JIOI 2019: critiques seychelloises envers l’organisation

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Le journal seychellois n’a pas manqué d’évoquer l’état déplorable du stade George V.

Le journal seychellois n’a pas manqué d’évoquer l’état déplorable du stade George V.

Nos voisins des Seychelles n’ont pas apprécié le niveau de l’organisation des 10es Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI). C’est le moins que l’on puisse déduire à la lecture d’un article écrit par nos confrères de Seychelles Nation. Il n’y a donc pas que la presse mauricienne qui a constaté les problèmes qui ont émaillé ces Jeux de 2019.

Pour nos confrères seychellois, «un des grands principes des Jeux a certainement disparu lors des derniers Jeux de Maurice avec l’hébergement des athlètes et des officiels dans des hôtels à touristes. Ça a d’emblée tué la vraie atmosphère et ambiance des Jeux des îles, tout en donnant un sens de vacances à deux semaines qui demandent, au contraire, des efforts. Fini la camaraderie et l’entente bon enfant dans un Village des Jeux qui ressemblaient jadis a une continuation de la fête. On a cherché ou choisi la facilité, on a tué l’esprit des jeux !»

Les auteurs de l’article vont plus loin en fustigeant «la détérioration du niveau de l’organisation. Le méga-scandale de la vente des billets pour les compétitions, l’état honteux d’un terrain de football (NdlR : le stade George V) où était censée se disputer une finale, le retard inacceptable dans l’attribution des cartes d’accréditation aux délégations étrangères et aux journalistes des pays visiteurs.» Et dire qu’au lendemain de la cérémonie de clôture, le CEO du comité d’organisation des Jeux (COJI), Jean-Pierre Sauzier, s’était permis de dire – dans un élan de triomphalisme sans doute – que l’organisation de ces Jeux avait été «impeccable sur tous les points !»

Comme l’express l’avait également déploré, il n’y avait «presque pas de lieu réservé aux journalistes sur les sites et si bien s’il y en avait un, ces lieux étaient envahis par des personnes qui n’avaient rien à faire avec les médias», selon les journalistes seychellois. 

Pour Seychelles Nation, la presse étrangère a été «bafouée, snobée et surtout ignorée». Mais que les Dallons se consolent, la presse locale n’a pas été mieux considérée ! Notre confrère s’est aussi plaint de l’absence d’un service de documentation de résultats.

Les auteurs de l’article ont aussi remarqué à quel point les JIOI ont été politisés. «Le monde politique a mis sa grosse main sur les retombées populaires jusqu’à voir les plus hauts responsables de l’Etat mauricien se comporter en vils supporters sans ‘fairplay’, déambulant et dansant sans pudeur devant les délégations étrangères dans le box VIP, bousculant les sportifs ou les rétrogradant au second plan pour bien se montrer sur la photo de la victoire. Il n’y a qu’à parier que les photos alimenteront bientôt les campagnes électorales des uns et des autres dans le pays», se lamentent-ils.

Pour eux, «l’hystérie a remplacé la sportivité, le sens de la réserve des officiels a été remplacé par un parti-pris sans précédent et indécent». Ce qui ne pouvait que mettre mal à l’aise les représentants des autres îles.

Le Chef de mission de la délégation seychelloise, Jean Larue, s’est aussi montré critique envers l’organisation des 10es Jeux. Dans un entretien à Seychelles Nation, il s’est notamment élevé contre le retard dans la remise des accréditations et la cacophonie autour de la billetterie.

Poursuivant leur réflexion, nos confrères se montrent pessimistes quant à l’avenir même des Jeux nés d’une idée lancée par le Comité régional olympique et sportif (CROS) de la Réunion en 1974 et adoptée deux ans plus tard par le Comité international olympique (CIO). «L’avenir semble encore plus inquiétant que jamais. Sans mésestimer la capacité des Maldives à organiser les prochains JIOI, il semble certain que des difficultés majeures, pour ne pas dire insurmontables, vont faire régresser ces Jeux et son esprit», constatent-ils.

Pour étayer leurs dires, les journalistes seychellois mentionnent la question de connectivité de tous les pays participants avec les Maldives. «Aucune liaison aérienne régulière et surtout une incapacité à mettre des vols nolisés spécialement pour ces Jeux. Il faut aussi évoquer la capacité d’accueil des Maldives pour les athlètes d’abord et surtout les nombreux supporters de tous les pays participants », font-ils ressortir.

Voilà des éléments qui devraient donner à réfléchir à nos dirigeants sportifs et politiques !

Source: Seychelles Nation

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