Éducation: le MITD secoué par de nouvelles dénonciations

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La MITD est encore une fois secouée par des plaintes.

La MITD est encore une fois secouée par des plaintes.

Et c’est reparti. Après les plaintes des élèves et des manifestations pacifiques dans l’enceinte du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) à Phoenix, la plateforme syndicale de l’établissement prépare une nouvelle manif. Les membres se disent excédés par les conditions dans lesquelles les professeurs et les élèves du secteur Technical and Vocational Education and Training (TVET) travaillent et ce depuis dix ans. Alors que Pradeep Joosery, directeur du MITD, avance, de son côté, que ces allégations sont sans fondement.

Cela fait dix ans depuis que l’Industrial and Vocational Training Board (IVTB) a évolué en MITD. Des an- nées pendant lesquelles la plateforme syndicale, les enseignants et les élèves se sont plaints à maintes reprises du fonctionnement et des infrastructures du secteur TVET. «Depuis que la MITD Act a été proclamée en 2009, il n’y a pas de structure adéquate. Nous avons raté deux increments du Pay Research Bureau. Les employés ont l’impression d’avoir perdu dix ans de leur carrière, sans augmentation et promotion», déplore le président de la Training Officers and Instructors Union de la MITD, Chandraduth Conjo-Beeharry.

Selon ce dernier, certains formateurs sont frustrés car ceux qui portent le titre d’instructeurs se retrouvent à faire le même travail que les Training Officers, pour moins d’argent.

Ce que réfute le directeur du MITD. «Tout cela est faux. On a une structure approuvée par le conseil d’administration depuis 2017. Tout le personnel a bénéficié de la révision salariale en 2013 et en 2016. En plus, on a eu plusieurs types de promotions et on offre une allowance à ceux qui enseignent à un niveau supérieur de leur fonction», soutient Pradeep Joosery.

Élèves stigmatisés

Outre l’administration, la pédagogie de ce centre de formation est montrée du doigt. Les enseignants disent avoir l’impression de dispenser une formation médiocre aux étudiants car ils n’ont pas les infrastructures et outils nécessaires pour assurer des cours modernes à la nouvelle génération. La formation qu’ils offrent, soulignent-ils, ne fait qu’accentuer les stigmatisations autour des élèves du secteur de la formation professionnelle.

«En tant que professeurs nous avons le devoir de former des professionnels. Sauf que nous manquons nous-mêmes de formation et d’équipements modernes comme le demandent les industries. Les élèves le sentent et sont frustrés aussi, car la plupart de ceux qui viennent dans cet établissement sont de milieux défavorisés, déclare un formateur. En leur délivrant de telles formations dans des endroits sans hygiène et équipements adéquats, on ne les aide pas à s’élever plus haut.» Selon plusieurs formateurs, la frustration des élèves est de plus en plus grande. Certains pleureraient, d’autres abandonneraient les cours ou se drogueraient dans l’enceinte des établissements.

«Nous avons fait la formation de 214 formateurs à La Réunion et les curriculums que nous offrons ont été discutés avec ces mêmes formateurs et des experts de La Réunion et de Singapore les ont révisés par la suite. Comment peuvent-ils dire que nos formations sont médiocres et pas modernes ?» fustige Pradeep Joosery. De plus, ajoute le directeur, des millions de roupies ont été dépensées durant ces trois dernières années dans les infrastructures et les équipements. «C’est vrai que le centre d’Ébène n’est pas fameux et pas dans un bon état. Mais nous avons déjà investi 80 millions pour l’améliorer. Cela prend du temps car ça doit se faire par phase.» Toutefois, il indique ne pas avoir été informé de problèmes de drogue. Selon lui, ces allégations découragent et stigmatisent ces étudiants «défavorisés, faibles académiquement et en quête d’une deuxième chance»

Le président de l’Employees Union du MITD, Hemandar Kumar Madhow, confirme qu’une manifestation ainsi qu’une conférence de presse aura lieu la semaine prochaine. Du côté du ministère de l’Éducation, on dit suivre la situation de près.

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