Sébastopol: Peerbux Habib, «marsan balyé»

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Habib Peerbux fabrique des «balyé fatak» avec une facilité déconcertante.

Habib Peerbux fabrique des «balyé fatak» avec une facilité déconcertante.

Habib Peerbux de Sébastopol a 68 ans. Pourtant il n’envisage même pas de prendre sa retraite. Il aime se sentir utile, être actif. Cela fait cinq ans qu’il fabrique des balais. Chez les  Peerbux, le balai, c’est une affaire de famille. Tout comme la culture de «fatak». «Mo éna 26 pers plantasion.»

Il a été laboureur depuis qu’il était enfant. Il s’activait dans des champs plantés en légumes, en canne à sucre et maintenant en «balyé fatak». «Je ne prends pas de commandes de marchands puisque ces derniers vendront les balais plus cher par la suite. Je fais tout moi-même, je les fabrique et je vais les vendre dans toute l’île. Je le fais par autobus», raconte notre interlocuteur.

Ce métier ancien, ajoute-t-il, mérite non seulement d’être connu mais aussi d’être préservé et transmis aux jeunes. Parce qu’outre le fait d’enlever rapidement la poussière et les saletés, le balai élimine tout ce qui est jugé inutile, dépassé. Il a aussi d’autres utilisations.

«En effet», confie Habib Peerbux sur le ton de la confidence, «dans certaines maisons mauriciennes, on place le balai de sorte à bloquer la porte d’entrée après le coucher du soleil. À la nuit tombée, les esprits rôdent et le balai agit comme le protecteur de la maison contre l’incursion de mauvais esprits en maraude», dit-il en rappelant la croyance populaire.

Superstitions

«Par ailleurs, s’il y a un nouveauné dans la maison, on placera le balai en travers de la porte de sa chambre à coucher, les bébés étant particulièrement vulnérables aux attaques des «movezer».» Et pourquoi conseille-t- on aussi de ne jamais balayer les pieds d’une personne ? «C’est parce que ce faisant, elle court le risque de ne pas se marier. Donc, il faut faire très attention à ne balayer les pieds des gens !»

La représentation de la sorcière volant sur son balai est entrée dans la culture populaire – grâce aux petit et grand écrans, en passant par la bande dessinée –, mais l’origine du balai lui-même est en réalité très ancienne. Et il y en a de plusieurs types également, dont le balai coco.

Les cendres du réchaud à charbon ou du foyer de la cuisine à l’extérieur et les saletés de la cour ont été enlevés de la maison en utilisant cet outil confectionné avec des branches et des broussailles pendant des siècles.

Des herbes indigènes séchées étaient regroupées, souvent tissées ou liées étroitement avec de la laine ou du tissu pour les maintenir ensemble. Des habitants ont aussi utilisé le foin et d’autres herbes pour leurs longues tiges, comme des branches du cocotier comme balai, entre autres.

Cet outil fait main balaie encore de nos jours la cabine d’autobus et des foyers permettant ainsi de rendre ces espaces plus agréables.

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