Ferney Trail: Jean-Eddy Lauret apôtre d’un sport simple

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A Maurice, le nom du Réunionnais est associé au Ferney Trail qu’il a remporté à quatre reprises.

A Maurice, le nom du Réunionnais est associé au Ferney Trail qu’il a remporté à quatre reprises.

Le nom du Réunionnais Jean-Eddy Lauret est surtout associé à Maurice au Ferney Trail. En 2016, il avait 37 ans quand il signe sa première victoire sur le tout premier 50 km de l’histoire de ce rendez-vous incontournable du mois de septembre après les succès remportés sur 35 km en 2013, 2014 et 2015. Il est de retour sur 37 km pour cette douzième édition prévue le 7 septembre. Incursion dans l’univers de ce Saint-Joséphois qui a choisi de courir avec humilité.

Jean-Eddy Lauret, 40 ans, est divorcé et père de deux enfants de 17 et 8 ans. Originaire de Saint-Jean Petit, un quartier de Saint-Joseph où il habite toujours, il est comptable conseil et conseiller en patrimoine à CERFRANCE Réunion depuis dix-sept ans. Il découvre le trail lors d’une randonnée à Dos d’Ane en 2007 quand son chemin croise celui des coureurs engagés dans le D-Tour, course de 45 km qui se court dans les hauts de Saint-Denis. «Avant de pratiquer le trail, je faisais beaucoup de randonnée. J’étais animateur de randonnée au Rando Club de Saint-Joseph. C’est lors d’une rando du côté de Dos d’Ane en 2007 que j’ai découvert le trail. Je croise alors les coureurs du DTour, une course de 45 km dans les hauts de Saint-Denis, et je me dis que l’an prochain, je ferai cette course. L’année d’après, j’ai fait la course et je me suis inscrit sur le Grand Raid où j’ai abandonné.»

En 2018, Jean-Eddy Lauret a fêté ses dix ans de course à pied. A cette occasion, il est revenu sur le Grand Raid, mais a dû abandonner sur blessure. En septembre 2017, il avait remporté la Mascareignes (64,6 km – 4566 D+) en 7h50’27. Lui pratique le trail avec deux traits de caractère en éclaireur : la discrétion et l’humilité. «Le trail m’a permis de beaucoup apprendre sur la vie. Il m’a enseigné qu’il faut être persévérant, rigoureux et patient. Les résultats sont au rendez-vous quand on respecte ces valeurs. Il ne faut pas brûler les étapes. Mais le trail m’a surtout appris l’humilité. Face à la nature, on est petit. Dans les sentiers, on est tous égaux, il n’y a pas de clivage social. Et dans les sentiers, il n’y a pas de plus fort ou moins fort.»

Un sport simple

Jean-Eddy Lauret aurait «aimé que toute la famille soit aussi des pratiquants». «Pour les entraînements et l’éloignement occasionné lors des sorties, c’aurait été bien. Mais à sa façon, ma famille pratique car elle est toujours derrière moi sur les courses. Après, j’ai mon petit garçon qui aime courir et avec ma fille, on court en relais en famille sur le Relais de la Liberté organisé par mon club, le COSPI.»

Jean-Eddy Lauret est licencié au sein de ce club de Petite Ile depuis 2010. «C’est grâce au suivi du COSPI et de Jean-Jacques Prianon que j’ai pu progresser. Depuis 2018, je suis dans le Team MUTA SOLAIRE et là aussi, sans le soutien de mon team, ce serait compliqué d’évoluer et de vivre ma passion.»

Elle se résume en quelques mots : recherche de performance mais dans la simplicité. «Ce sport nature a permis de «démocratiser» et tourner les gens vers les sentiers, la montagne, la nature. Auparavant, quand j’animais des randonnées, je ne voyais pas beaucoup de créoles dans les sentiers. Aujourd’hui, le trail a permis au Réunionnais de découvrir des sentiers. Je vois la même chose à Maurice sur le Ferney Trail.»

La découverte des sentiers, de la randonnée et de la marche est le point de départ de cette aventure qui se nomme trail. «Quel que soit son niveau, et même si on est tous, quelque part, en recherche de performance – d’ailleurs quand on s’inscrit sur une course, on est bien en compétition –, la recherche de performance personnelle est normale. Maintenant, le trail doit rester un sport simple, accessible à tous, un sport «bien-être» avec des règles simples.»

Se connaître 

Pour Jean-Eddy Lauret, elles s’énumèrent ainsi : «Les pratiquants doivent apprendre à connaître la montagne et se connaître avant de faire du trail. Il faut apprendre à marcher et découvrir les sentiers avant de courir.» Et d’ajouter : «Les organisateurs de courses doivent aussi trouver un bon équilibre dans les règlements de course entre les pratiquants occasionnels et/ou qui débutent et les pratiquants qui s’entraînent cinq à six fois par semaine. Il faut de la rigueur pas du «rigorisme».»

Le trail a la particularité de réunir tous les niveaux sur une même course. «Avec le trail, on a de la chance. Sur une même course, on peut être dans la mêlée avec les meilleurs mondiaux. Dans d’autres sports, le football par exemple, le match et la pelouse sont réservés à l’équipe élite. Les autres joueurs pratiquants ne peuvent pas participer et regardent la rencontre des gradins ou à la télé.»

