Manifeste sélectoraux: à la MASA, bizin sanzman

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Résoudre les problèmes chroniques de la Mauritius Society of Authors. Dans leur manifeste électoral, les trois blocs qui briguent les suffrages du jeudi 7 novembre sont tous d’accord qu’il faut agir.

Tous les partis sont d’accord. Il y a un véritable problème à la Mauritius Society of Authors (MASA). C’est l’un des points communs entre les propositions culturelles contenues dans les manifestes électoraux des trois blocs.

Dans Ensam tou possib, l’Alliance Morisien (MSM-ML) promet de, «revoir à la hausse les droits d’auteurs d’artistes mauriciens et une refonte en profondeur de la MASA».

De son côté, le Mouvement militant mauricien (MMM) propose dans «Pour un vrai changement» non seulement de «réformer la MASA afin qu’elle soit mieux en mesure de protéger les artistes», mais aussi de «répartir plus équitablement les revenus générés par les opérateurs de téléphone sur les caller tunes». Tout en proposant d’«augmenter le quota des chansons des artistes locaux à la radio et à la télévision afin d’encourager leur production à travers une meilleure rémunération».

Pour sa part, l’Alliance Nationale, partisane de «la rupture», s’engage à ce que «la MASA devienne une association privée gérée par les artistes pour les artistes. Elle ne dépendra plus du ministère de la Culture, donnant ainsi aux artistes une autonomie complète de fonctionnement et de décision». Le tout, assorti d’une révision du «taux des royalties pour les artistes locaux pour leurs œuvres diffusées à la radio et la télévision». Ainsi que d’une augmentation de «la part de la musique et de la production locale à la radio et la télévision».

Au-delà du miel pour les oreilles des artistes, surtout ceux de l’industrie musicale, il y a une réalité que les auteurs-compositeurs et éditeurs veulent voir changer. Celle des nouveaux tarifs pour l’utilisation de la musique. Une nouvelle grille déjà prête et soumise au ministère des Arts et de la Culture le 31 mai de cette année. De guerre lasse, deux artistes (Bruno Raya et Dr. Boyzini) ont fait servir une mise en demeure au ministre des Arts et de la Culture, Pradeep Roopun et à la MASA, en août de cette année.

Pourquoi dans le secteur musical, la nouvelle grille de tarifs est considérée comme LA solution pouvant permettre aux créateurs de (mieux) vivre de leur créativité ? Richard Hein (photo), membre du conseil d’administration de la MASA, qui a contribué à élaborer les nouveaux tarifs, explique : «La nouvelle grille prévoit une augmentation de 50 % par rapport à l’inflation.»

Dimanche dernier, lors de la rencontre entre les leaders des partis d’opposition (il n’y avait aucun représentant de la majorité sortante) et une centaine d’artistes à Plaine-Lauzun, c’est Richard Hein qui a expliqué que les tarifs pour l’utilisation de la musique «n’ont pas été revus depuis 2008». D’où «l’urgence», souligne Richard Hein.

Autonomie de la MASA: oui, mais…

L’Alliance Nationale (PTr-PMSD) propose de privatiser la MASA. Est-ce la solution ? Si Richard Hein, membre du conseil d’administration de la MASA, n’est pas contre l’autonomie de l’institution, il est toutefois d’avis que «nous avons besoin du soutien de l’État pour mettre de l’ordre. Il faut avant tout un ministre qui s’y intéresse». Il rappelle que la nouvelle grille de tarifs a été non seulement discutée entre les artistes, mais aussi «approuvée par le «board» de la MASA». Ce qui signifie qu’elle a été «validée par des techniciens du ministère des Finances, des gens de la profession. On ne demande pas la lune. Ce sont des tarifs réalistes».

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