Patrimoine: Jardin des Pamplemousses: les nénuphars ne s’étalent plus…

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Cette grande feuille de nénuphar a été vraisemblablement rongée par des escargots.

Cette grande feuille de nénuphar a été vraisemblablement rongée par des escargots.

Un fleuron dénué de fleurs. C’est la scène qui confronte les visiteurs en ce moment au jardin des Pamplemousses. Au bord du symbolique bassin, hier matin, nous avons constaté que le niveau d’eau a baissé. Rien ne s’écoule des deux conduits d’eau. Résultat : les goémons prolifèrent. Mais surtout, les nénuphars ne s’étalent plus sur l’eau. Ces plantes aux grandes feuilles rondes ont l’air en mauvais état, vraisemblablement rongées par des escargots.

Des œufs d’escargots sont présents sur les nénuphars au jardin des Pamplemousses.

La rareté des nénuphars au jardin botanique est un phénomène récurrent. Mais pourquoi ? Nelly Ardill, de SOS Patrimoine en péril, est d’avis que ce sont «des fonctionnaires qui ne savent pas manier une pelle et une pioche qui sont à la base de cet état des choses. C’est un problème de gestion et de compétence». Ils n’ont pas conscience que le bassin des nénuphars fait partie du «cadre touristique» de Maurice, en plus d’être un «apport d’argent».

Il n’y a pas une seule fleur dans le bassin, qui fait partie du «cadre touristique»…

Ce à quoi Pierre Argo, membre du conseil d’administration du Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden Trust, répond par un cours de botanique. Il explique que le nénuphar est originaire d’Amazonie. «La température de l’eau là-bas ne descend pas sous les 24 degrés, alors qu’à Maurice, en hiver, la température de l’eau est bien moindre.» Résultat : on ne peut pas replanter tout de suite, poursuit-il. «Si on pense qu’on peut avoir des fleurs tout le temps, il faut savoir qu’on ne peut pas toujours corriger la Nature. C’est une plante très fragile.»

Le membre du conseil d’administration du Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden Trust va plus loin. Annonçant l’arrivée de jours meilleurs au jardin après de longs combats «contre les blocages du système». Cela fait plusieurs années que les problèmes de ce patrimoine national ont été identifiés : mauvaise gestion, absence de prise de décisions, manque de personnel qualifié, pollution, entre autres.

Pierre Argo souligne qu’après «beaucoup de patience», un appel à candidatures a été lancé en juillet 2019. Cela, pour recruter un Chief Executive Officer, ainsi qu’un Finance and Administrative Manager. Une fois en poste – ce qui ne saurait tarder, selon le membre du conseil d’administration –, la situation au jardin devrait prendre une autre tournure, dit-il, optimiste.

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