Il était le seul policier mauricien à bord des véhicules pontificaux

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Ricardo Hurrhungee (à l’extrême dr.) à Sainte-Croix lundi.

Ricardo Hurrhungee (à l’extrême dr.) à Sainte-Croix lundi.

Il est l’unique Mauricien au sein de la garde rapprochée du pape à avoir voyagé aux côtés du souverain pontife lors de ses déplacements dans l’île. Tantôt à bord de la Renault Mégane et tantôt sur les perrons de la papamobile. Son nom : Ricardo Hurrhungee. Profession : inspecteur de police à la Very Important Persons Security Unit (VIPSU).

Si, en 1989, deux Mauriciens, Evarist Pierre Louis et Alain Pulchérie, tous deux policiers à l’époque, ont été à tour de rôle le chauffeur du pape Jean Paul II, cette fois-ci, un seul policier mauricien a embarqué à bord de la Renault Mégane et de la papamobile aux côtés du pape François. Pas comme chauffeur car le chef religieux et chef du Vatican a été conduit, comme c’est partout le cas par Fabricio, son chauffeur personnel. Mais, en tant que garde du corps mauricien du Saint-Père, qui dirigeait l’équipe mauricienne de la sécurité des VIP.

Ricardo Hurrhungee qui a rejoint la police comme constable il y a 28 ans, passant par l’école de la police, puis la Special Supporting Unit avant d’atterrir à la VIPSU, en 1996 où il est promu sergent puis inspecteur, s’est confié à «l’express» hier. Il affirme que s’il s’est retrouvé là, c’est parce que son tour était arrivé de s’occuper d’un chef d’État. Comme il est d’usage pour un inspecteur de cette unité de prendre en charge, à tour de rôle, la sécurité d’un chef d’État de passage.

Déjà, en prélude à la visite papale, l’inspecteur de police a été partie prenante avec une déléguée du diocèse de Port-Louis, de tout ce qui concerne le transport du pape François dans l’île. Ce, sous la stricte supervision des membres de la sécurité du Vatican. Lui, il s’est surtout chargé des vérifications, des coordinations, des installations nécessaires pour la papamobile et des tests techniques.

Comment le choix s’est-il porté sur la Renault Mégane ? «Quand les membres de la sécurité du Vatican sont venus, moins de six mois de cela, on leur a proposé une voiture blindée de la flotte de la VIPSU comme c’est toujours le cas pour tout chef d’État en visite à Maurice. Mais le Vatican a dit non car le pape roule en voiture normale.» Par la suite, le diocèse, qui est en contact permanent avec le Vatican, a fait le choix du modèle, et a acheté la Renault Mégane ainsi que le pick-up Nissan transformé en papamobile.

A-t-il été pris de court par le choix fait par le pape pour s’asseoir à l’avant ? «Les gens du Vatican nous avaient déjà informés qu’il se pourrait que le pape choisisse de s’asseoir à l’avant pour pouvoir saluer la foule», répond le policier. C’est uniquement de Sainte-Croix à la State House que le pape a pris place sur le siège arrière de la Renault Mégane.

La conduite à gauche n’a-t-elle pas posé problème au chauffeur attitré ? lui avons-nous demandé. «Ça a été facile pour lui. Du fait que c’est un cortège spécial, la voiture roulait au milieu de la route. Sur les routes utilisées, on a fait de sorte qu’aucune voiture ne roule devant nous», réplique l’inspecteur Ricardo Hurrhungee.

Même si sa mission d’assurer la sécurité du pape prédominait lundi et «qu’il n’y avait pas de place pour l’émotion», l’inspecteur Hurrhungee retient du chef religieux et chef d’État, «une personne très simple qui dégage quelque chose de bien». Une personne qui s’est aussi exprimée avec les personnes à bord de la voiture.

Ce qui a aussi marqué ce policier marié à Marjorie et père de Marie-Estelle, 20 ans, et de Chloé, 13 ans, c’est que tout s’est déroulé comme prévu, dans les temps, d’autant que tout était réglé comme du papier à musique. «Le personnel et le pape ont toujours été à l’heure et au rendezvous convenu. Tous les autres membres de l’équipe, Mauriciens comme étrangers, ont été très professionnels. Les membres de la sécurité du Vatican n’ont pas été exigeants et ils nous ont laissé faire notre travail. Je remercie d’ailleurs les autres membres de l’équipe, l’officier responsable de la VIPSU, puis monsieur Krishna Jhugroo et le commissaire de police», déclare le policier.

Désormais, visite papale bouclée, la Renault Mégane et le pick-up Nissan immatriculés SCV1 et qui ont véhiculé le souverain pontife, restent, selon le père Hervé de Saint Pern, secrétaire et chancelier à la curie du diocèse, à la disposition de l’acquéreur. À savoir, le diocèse. D’ailleurs la papamobile sera reconvertie en pick-up.

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