Gérard Telot: «À Maurice, il y a un manque d’éducation musicale»

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Gérard Telot, violoniste et ex-président de la MASA.

Gérard Telot, violoniste et ex-président de la MASA.

Gérard Telot, violoniste professionnel et professeur de musique, est un passionné actif. Il préfère se taire sur son âge. «Un artiste n’a pas d’âge. On ne devrait pas non plus parler de ses activités comme une carrière. Pour moi, la musique est une passion.»

Le professeur de musique qui a exercé à l’étranger pendant un peu plus de 40 ans n’avait pas coupé le pont avec le pays natal. «Je revenais chaque année», confie-t-il. Puis, en 1987, il décide d’y rester car les autorités de l’époque avaient fait appel à ses compétences dans le cadre de la création du Conservatoire de musique.

Gérard Telot est par la suite reparti, avant de rentrer définitivement au début des années 2000. Il se met à nouveau au service du pays, tout en continuant à pratiquer son art. Il est tour à tour président du conseil d’administration de la Mauritius Society of Authors (MASA) et membre de l’Independent Broadcasting Authority.

Cependant, notre interlocuteur, qui ne fait plus partie des organismes publics, trouve qu’il reste beaucoup à faire pour amener les jeunes à découvrir et à aimer la musique, classique surtout. «À Maurice, il y a un manque d’éducation musicale.» Notre interlocuteur dit ne pas comprendre que l’on n’initie pas les enfants à l’art musical dès le cycle primaire.

De l’avis du violoniste professionnel, l’éducation musicale permet à l’enfant d’acquérir d’autres qualités comme l’écoute, la discipline, la persévérance et le sens du travail collectif. Il s’étonne également qu’un peu plus de 30 ans après la création du Conservatoire de musique, Maurice n’a toujours pas d’orchestre national.

Quand on évoque la construction des salles de concert et la rénovation des théâtres de Port-Louis et de Rose-Hill, le musicien esquisse un sourire. «On est en train de créer des écrins sans jamais se soucier de trouver le diamant qu’on y mettra.»

Que faire dans ce cas ? «Il faudra revoir tout le système. Les parents doivent comprendre que ce n’est pas seulement dans la médecine, le droit et l’expertise-comptable qu’on peut faire carrière», déclare notre interlocuteur. Il estime qu’il y a bien d’autres métiers qui permettent l’épanouissement d’une personne et lui procure de la satisfaction professionnelle. Celui de musicien en est un.

L’artiste, lui, avait trouvé sa voie, très jeune. Il raconte : «J’avais six ans, ma mère et moi nous marchions dans un quartier résidentiel de Port-Louis pour aller rendre visite à des proches. À un moment, en passant devant une maison, j’ai été subjugué par une musique.» Alors, la mère explique à son fils qu’il entendait là le son d’un violon. «Je me suis dit que c’est de cet instrument que je jouerai.»

Et comble de bonheur pour l’enfant de Highlands. Un après-midi, en rentrant de l’école, il trouve un violon dans sa chambre. Les parents de Gérard avaient offert à ce dernier l’instrument désiré et l’avaient inscrit à un cours de musique.

Parallèlement à ses études primaires et secondaires, Gérard Telot passe les examens des différents grades de la Royal School of Music. Puis, pour les études supérieures, le jeune Mauricien est admis au très sélectif Royal College of Music, à Londres. Par la suite, notre compatriote ira parfaire ses connaissances musicales aux États-Unis.

Le musicien mauricien a exercé dans des orchestres aux États-Unis, avant de regagner l’Europe. Il passe plusieurs années au sein de la London Symphony Orchestra. Il se produit également à Paris et dans d’autres grandes villes. Il enseigne aussi.

Aujourd’hui, Gérard Telot alterne cours et concert de temps à autre. Il inscrit ses activités de professeur de musique dans une démarche de transmission. «Il faut savoir assurer la continuité», dit-il.

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