m’a beaucoup aidée pendant le concours mais aussi après la finale.

Quel est le rôle d’une Miss, selon vous ?
Le rôle d’une Miss, pour moi, c’est tout d’abord représenter son pays. Donc, une Miss doit posséder plusieurs qualités, être quelqu’un de simple et de humble, mais doit aussi pouvoir parler en faveur de causes diverses, car elle peut bénéficier du soutien de plusieurs organisations pour arriver à de grands objectifs.

L’on entend parler des Miss lorsqu’elles sont élues et font part de leurs projets, mais souvent l’on n’entend plus parler d’elles par la suite. Que comptez-vous faire concrètement à part ce qui concerne la beauté ?
Je pense que si on n’entend plus parler des Miss, c’est parce qu’elles sont tout simplement moins médiatisées. On se concentre sur les nouvelles Miss et, comme il y a beaucoup de concours, on essaye de donner un peu de place à tous, pour que tout le monde soit valorisé.

Mais cela ne veut pas dire que les Miss ne font rien de leur côté. Dans un an, je vais rendre la couronne, mais ce n’est pas pour autant que j’arrêterai mes projets caritatifs. Au contraire, j’espère que je serai arrivée à mes objectifs. J’aimerais faire beaucoup de choses.

Pour l’instant, je fais partie d’une association pour les femmes qui souffrent d’endométriose, Living with endometriosis Mauritius. C’est quelque chose de personnel que j’avais entrepris avant le concours et que j’aimerais continuer. Ensuite, avec l’aide de l’organisation Miss Mauritius, je souhaiterais approcher différentes ONG et construire des projets.

Quelles sont vos passions ?
La danse, avant tout. J’ai commencé à l’âge de quatre ans, avec le ballet et le jazz, ensuite j’ai fait du contemporain. La danse est ma passion depuis toujours parce qu’elle me permet de m’exprimer et de me libérer. Sinon, j’aime beaucoup le mannequinat.

Les danseurs sont-ils assez reconnus ici ?
Je dirais qu’à travers plusieurs organisations, on peut promouvoir la danse. Par exemple, avec des événements ou des organisations d’art. Aujourd’hui, on peut mettre en avant les danseurs et d’autres domaines artistiques, mais je pense qu’on peut encore mieux faire.

Les artistes à Maurice ont souvent tendance à dire qu’ils manquent de moyens ou d’opportunités. Rencontrez-vous ces obstacles ?
Je pense qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’organisations que les artistes peuvent approcher pour arriver à leurs objectifs et se donner à fond dans leur passion. Moi, j’ai eu la chance de pouvoir prendre des cours et cela m’a permis de m’exprimer et d’apprendre beaucoup de choses.

Vous avez étudié en France. Comment c’était de vivre loin et d’apprendre à se débrouiller seule ?
C’était difficile. (Rires) C’était très dur. Mes parents, mes deux sœurs et moi, nous sommes très proches. Donc, leur dire au revoir pour aller vers l’inconnu, dans une ville que je ne connaissais pas, un pays que je ne connaissais pas, a été très difficile. Mais j’y ai appris beaucoup de choses. J’ai rencontré beaucoup de personnes. J’ai continué la danse et le mannequinat aussi. Et grâce à cela, j’ai acquis de l’expérience, tant universitaire que personnelle et professionnelle.

Quelles études avez-vous entrepris en France ?
J’ai fait des études en économie et management. J’ai étudié différents aspects de l’entreprise et du monde économique, notamment la finance, la comptabilité, le droit, le marketing, les ressources humaines, la stratégie d’entreprise, mais aussi la géopolitique et l’économie. Une formation pas facile mais qui permet d’aborder plusieurs sujets et d’être polyvalent.

Le lendemain de votre élection comme Miss Mauritius 2019, on a annoncé la date des élections législatives. De nos jours, l’on attend des personnalités publiques qu’elles s’expriment sur la politique. Allez-vous utiliser votre plateforme pour en faire de même ?
Pour moi, ce n’est pas le rôle d’une Miss de donner son avis sur la politique, car elle représente tous les Mauriciens et non un seul parti. Mais j’utiliserai tout de même les plateformes pour inciter les Mauriciens à aller voter, car on a le droit de vote et c’est important de pouvoir s’exprimer.

Vous irez voter donc ?
Bien sûr que oui.

Vous habitez quelle circonscription ?
J’habite Curepipe, donc je vote au n°17.

Pensez-vous qu’on fait assez pour votre circonscription ?
Étant donné que j’étudiais (NdlR, à l’étranger), c’est un peu difficile de répondre à cette question. Je pense que tout le monde fait beaucoup d’efforts pour sa circonscription. Je pense toutefois qu’il y a encore beaucoup à faire.

Toute agression ou tout meurtre misogyne est inadmissible. Il y a encore beaucoup à faire à ce sujet. 

Que pensez-vous de la période de campagne électorale ?
C’est difficile à dire. La campagne pour ces législatives est courte. Moi, j’étais dans une autre sorte d’élection, celle des Miss. (Rires) Donc, j’étais très concentrée dessus. Mais je pense que maintenant, je vais me concentrer sur les législatives pour voir vraiment ce qui a été fait et ce qu’il y a à faire.

Qu’attendez-vous de ces élections ?
Ce que j’attends, c’est du changement, du changement concret. Si on propose de la nouveauté, j’aimerais vraiment qu’elle soit réellement mise en place. J’aimerais que les propositions ne demeurent pas de simples paroles, mais qu’elles aboutissent à des actions par la suite.

La politique est-elle importante ?
Oui. L’aspect de la politique qui est important, c’est de donner son avis et de pouvoir voter et élire quelqu’un qui devrait mener des actions et servir son pays pour l’améliorer et le faire évoluer.

Que pensez-vous de l’obligation des candidats à déclarer leur appartenance ethnique pour être acceptés aux élections ?
Je pense que nous cherchons à élire une personne qui représente le peuple, nous recherchons une personne qui pourra aider la population mais aussi qui fera de son mieux pour faire évoluer Maurice sur la plateforme internationale et tisser une économie forte.

Nous ne devrions pas lui attacher une religion comme un critère. Nous devons élire une personne pour son programme, ses objectifs, son humilité et son dévouement à notre pays. Notre île est constituée de plusieurs communautés et c’est ce qui fait sa beauté et son charme, plusieurs aspirations mais un seul peuple uni.

Récemment, l’on a parlé de féminicide dans les médias. Quel est votre ressenti à ce sujet ?
Toute agression ou tout meurtre misogyne est inadmissible. Il y a encore beaucoup à faire à ce sujet. On pourrait faire encore plus de campagnes pour sensibiliser la population. C’est quelque chose qui ne peut plus durer.

Comment appréhendez-vous le concours Miss World auquel vous participerez bientôt ?
J’appréhende déjà et je pense déjà au projet sur lequel je vais travailler… Car à Miss World, il faut pouvoir apporter Beauty with a purpose. Il s’agit d’un projet que chaque fille doit construire. Donc, je commence déjà à y réfléchir et aussi au talent que je vais pouvoir présenter à Miss World.

Si vous deviez dire quelque chose à d’autres jeunes filles, que diriez-vous ?
Beaucoup de choses. Mais si je devais choisir, je dirais de ne jamais abandonner, de toujours se donner les moyens pour arriver à ses objectifs et, si possible, de le faire avec le sourire.

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