Secteur canin: ces métiers qui ont du chien

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Martine Smith bichonne les toutous à partir de Rs 400 dans son salon, à Calodyne.

Martine Smith bichonne les toutous à partir de Rs 400 dans son salon, à Calodyne. 

Elle fait dans du… «Woof N Wash»… mais pas que ! Passionnée des animaux, Martine Smith, qui voulait être vétérinaire au départ, a plutôt bondi sur le «grooming». De 2012 à 2013, elle étudie en Australie puis rentre au bercail. En quelques coups de pattes, elle monte son salon à Calodyne. «Nous nous occupons d’une dizaine de chiens de toutes races par jour en proposant plusieurs soins», confie-t-elle. Au programme donc pour ces animaux : shampooings, coupe, brushing, nettoyage des oreilles, yeux et dents etc. Et si les maîtres partent en voyage, Martine Smith les met sous bonne garde. En effet, elle fait aussi du «dog-sitting». 

Combien coûte donc tout ce bichonnage ? À partir de Rs 400 pour les soins et Rs 300 pour la garde des chiens par jour. Selon elle, le secteur des animaux est loin d’avoir une vie de chien. En effet, les produits et services se sont diversifiés et multipliés. «Quand j’ai commencé Woof N Wash, on était juste deux dans ce domaine. Aujourd’hui, les prestataires sont bien plus nombreux.» En effet, plusieurs centres de toilettage ont vu le jour, renforçant la compétition, un élément qui n’arrange pas les affaires des spécialistes du toutou. 

«C’est plus difficile de vendre un chien aujourd’hui. Des individus le font au privé. Après 15 ans, je ne me vois pas aller prendre une pioche et faire autre chose», confie Rouben Armugan, directeur du Domaine de Corps de Garde. Se destinant à l’élevage des chiens de race, il assure aussi un service de transport. Il s’occupe actuellement d’une cinquantaine de chiens issus de six races dont les plus récentes incluent le bulldog français, l’english massif, etc. Selon lui, ce métier ne connaît ni week-end, ni jour férié et encore moins la pluie et le beau temps. 

Quoiqu’il advienne, il faut assurer dès le petit jour : on les sort, on leur donne leur bain, nourriture et surtout plein d’affection. Ces derniers peuvent alors être visités par le public puis achetés. Et quand leur propriétaire est de sortie, pour une prière ou un événement, Rouben Armugan leur ouvre ses portes pour le service de garderie. Alors combien faut-il débourser pour une telle boule de poils ? Rs 25 000 à monter, répond notre interlocuteur. Certaines races sont à Rs 100 000. 

Le business a donc du chien ? «Oui, c’est profitable mais on l’exerce d’abord par passion. Puis, il faut proposer des plus pour se démarquer. Dans notre cas, on a une baignoire électrique qui s’adapte au chien entre autres équipements», confie Martine Smith. Pour sa part, Rouben Armugan affirme que bien qu’il ait la dent dure, le secteur pose plusieurs défis : «Par exemple, la nourriture est plus chère. À Maurice, les chiens souffrent souvent de gastro entérite et certains en meurent. Plusieurs éleveurs ont dû cesser leur activité. Même si on empoche une vente, il y a de gros frais». 

Du côté des supermarchés, la situation est plus optimiste. Les rayons animalerie pullulent et s’achalandent régulièrement de produits pour chiens. D’après Andrew Sin, d’Intermart, les gammes variées du fournisseur renforcent l’offre aux consommateurs. «Le secteur des animaux évolue. On arrive à amener un éventail de choix.» En effet, celui-ci comprend divers types d’aliments dont des croquettes, terrines, mousses, pâtés, bâtonnets à mâcher, jouets, vêtements entre autres. D’après lui, les importations ne constituent pas de gros volumes mais plus des petites quantités. Les aliments sont principalement acheminés d’Europe tandis que les accessoires sont fabriqués en Chine aux normes européennes. 

Idem pour une autre enseigne qui a vite dû créer un rayon animalerie. «Les Mauriciens sont plus attachés aux animaux aujourd’hui. Ils en prennent soin comme s’il s’agissait de leurs enfants. Plusieurs propriétaires leur achètent même des vêtements surtout pendant le froid», indique une source. Ses ventes ont augmenté très rapidement, surtout pour les jouets et aliments. Certes, un marché qui sortira encore plus de sa niche. 


En chiffres 

246 000 : tel est le taux de la population canine à Maurice. Selon ce recensement de 2013, ce chiffre inclut 60,000 chiens errants et ceux qui traînent les rues alors qu’ils disposent de propriétaires. C’est ce que nous affirme une source de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW). Pour marquer la Journée mondiale dédiée aux chiens, cette association organise une journée d’adoption à son siège à Rose-Hill. Les chiens laissés à l’abandon pourront ainsi trouver preneurs. 

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