Mondial de rugby: Curry-Underhill, les «kamikaze kids» de l’Angleterre

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Les troisième ligne anglais Tom Curry et San Underhill à l'entraînement le 19 septembre 2019 à Sapporo en préparation à la Coupe du monde au Japon.

Les troisième ligne anglais Tom Curry et San Underhill à l'entraînement le 19 septembre 2019 à Sapporo en préparation à la Coupe du monde au Japon.

Ils tirent sur tout ce qui bouge: les deux jeunes troisième ligne anglais Tom Curry et Sam Underhill, surnommés les «kamikaze kids» par leur sélectionneur Eddie Jones, possèdent parmi leurs nombreux points communs le goût du combat.

Dans l’esprit du service de communication du XV de la Rose, ils sont visiblement inséparables puisqu’ils se sont présentés tous les deux, à la même table, devant la presse jeudi avant la qualification face à l’Australie (40-16), synonyme de demi-finale de Coupe du monde samedi contre la Nouvelle-Zélande à Yokohama (banlieue de Tokyo).

Tous deux chaussés de sandales d’une célèbre marque allemande. Ils sont également associés dans l’esprit du facétieux pilier gauche de la sélection anglaise Joe Marler, qui a instauré en guise d’amende pour un joueur fautif de les inviter à déjeuner.

«Probablement l’une des pires amendes qui existe», sourit Curry. «Nous sommes difficiles à gérer ensemble. Sam est plus calme que moi, plus posé. Mais sinon, nous sommes tous deux assez bizarres», ajoute le joueur de Sale, dont l’obsession pour les chats le rend par exemple un peu décalé.

Il a ainsi branché des coéquipiers pour aller visite une île aux chats et un sanctuaire dédié à ces félidés à Miyazaki (sud), en début de compétition. Il a essuyé un refus mais ne désespère pas se rendre dans un des nombreux bars à chats du Japon.

Le garçon est également somnambule, ce qui l’a conduit, pendant la préparation, à vouloir quitter pendant son sommeil sa chambre. Peine perdue, il n’a rencontré que la télévision de celle-ci.

Repérés par Richard Hill

Jusqu’à preuve du contraire, Underhill traverse des nuits moins agitées. Mais le mimétisme entre les deux joueurs se prolonge avec leurs débuts internationaux à l’occasion de la tournée de juin 2017 en Argentine en l’absence de nombreux joueurs retenus par les Lions britanniques et irlandais.

Après avoir été repérés, alors adolescents, par le champion du monde 2003 Richard Hill, missionné par la Fédération pour dénicher les troisièmes ligne de demain.

«L’avoir eu comme mentor pendant toutes ces années a été déterminant pour moi et mon frère (jumeau, Ben, qui joue aussi à Sale), comme pour de nombreux troisième ligne qui sont en train de percer. C’est incroyable, à 15-16 ans, d’être accompagné par quelqu’un de ce calibre», raconte Curry (21 ans, 17 sél.).

Lui et Underhill (23 ans, 13 sél.) ont cependant dû attendre le 24 août dernier et le match de préparation contre l’Irlande à Twickenham (57-15) pour être associés ensemble pour la première fois au sein de la troisième ligne anglaise, où ils entourent Billy Vunipola. La faute, sans doute, à l’opération d’une cheville qui a contraint Underhill, qui évolue à Bath, à déclarer forfait pour le Tournoi des six nations 2019.

«Une tâche ingrate»

Depuis, ils sont indéboulonnables et constituent un tandem de chiens fous féroces au plaquage (36 à eux deux contre l’Australie) et pénible dans les rucks, qui a justement dominé, samedi, l’ancien duo maître en la matière «Pooper», constitué de David Pocock et Michael Hooper.

Ils sont également capables d’assurer la continuité du jeu, comme Curry l’a montré face aux Wallabies en négociant parfaitement un deux contre un pour ouvrir l’espace à Jonny May sur le premier essai anglais.

Mais ils adorent avant tout le combat. «Vous jouez au rugby pour son aspect physique», lance ainsi Curry. «Ce serait un peu incongru de dire que réaliser un plaquage est plus amusant que courir avec le ballon, et je ne pense pas qu’on commence à jouer au rugby pour plaquer. Mais les deux sont plutôt amusants», ajoute-t-il.

Pour Underhill, «l’un des numéros 7 les plus combatifs» que Jones ait vu depuis longtemps, «troisième ligne est un poste très physique et pas très glamour non plus».

«C’est plutôt une tâche ingrate et il faut aimer faire ça. Si quelqu’un va marquer un bel essai sur les extérieurs, c’est souvent parce qu’un autre joueur a effectué un travail besogneux, pas forcément très reluisant à regarder, mais qui permet de créer les opportunités indispensables», développe-t-il. Eux font ce sale boulot, et bien, pour l’Angleterre.

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