Kiran Bhujun: «Les polémiques sont l’oeuvre d’un petit groupe…»

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Kiran Bhujun, ex-Officer-in-Charge de l’université de Technologie.

Kiran Bhujun, ex-Officer-in-Charge de l’université de Technologie.  

Le directeur de l’enseignement supérieur à l’Éducation a été à la tête de l’UTM pendant 13 mois. Il passe désormais le relais et fait le bilan de sa gestion.

L’université de Technologie (UTM) a un nouveau directeur depuis lundi. Pourquoi le choix s’est-il porté sur un étranger ?
Quand il y a un appel à candidatures, le critère de sélection n’est pas la nationalité des postulants, mais plutôt les qualités de ces derniers, trouver la personne qui pourrait mener à bien les responsabilités du job, et ce qu’elle va pouvoir apporter de plus à l’institution à ce moment spécifique de son développement. Cela a été dit plusieurs fois dans des communiqués de presse : la sélection a été faite par un panel relevé et ce panel a tranché en faveur d’un candidat, indépendamment qu’il soit Mauricien ou étranger.

Des candidats mauriciens n’ont-ils pas les compétences recherchées pour ce poste ?
Encore une fois, cela n’est pas une question de non-compétences des postulants mauriciens. La notice pour le poste était sur le site Web de l’université, donc accessible au monde entier. Et l’université a en effet reçu des demandes venant de plusieurs pays, notamment de Mauriciens d’ici et d’ailleurs, ainsi que des étrangers. Et comme vous le savez, une sélection se termine toujours avec un heureux élu et de nombreux non-sélectionnés. C’est la règle d’un tel processus et, dans ce cas, c’est le Dr. Keith Robert Thomas qui a été choisi. Je suis sûr qu’il va apporter un souffle nouveau à l’UTM.

Après le départ de l’ex-directrice Sharmila Seetulsingh-Goorah, vous avez été dépêché par le ministère de l’Éducation à l’UTM, pour assurer l’intérim. Dans quelles conditions se trouvait l’université à l’époque ?
Après la fin du contrat de l’ex-directrice, j’ai été temporairement transféré du ministère à l’UTM, pour assumer le rôle d’Officer-in-Charge (OIC), en attendant qu’un nouveau directeur général soit en poste. L’UTM d’alors s’apprêtait à devenir un chantier, avec des appels d’offres ayant déjà été lancés par la précédente direction. Vous vous souvenez sans doute que l’institution a fait l’objet de deux Private Notice Questions au Parlement et que des mesures avaient entre-temps été prises par le ministère de tutelle et la direction pour améliorer l’infrastructure de l’université. Je pense que je suis arrivé à un moment propice pour apporter la détermination voulue, car un mois après mon arrivée, la direction a obtenu l’approbation du nouveau conseil d’administration pour l’octroi de 4-5 projets, tous ayant trait à l’infrastructure de l’université.

Les polémiques sont légion à l’UTM. Les choses ont-elles change aujourd’hui ?
Je ne suis pas d’accord. La majorité des employés de l’UTM sont dévoués à leur boulot et ont conscience de leur devoir vis-à-vis de l’institution. Les «polémiques à l’UTM» comme vous le dites sont l’oeuvre d’un petit groupe de personnes, qui font du bruit, répètent les mêmes choses dans tous les médias et font croire que l’institution va mal. Je peux vous dire qu’en interne, ces personnes ont été rappelées à l’ordre par leurs collègues. Par élégance, cela s’est fait en interne et pas en le criant sur tous les toits, comme le fait d’habitude ce groupuscule.

Tout directeur et tout conseil d’administration qui se respectent veulent en premier lieu s’assurer que les procédures établies ont été scrupuleusement respectées. Il ne faut pas se leurrer là-dessus et croire ou publier toutes les choses qui se disent. Et cela a été de même à l’UTM. J’ai été l’OIC pendant 13 mois, et je peux vous assurer que les instructions du Board et les procédures ont toujours été respectées. L’UTM d’aujourd’hui a un personnel plus averti et qui sait aussi qu’il y aura toujours des toutous qui aboieront quand passe la caravane du progrès.

Comment avez-vous fait pour redorer le blason de l’UTM ?
Robin Sharma a dit : «The key to winning is beginning». L’UTM avait déjà le personnel pour réussir, et d’autres se sont joints à l’équipe pour l’améliorer davantage. Je l’ai dit plusieurs fois d’ailleurs, l’université ne peut ni ne doit se dire «nous sommes second best et il faut s’y faire». Il faut au contraire se donner l’ambition et les moyens de s’améliorer et d’être parmi les meilleurs dans le contexte de l’éducation supérieure. Ce dont l’institution avait besoin était la collaboration de tous, un plan d’action solide, des décisions réfléchies mais prises rapidement et de l’assiduité dans le suivi des responsabilités distribuées. J’ai eu la chance d’avoir une équipe dynamique, qui voulait changer la perception sur l’UTM. Le blason, c’est le personnel et les étudiants qui l’ont redoré, en collaborant avec le management pour réussir les nombreux challenges que nous nous sommes fixés.

Quel bilan faites-vous de ces 13 mois passés à l’UTM ?
Je me souviens de ma mission, quand on m’a envoyé à l’UTM. Elle était simple : «Remets le train sur les rails et après tu reviens». En toute humilité, je pense que le train de l’UTM est bel et bien de retour sur les rails. Le nombre de résultats et les accomplissements des 13 derniers mois (juillet 2018–août 2019) parlent d’euxmêmes (NdlR : la liste est sur le site Web de l’UTM). Quelques exemples : l’introduction de nouvelles stratégies pour améliorer l’opération de l’institution, 24 des 29 recommandations du rapport de la Tertiary Education Commission ont déjà été mises en pratique ; les étudiants reçoivent maintenant leurs diplômes le jour même de la cérémonie qui y est consacrée, des promotions ont été faites alors que pour d’autres postes, des recrutements ont été complétés.

L’UTM a signé un accord de partenariat avec Murdoch University pour des cours conjoints en management, la finance, le business et le tourisme. L’étudiant de l’UTM va ainsi pouvoir compléter son diplôme en Australie. Ceci est une opportunité pour mieux faire le marketing de l’UTM et accueillir encore plus d’étudiants étrangers. Je suis aussi satisfait de la collaboration avec le personnel et la Students’ Union, comme deux des parties prenantes importantes de l’UTM. Je quitte donc l’UTM plus que satisfait et fier du travail colossal accompli.

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