Il n’ira pas jusqu’à dire pour autant que le trail est devenu phénomène de société à la Réunion. «Je ne dirai pas que c’est un phénomène de société. Les gens qui pratiquent continueront à pratiquer. Que ce soit en compétition ou pour le plaisir. Ce n’est pas un effet de mode, une pratique éphémère. A Maurice comme à la Réunion, je pense que c’est un moyen de rester en bonne santé et de découvrir son île, penser à autre chose que boulot, dodo. C’est aussi un bon vecteur de promotion des îles et du tourisme. Le trail permet de développer les économies et l’emploi.»

Championnats de France 2018

Lui essaie de trouver le bon équilibre entre travail, famille et entraînement. Il est contre tout excès. «Aujourd’hui, quand je prépare une compétition, je respecte le plan d’entraînement que Jean- Jacques Prianon me donne. Avec mon expérience, il m’arrive parfois de le moduler un peu mais je sais qu’il ne faut pas être boulimique d’entraînement. On n’est pas des professionnels. Il ne faut pas s’entraîner trop, même à la blessure. Il est important de trouver un bon équilibre entre le travail, la famille et les entraînements. Les trois pôles doivent être équilibrés. Sans cet équilibre, on fera des contre-performances et on ne sera pas épanoui.»

Jean-Eddy Lauret considérait le trail comme un mode de vie jusqu’à récemment. Aujourd’hui, il relativise. «C’est ce que je me disais encore il y a un an, deux ans. Aujourd’hui, non, je me dis que c’est une passion, un exutoire pour oublier boulot et tracas quotidiens. Mais je ne vis et je ne pense pas trail constamment. Je ne me lève plus aujourd’hui en pensant trail. La compétition ne me manque pas. En revanche, bouger et respirer en nature, si je ne le fais pas, ça me manque.»

Comme beaucoup de jeunes, il a joué au foot jusqu’à 11-12 ans. L’année où il a arrêté le foot au sein de Papyrus, club de Saint-Jean Petit, ses anciens coéquipiers ont remporté la coupe dans leur catégorie et leur région. Il a touché un peu au handball quand il était étudiant. «Je n’étais pas très bon mais on me disait que j’avais le mérite d’être fair-play.» En 2018, Jean-Eddy Lauret s’est concentré sur les championnats de France de trail long et y a pris une 47e place. «Je n’ai pas pu participer au championnat de France cette année et ce, pour des raisons familiales.»

Ce qui est sûr, c’est qu’il ne sera pas de toutes les courses. «Non, je ne me mets pas dans toutes les courses. Je ne me fixe plus d’objectif en début de saison. Je prends un p’tit peu les courses comme elles viennent et quand je m’arrête sur une, je me donne les moyens. Mais il est arrivé que le calendrier fasse que j’enchaîne sur des courses à 15- 20 jours d’intervalle. En 2016, j’ai fait La Mascareignes, le Trail de Rodrigues et le Ferney Trail. Il m’a fallu deux à trois mois pour m’en remettre !»

On le revoit cette année sur le Ferney Trail qu’il est triste d’avoir manqué en 2017 «pour des raisons professionnelles et pour cause de championnat de France». «Je n’ai pas pu défendre mon titre. C’est une grande déception pour moi de n’avoir pu venir à Maurice.» Le trail, comme il le dit si bien, doit rester un sport simple.

Les principaux résultats de Jean-Eddy Lauret

Arc-en-Ciel 2013 : 1er
Ferney Trail : 1er en 2013, 2014, 2015 et 2016
La Mascareignes 2013, 2015 et 2017 : 1er
La Mascareignes 2016 : 2e
D-Tour 45 km 2015 et 2017 : 1er
Trail de Rodriques 2016 : 1er
6000 D en métropole en 2015 : 9e
Trail du Colorado : 1er en 2016. Champion de la Réunion de trail court
Championnat de France de trail court 2016 : 21e
Semi Transrun 2015 : 1er
D-Tour 45 km 2019 : 2e
Verticale des Remparts 2019 : 1er

Le programme

Samedi 7 septembre : Départs et arrivées près de l’ancienne usine de Ferney
Allsport 37 km (1 900 m D+) : départ 5h30. 116 participants. Compte pour le format long de la Ligue de trail
Bank One 20 km (1 150 m D+) : départ 7h30. 429 participants. Compte pour le format long de la Ligue de trail
Nando’s 10 km (245 m D+) : départ 8h30. 1 583 participants. Compte pour le format court de la Ligue de trail
Nando’s 8 km Fun Run (200 m D+) : départ 9h. 830 participants (course non-chronométrée)
Sun Kids 4 km : départ 10h30. 431 participants

Jean-Eddy Lauret sur les sentiers du Trail des Anglais le 26 février 2017.

Le Sun Kids Club des hôtels Sun Resorts s’installe à Ferney

Le Sun Kids Club pose une fois de plus ses bagages à la Vallée de Ferney à l’occasion du Ferney Trail. Grâce à cette initiative de «Sun Resorts», un «Kids Club» sera créé au milieu des arbres pour les enfants âgés de 4 à 11 ans. L’accès est gratuit pour tous les enfants participant à la course ou dont les parents sont inscrits dans une des quatre courses de la journée. Ce lieu de rencontre et de convivialité accueille les enfants dès 5 heures et ce jusqu’à 15 heures. Ils sont pris en charge par le personnel qualifié et expérimenté de «Sun Resorts». Au programme, une liste d’activités comprenant entre autres : tatouages au henné, ateliers nature, maquillage et château gonflable. Un déjeuner sera aussi offert aux enfants. Les inscriptions se font sur place le jour de l’événement. Quant à la course de 4 km réservée aux enfants, la «Sun Kids Race», elle est sponsorisée par «Sun Resorts». Une remise des prix aura lieu en fin de journée avec plein de surprises et de cadeaux pour les gagnants.

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