Diksioner Morisien: «royos» et «serti» font leur entrée

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Le Diksioner Morisien fête ses 10 ans. L’ancienne édition comprenait 17 000 entrées.

Le Diksioner Morisien fête ses 10 ans. L’ancienne édition comprenait 17 000 entrées. 

La troisième édition du Diksioner Morisien, qui a dix ans, paraîtra très prochainement. Elle comprend 2 500 mots et 200 pages de plus. Comme «vegan» et le verbe «google».

Enn nouvo lizour. C’est ce qui attend le Diksioner Morisien dont la troisième édition sera bientôt lancée. Ce qui change : cette édition du Diksioner Morisien est plus épaisse de 200 pages. Ce qui représente «autour de 2 500 nouvelles entrées», indique Arnaud Carpooran, l’auteur du dictionnaire. D’une édition à l’autre, le contenu passe de «17 000 entrées à environ 19 500 entrées».

Plusieurs catégories de nouveaux mots font leur apparition. Des termes «administratifs», expliquent Arnaud Carpooran, autant que des termes «bien banals, mais qui ne figuraient pas dans les précédentes éditions». Ironique, il souligne : «Même le mot ‘mo’ n’y était pas.» Une absence que vient combler la troisième édition.

Autre mot incontournable qui entre dans le dictionnaire : «serti». À ce propos, Arnaud Carpooran raconte une anecdote. Celle d’un habitant de Chamarel qui l’a félicité après la sortie de l’une des précédentes éditions. Une personne qui, bien que ne sachant pas lire, «m’a demandé si le mot ‘serti’ était dans le dictionnaire».

L’auteur vérifie et répond que non. Réaction de l’habitant : «Ki serti ena enn diksioner si pena ‘serti’»? Autres mots «obligés» : «royos» ou encore «vegan» et «google» utilisé comme un verbe en kreol comme dans la phrase, «google sa enn kou». Arnaud Carpooran ajoute qu’il faut «10 % de modifications» pour motiver une nouvelle sortie.

Cette troisième édition marque les 10 ans du Diksioner Morisien (2009-2019). L’occasion, selon Arnaud Carpooran, de rendre hommage aux «quelque 500 étudiants qui ont contribué au dictionnaire en dix ans». Il s’agit principalement d’étudiants en BA (Hons) French et M.A French (linguistique). Ce dictionnaire s’est aussi révélé être un «succès inattendu» en librairie. La première édition a été épuisée en cinq mois. Quant à la deuxième édition – publiée par les Éditions le Printemps – elle est en rupture de stock «depuis cinq mois». Arnaud Carpooran affirme : «Il y a une demande énorme. C’est un document qui ne laisse pas le Mauricien indifférent.»

Le lancement verra aussi la réactivation de l’Akademi Kreol Repiblik Moris. Ce qui répond à une demande formulée par Arnaud Carpooran depuis «cinq-six ans». 

Principal objectif de cette institution présidée par Om Varma, directeur du Mauritius Institute of Education : «Envisager le kreol comme la langue nationale officielle.» Si «l’anglais est de facto langue nationale même si ce n’est pas inscrit dans un texte de loi, nous franchissons une étape décisive pour le kreol».

Et puis, avant même la sortie officielle de la troisième édition du «Diksioner Morisien», une erreur a été signalée en ligne. Pour le mot «Canada», la traduction en français est donnée comme étant «Cambodge». Arnaud Carpooran, qui explique qu’un étudiant avait déjà attiré son attention à ce sujet, dit simplement : «Pa kapav fer nanyé. C’est une erreur qui s’est produite quand quelqu’un a ‘copy-paste’. Il y a plus d’une centaine de personnes qui ont travaillé dessus. Cela nous a échappé. Il faut l’accepter.»

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