Hôpital: ces repas qui coûtent des millions sont-ils au goût des patients ?

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Les employés servent un repas approprié et pensé aux patients des hôpitaux publics matin, midi et soir.

Les employés servent un repas approprié et pensé aux patients des hôpitaux publics matin, midi et soir.

Le ministère de la Santé dépense presque de Rs 12 M pour s’approvisionner en bananes, mandarines, oranges et pommes pour une durée de 12 mois. Le contrat a été alloué à la société S.D Farms and Co Ltd, basée à Rivière-du-Poste. Et si les repas des patients hospitalisés coûtent autant, la satisfaction est-elle au menu ? Reportage.

Il est 11h15. Infirmiers, infirmières et maids de l’hopital Victoria, à Candos, font déjà la queue près de la cuisine pour récupérer leurs trolleys pour distribuer de la nourriture aux patients de leurs salles respectives. Le déjeuner est prévu pour midi. Le dîner sera pour 17 heures. Une employée, sous le couvert de l’anonymat, a accepté de nous expliquer comment cela se passe…

Chaque jour, un nouveau menu est au programme, selon elle. Mais il faut que ça soit un repas équilibré. Les patients ont le choix entre de la soupe ou un menu à base de riz ou de pain avec des légumes, des grains, du poulet, du poisson ou des œufs. «Si, pour le déjeuner, il y a du poulet, le soir, c’est le poisson. On varie chaque jour», souligne notre interlocutrice. Le petit-déjeuner, quant à lui, consiste en du pain, du beurre, de la confiture, des œufs bouillis, des céréales, du thé ou du lait.

Dans un endroit, visiblement propre, les chariots sont installés les uns à côté des autres, dans la cuisine. En ce vendredi, il y a des lentilles et du poulet dans les assiettes. Le doux fumet titille les narines de loin. Ceux qui servent à manger doivent être très vigilants car tous les patients ne peuvent pas manger la même chose. «Ce n’est pas comme dans un resto, ils ne choisissent pas, c’est en fonction de leur état de santé.»

Si certains, comme cette femme que nous avons rencontrée sur un banc de l’hôpital, disent que «manzé-la pena disel», c’est parce que cela a été recommandé. Afin de savoir ce qu’il faut donner à chaque patient, tous les soirs, un infirmier ou infirmière de garde lit le dossier et met en place un diet sheet qui sera déposé le lendemain matin à la cuisine.

Les cuisiniers se baseront sur celui-ci pour voir justement et entre autres, si le sel est autorisé ou pas. Les infirmiers qui iront servir à midi ou pour le petit-déjeuner, à huit heures du matin, savent déjà de leurs côtés ce qu’il faut ou ne faut pas donner aux patients. «Nous pran frwi, enn sel fwa pou dézéné servi mé nou bizin fini koné kisannla bizin pa manz banann par exanp. Dipin ousi parey, ena bizin manz dipin brun et pa manz konfitir.»

Puis, ceux et celles qui ne peuvent pas bouger se font servir au lit. Alors que ceux qui y arrivent viennent avec leurs assiettes jusqu’au chariot, un peu comme à la cantine.

Chaque jour, c’est dans la discipline et avec «latet lor zepol» que les employés servent les repas. «Enn zafer bizin fer atansion sa. Ek nous bizin lit avek bann pasian parfwa. Zot pa kapav manz tou zafer me zot téti…» Un autre jeune homme rencontré pendant l’heure de visite dira, quant à lui, qu’il est très satisfait des repas servis. «Li bon, pa kapav dir nanié. Apré pa restoran isi, lopital !»

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