Le pape auprès des malades du sida du Mozambique

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Le pape François a rarement abordé le sujet de l'usage des préservatifs pour combattre la transmission de la maladie, un sujet explosif pour son prédécesseur Benoît XVI. 

Le pape François a rarement abordé le sujet de l'usage des préservatifs pour combattre la transmission de la maladie, un sujet explosif pour son prédécesseur Benoît XVI. 

Le pape est attendu vendredi dans un centre de soins pour les malades du sida, dans la capitale du Mozambique très touchée par ce fléau, juste avant de faire ses adieux au pays au cours d'une messe dans un stade.

Le sujet de la prévention des maladies sexuellement transmissibles demeure un terrain miné pour l’Église catholique, tout particulièrement pour les papes en visite en Afrique.

Le pape François a rarement abordé le sujet de l'usage des préservatifs pour combattre la transmission de la maladie, un sujet explosif pour son prédécesseur Benoît XVI. 

Jorge Bergoglio, qui se rend très souvent dans des hôpitaux auprès de malades, devrait se contenter de paroles de soutien.

L’église catholique reste opposée à toute forme de contraception, tandis que le pape argentin juge que «les rapports sexuels doivent être ouverts à la vie».

Selon Onusida, 2,2 millions de personnes -dont 60% de femmes- étaient toutefois séropositives en 2018 au Mozambique (27 millions d'habitants), dont 150.000 personnes nouvellement infectées. 

L'an dernier 54.000 Mozambicains sont décédés des suites de la maladie du sida. Onusida relève en outre que seulement 30% des 15-24 ans infectés connaissent les façons de prévenir la transmission du virus VIH.

Fin novembre 2016, le pape François avait appelé à un «comportement responsable» pour lutter contre la propagation du sida, sans toutefois préciser si cela englobait l'usage de préservatifs.

Un an plus tôt, dans l'avion qui le ramenait à Rome d'une première tournée en Afrique subsaharienne, le pape François avait reconnu «une perplexité» de l'Eglise sur la question de l'utilisation du préservatif pour lutter contre le sida. Estimant que c'était «une des méthodes» mais que l'Afrique avait «des blessures plus grandes» comme le manque d'eau et de nourriture.

Sur le terrain cependant, certains dispensaires catholiques n'interdisent pas, discrètement, l'usage des préservatifs en cas d'urgence.

Jeudi matin, François passera moins d'une heure dans l'hôpital flambant neuf de Zimpeto, quartier périphérique surpeuplé du nord de la capitale. La situation est particulièrement critique à Maputo où la prévalence du virus concerne 23% de la population adulte.

Dream

Le complexe inauguré à l'été 2018 qui comprend un laboratoire de biologie moléculaire dernier cri et héberge un programme destiné aux personnes séropositives ou atteintes du Sida, notamment des femmes enceintes.

Ce programme baptisé «Dream» a été lancé en 2002 au Mozambique par la communauté catholique italienne de Sant'Egidio, très proche du Vatican, qui dispose désormais de 13 centres sanitaires de proximité dans villes et villages.

«Dream», né d'une révolte face à l'abandon des malades du sida en Afrique, est présent aujourd'hui dans 11 pays africains et se targue d'avoir soigné 500.000 malades et mis au monde 130.000 enfants sains de mères séropositives.

François, coutumier des visites dans des hôpitaux, fera un bref salut à la coordinatrice du projet, avant de se rendre au chevet d'une vingtaine de patients. 

Benoît XVI avait soulevé une tempête mondiale par ses propos contre l'usage du préservatif, lors de son premier séjour en Afrique en 2009.

«On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème», avait-il soutenu.

Mais dans un livre paru en 2010, le pape allemand avait ensuite admis l'utilisation du préservatif «dans certains cas», «quand l'intention est de réduire le risque de contamination», en citant seulement le cas de figure d'un prostitué.

Le Vatican avait ensuite pris le soin d'insister sur le caractère «exceptionnel» de l'utilisation du préservatif, précisant que le pape ne justifiait aucunement l'exercice désordonné de la sexualité.

Les propos rectificatifs du pape allemand avaient été très bien accueillis à travers le monde. Le secrétaire général de l'ONU les avait jugés «bienvenus» et «réalistes», tandis que des militants anti-sida avaient estimé qu'une «brèche est ouverte».

Après sa visite à l'hôpital, le pape célébrera la messe dans le stade de Zimpeto qui peut accueillir 42.000 personnes, venant de tout le pays malgré leurs faibles moyens. Puis il s'envolera en milieu de journée pour la deuxième étape de son voyage, la grande île de Madagascar, sur l'Océan indien.

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