Shabneez étouffée par son mari, ses enfants préviennent la police

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La maison où le drame a eu lieu. Shabneez Mohamud (en médaillon) n’avait jamais porté plainte pour violence conjugale selon la police.

La maison où le drame a eu lieu. Shabneez Mohamud (en médaillon) n’avait jamais porté plainte pour violence conjugale selon la police.

Encore une dispute conjugale qui vire au drame. Shabneez Mohamud, une mère de famille de 36 ans, a été tuée à Bel-Air hier matin, mardi 10 septembre. Son époux, Naseerudhin Mohamud, un maçon âgé de 38 ans, est passé aux aveux lors de son interrogatoire par la police criminelle de Bel-Air. 

L’autopsie pratiquée par le médecin légiste de la police, le Dr Maxwell Monvoisin, a attribué le décès de la victime à une smothering asphyxia.

Le suspect a comparu devant le tribunal de Flacq pour meurtre avant d’être reconduit en cellule policière. Anéantie, sa mère, 67 ans, confie en larmes qu’elle vient de perdre son époux décédé suite à des problèmes de santé. Voilà, lâche-t-elle, qu’un autre malheur vient de s’abattre sur sa famille : son fils se retrouve en cellule après avoir tué sa bru.

Ashraf Mohamud, 40 ans, confie qu’il effectuait des travaux de peinture avec un proche lorsque son frère l’a appelé pour lui raconter ce qui s’était passé. «Il m’a appelé pour savoir où j’étais. Je lui ai dit que je travaillais. Il m’a dit ok. J’ai tout de suite senti qu’il y avait quelque chose. Je lui ai demandé ce qu’il y avait», relate Ashraf Mohamud. «Li dir mwa ‘monn fini touy li. Monn touf li. Mo pa koné si pa linn mor ou pann mor’», poursuit-il.

Shabneez Mohamud avait demandé à ses enfants de se rendre à la police lorsqu’elle se faisait agresser. Ils ont averti la police qui est venue sur place. Lorsque les enquêteurs ont débarqué, ils ont retrouvé le corps sans vie de la trentenaire.

Le quadragénaire souligne que son frère voulait mettre fin à ses jours après le drame. «Il s’est enfui avant l’arrivée de la police. Il m’a dit qu’il se trouvait à Caroline et m’a demandé de lui apporter des savates. Je suis allé le rejoindre et je lui ai conseillé de se rendre. En même temps, lorsque nous marchions dans la localité, la police l’a interpellé», raconte Ashraf Mohamud.

Shabneez Mohamud, née Ahamudally, est originaire de Camp-Chapelon, Pailles. Le couple comptait 16 ans de mariage et avait deux enfants âgés de 10 et 14 ans. Ces derniers ont été pris en charge par des membres de la famille.

L’enquête est placée sous la supervision du Deputy Commissioner of Police Jangi, Divisional Commander Eastern. Quatre cas de «féminicide» ont été recensés cette année.

Le mobile 


Selon Ashraf Mohamud, son frère rencontrait beaucoup de problèmes et il soupçonnait son épouse d’infidélité. «Depi lontan pé alé mem li pé manz so kou. Fam la pé rod pous li dan lakaz, pé dir lakaz pa pou li. Zot gagn enn ta lager», relate Ashraf Mohamud. De son côté, la police indique n’avoir jamais reçu de plainte de Shabneez Mohamud pour violence conjugale. Pour sa part, Naseerudhin Mohamud a déclaré aux enquêteurs qu’une dispute conjugale a éclaté car les enfants ne se rendaient pas à l’école depuis plusieurs jours. Il n’a pas évoqué l’infidélité. Son interrogatoire se poursuivait dans la soirée.

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