Metro Express: premié regar lor lagar…

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Mauricio n’est pas le train d’antan qu’ils ont connu certes, la nouvelle gare les déroute un peu.

Mauricio n’est pas le train d’antan qu’ils ont connu certes, la nouvelle gare les déroute un peu.

Il a su conquérir nos aînés… Mauricio n’est pas le train d’antan qu’ils ont connu certes, la nouvelle gare les déroute un peu… Cependant, ils ont été impressionnés. La modernité a su se frayer un chemin dans le coeur des mamies et papys présents lors du «soft lunch» du Metro Express, jeudi…

Il est 14 heures, des centaines de personnes sont déjà massées aux alentours de la gare de Rose-Hill. Attendant que le fameux Mauricio daigne montrer le bout du nez. Parmi, Nazir Nana, âgé de 69 ans. Il est tout seul, accompagné seulement de sa béquille sur laquelle il s’appuie. Il évite la foule, se place dans un coin près des toilettes publiques. Il observe tout ce qui se passe et respire cette nouvelle ère qui a vraiment l’air de lui plaire. Un sourire se dessine sur son visage, les ouvriers qui travaillent toujours sur le site près des escaliers roulants l’impressionnent. De sa poche, il retire une petite caméra cuivrée et immortalise le moment. Ce premier regard sur cette gare ravive en lui des souvenirs.

Jeaninne (à g.) et Yolande, deux soeurs octogénaires, n’ont pas raté une miette de Mauricio, le jeudi 3 octobre.

L’enfance de cet habitant de Rose-Hill a été bercée par les sifflements des trains, jadis. Ceux-là étaient «gros» et faisaient beaucoup de bruit, se rappelle le sexagénaire. Ce Mauricio qu’il a vu à la télé et qu’il attend avec impatience «pou pli trankil». Il a l’air de s’y connaître en véhicules. Le bruit des machines qui s’activent toujours masque ses paroles. On comprend que l’ambiance fait forte impression sur lui, il est tout content de pouvoir vivre ce moment, historique, dit-il. Il ne cesse de sourire dans sa barbe blanche. D’ailleurs, il compte faire développer les photos qu’il a prises. Pour les conserver dans un album ? Il ne le sait pas encore.

Les soeurs de plaisance

Elles aussi affichent un large sourire. Penchées sur les barrières de sécurité placées en face du nouveau terminal, leurs yeux sont rivés vers le haut, là où Mauricio va arriver bientôt. Ce qui frappe : Yolande Milate et Jeannine Valoi n’ont ni smartphone, ni caméra dans les mains. Juste leurs yeux et la tête pour immortaliser le moment présent. Leurs seuls accessoires ? Leurs sacs et un bonnet pour tenir au chaud.

Elles échangent quelques mots, semblent complices. On sent tout de même une petite note d’impatience dans la gestuelle. La pluie fine qui commence à s’abattre sur la gare ne semble nullement les déranger.

En fait, nos deux dames sont soeurs… Yolande est l’aînée, elle a 89 ans. Jeannine, pour sa part, en a 86. Cela fait quelques jours qu’elles s’organisent pour venir assister au lancement du métro. «Nous sommes venues tôt pour avoir de la place, pour bien le voir… Mais où est-il ? Li pé vini la?» Les deux soeurs habitent Plaisance, dans la maison de Yolande. Jeannine explique qu’elle a «fermé» la sienne pour se rapprocher de sa grande soeur car elle est tombée malade.

Nazir Nana a immortalisé l’arrivée du métro à Rose-Hill avec son appareil photo.

Depuis, les deux commères partagent tout ensemble. Comme au bon vieux temps, où elles étaient encore des gamines. «Nou kwi ansam, nou get télévizion ansam ek la nou’nn vinn get métro ek sa nouvo lagar-la ansam», rigole Yolande, tout en appréciant le morceau entonné par l’orchestre de la police et les majorettes, qui font partie de ceux qui assurent l’animation en attendant l’arrivée de la star, Mauricio.

«Trin lepok lontan»

Yolande est maman de 14 enfants, sa vie, elle l’a bien vécue. Et là, ce «soft launch» ou «sa fet-la» comme elle le dit, viendra ajouter un souvenir de plus à son riche album. «Nou ti konn trin lepok lontan-la, nou ti trouv Larenn, nou ti al Marie Reine de la Paix enn fwa par trin.» Elle s’arrête soudain, le Premier ministre est là, il salue la foule.

Mais elles ne sont pas là pour Pravind Jugnauth. Le seul qui captive leur attention, c’est Mauricio. Elles gigotent dans tous les sens, se hissent sur la pointe des pieds, histoire de pouvoir l’apercevoir. Leur sourire est radieux, elles ne regrettent pas d’avoir attendu. Elles n’ont jamais voyagé et sont émues de voir «sa kalité masinn-la».

Est-ce qu’elles comptent grimper à bord le mois prochain ? Yolande et Jeannine avouent avoir un peu peur. La modernité les intimide… «Si nou voyaz ladan, nou pa pou vinn nou dé tousel selma!»

Ce qui est certain, c’est que ce «premié regar lor lagar-la» et sur Mauricio, surtout, en valait le détour, pour elles…

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