Rodrigues: Serge Clair risque de perdre la majorité

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Une marée blanche avait déferlé sur Rodrigues le 13 février 2017, jour de la victoire de l’OPR.

Une marée blanche avait déferlé sur Rodrigues le 13 février 2017, jour de la victoire de l’OPR.

Il n’y a pas qu’à Maurice que la politique domine l’actualité. Selon diverses sources en provenance de Rodrigues, le leader de l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR), Serge Clair, a tenu une réunion ce jeudi 29 août à Mont-Lubin pour désamorcer la crise que traverse son parti depuis mardi. S’il échoue, il risque de perdre sa majorité à l’Assemblée régionale.

En effet, les Rodriguais surveillent les agissements de Marie Roxana Collet et de Jean Noël Nemours, deux élus de l’OPR qui menacent de quitter leur parti. L’origine de leur mécontentement est une promesse que leur leader leur aurait faite au lendemain de la victoire du 13 février 2017. De leur côté, une décision de ces deux membres de l’Assemblée régionale est attendue aujourd’hui.

Marie Roxana Collet et Jean Noël Nemours sont élus dans la région 2, Maréchal, considérée comme un fief du Mouvement rodriguais (MR) de Nicolas Von-Mally. Ils n’ont pas été nommés commissaires, mais Serge Clair leur aurait promis un remaniement à mi-mandat pour les nommer chacun à la tête d’une commission.

D’après une source proche des deux protagonistes, ils subissent la pression de leurs mandants depuis le début d’année. «Ils peinent à réaliser des projets dans la région 2. De plus, les électeurs leur demandent pour quelle raison ils n’ont pas encore été nommés commissaires. C’est pour cela qu’ils ont décidé d’agir», déclare-t-elle.

Tractations

Il nous revient que les deux élus étaient sur le point de dé- missionner mardi, mais des cadres de l’Assemblée régionale les ont convaincus de ne pas concrétiser leur projet en refusant de prendre leur lettre. Depuis, il y a des tractations entre les deux élus et des membres de l’OPR. De leur côté, Marie Roxana Collet et Jean Noël Nemours ont tenu des consultations avec leurs collaborateurs hier. Dans un premier temps, ils voulaient démissionner comme élus régionaux, mais ils songent désormais à abandonner le parti au symbole «bougie».

S’ils claquent la porte pour siéger au sein de l’opposition, Serge Clair risque de perdre la majorité. En effet, ils sont actuellement dix membres de l’OPR à l’Assemblée régionale de Rodrigues contre sept élus du MR. S’ils s’allient à Nicolas Von-Mally, celui-ci pourra prendre les rênes du gouvernement. D’ailleurs, il n’est pas indifférent à cette éventualité. «Il ne faut pas brûler les étapes. Attendons leur décision. En tout cas, ce sont des éléments valables», indique-t-il.

Du côté du Front patriotique rodriguais écologique, le leader, Johnson Roussety, a tenu une conférence de presse hier, demandant aux deux élus de rejoindre le MR et affirmant qu’il est prêt à aider. «Je pense qu’il faut renverser ce gouvernement en utilisant les moyens démocratiques. Les deux élus doivent rejoindre l’opposition», soutient-il. Un cadre de l’OPR nie, lui, qu’il y a une crise au sein de son parti.

Toutefois, il ne faut pas croire que Serge Clair se laissera faire. Il s’était retrouvé dans une situation similaire en 2006. Mais au lieu de se retrouver dans l’opposition, les membres de l’OPR avaient démissionné en bloc, provoquant des élections anticipées.

Un système proportionnel jugé inapproprié

Après la proclamation des résultats en 2017, Serge Clair avait dénoncé le système proportionnel en place à Rodrigues. Son parti avait raflé dix sièges contre deux au MR sous le système «First Past the Post». Cependant, lors du calcul pour les élus selon le système proportionnel, l’OPR n’avait rien eu alors que le MR avait obtenu cinq membres. Du coup, l’écart de sièges entre l’OPR et le MR avait été réduit drastiquement.

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