Déchets: réparer au lieu de jeter et valoriser les métiers

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Certaines usines ou des citoyens jettent des produits textiles sur des terrains abandonnés ou au bord de la route. Le projet «Don’t Despair, Repair» pourrait être une solution.

Certaines usines ou des citoyens jettent des produits textiles sur des terrains abandonnés ou au bord de la route. Le projet «Don’t Despair, Repair» pourrait être une solution.    

C’est au fil des échanges sur différentes perspectives que leur est venue cette idée, inspirée par les Repair Cafés européens et leur désir d’encourager chacun à réparer ses objets pour préserver et revaloriser des métiers qui disparaissent, tout en protégeant l’environnement. Diane et Lena Lautenberg, Priya Ramkissoon et Victoria Desvaux veulent, à travers leur projet, mettre «à la mode» ce geste pratique à travers des points de réparation facilement accessibles.

«En effet, nous avons la chance à Maurice d’avoir encore des artisans, qui connaissent comment redonner vie à nos objets, que ce soit le réparateur de parapluies, le réparateur de radio, le tailleur/la couturière ou le cordonnier du village. Ces savoir-faire existent encore ici et peuvent être vus comme une vraie richesse», soutient Victoria Desvaux.

Elles souhaitent offrir une plateforme et de la visibilité, ainsi que des opportunités supplémentaires de revenus aux artisans avec lesquels elles travaillent et promouvoir tous les métiers de la réparation. «On espère créer de l’emploi car on souhaite que la demande pour ces savoirfaire augmente.» Et pour créer des partenariats et favoriser la formation à ces métiers, il faudra un peu plus de temps, mais elles y pensent déjà !

«Le meilleur déchet est celui qu’on ne crée pas !»

En réparant nos objets, on agit également sur la thématique des déchets, disent nos interlocutrices. Pensons-nous à ce qui arrive à un objet quand nous le jetons ? Où va-t-il aller ? Combien de temps cet objet va-t-il rester dans la nature ? Comment va-t-il affecter notre environnement ? Ses composants sont-ils polluants et vont-ils polluer notre sol, notre eau, notre air si on brûle un objet, par exemple ?

«Le meilleur déchet est celui qu’on ne crée pas !», et ainsi, en prolongeant la vie de nos objets en les faisant réparer, nous réduisons les déchets que nous produisons. Cela empêchera qu’ils deviennent des déchets. Une réduction des déchets aidera, par exemple, à avoir moins d’objets jetés ici et là dans des dépotoirs sauvages ou finissant dans nos canalisations, créant des problèmes de conduits bouchés ou autre ou dans nos océans, menaçant l’écosystème marin et ainsi de suite. Par ailleurs, Mare-Chicose est déjà saturé.

Ressources jetées

Pour chaque objet que l’on jette, ce sont des ressources que l’on jette, soulignent- elles. En effet, tous les composants d’un objet sont faits à partir de ressources, qui ont été extraites de notre environnement.

En réparant nos objets au lieu de les jeter et d’en acheter de nouveaux, on extrait moins de ressources de notre environnement. Ce qui est positif, car en ce moment, on extrait beaucoup trop de ressources naturelles. En effet, chaque année, le «jour du dépassement» arrive de plus en plus tôt. Ce «jour du dépassement» est la date à partir de laquelle l’humanité aura consommé la totalité des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Cette année, pour Maurice, il s’agissait du 18 juin rappelons-le.

Démarrage par le textile

L’initiative de Diane et Lena Lautenberg, Priya Ramkisson et Victoria Desvaux débute par le textile le 16 novembre; des vêtements pour commencer et elles pensent élargir le concept à différentes catégories d’objets à partir de début 2020. Car comme toutes choses, le textile a un impact sur l’environnement ; depuis la création des matières premières, que ce soit l’extraction des ressources fossiles pour en faire des textiles synthétiques ou la production du coton, par exemple, avec son énorme consommation d’eau, l’impact que de telles agricultures ont sur nos sols, ainsi que l’utilisation massive de pesticides, quand il ne s’agit pas de coton bio, jusqu’à son transport, son entretien ou sa fin de vie.

Chaque matière aura un impact différent, mais le fait de conserver nos objets le plus longtemps possible, réduisant ainsi le besoin d’en créer de nouveaux avec toutes les répercussions que cela implique, est la décision la plus environnementale que nous puissions prendre. Par exemple, la réutilisation d’une tonne de textile au lieu de s’en débarrasser empêche environ 11 tonnes de CO2 de pénétrer dans notre atmosphère. Et donne une seconde vie à nos objets, préservant ainsi l’environnement.

Par la suite, elles espèrent particulièrement pouvoir aider à la réparation de petits électroménagers et articles électroniques, car il s’agit d’un vrai problème pour se débarrasser correctement de ces objets, une fois qu’ils deviennent des déchets, ainsi que de l’impact de toutes les ressources, qui vont dans la création de ces objets. Parfois, il suffirait de changer une simple pièce pour leur redonner vie.

Pour commencer quelque part, elles invitent toute personne à porter ses objets à leurs points de réparation, à s’acquitter du petit prix de cette réparation, tout en assurant quand même un salaire correct et intéressant aux artisans et à repartir avec eux.

En attendant, elles pensent toujours à comment faire évoluer le concept à travers des partenariats, qui pourront encourager encore plus à la réparation d’objets sans l’encombrement monétaire.

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