Le Morne: une montagne qui avance à petits pas

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La montagne du Morne est inscrit au patrimoine de l’humanité depuis 2008.

La montagne du Morne est inscrit au patrimoine de l’humanité depuis 2008.

Il ne reste qu’un peu plus de trois mois avant la soumission à l’Unesco du rapport sur l’état de conservation du Morne. Les mêmes préoccupations sur le site reviennent d’une année à l’autre.

Prochaine échéance pour changer le paysage culturel du Morne : le 1er décembre 2019. C’est la date fixée par le World Heritage Centre pour que Maurice lui soumette la version réactualisée du rapport sur l’état de conservation de la montagne, qui fait partie du patrimoine de l’humanité depuis 2008. Dans le but de respecter ce délai, une consultation avec des diverses parties prenantes – institutions publiques, propriétaires privés et citoyens – a eu lieu jeudi dernier. Avant que le rapport sur l’état de conservation ne soit soumis à l’Unesco, il devra d’abord avoir le feu vert du Conseil des ministres. Maurice doit expliquer à l’Unesco ce qui a été fait concernant les problèmes déjà identifiés. «Ce rapport couvrira la période allant jusqu’à 2021», indique Armand Tadebois, président du conseil d’administration du Le Morne Heritage Trust Fund (LMHTF).

Le dernier rapport date du 30 décembre 2017. Il se décline en plu- sieurs volets. Les trois principaux sont : le Local Economic Development Plan ou la gestion du développement dans le village du Morne, le Land Management Plan et le Lagoon Management Plan.

Il s’avère que les mêmes préoccupations reviennent d’une année à l’autre, tels les problèmes de logement des villageois, notamment les différentes générations d’une famille qui habitent un même logement social. Le rapport de 2017 note que «the village is restricted to a thin strip of land, hence there is actually very limited alternative for settlement space in the village». Ce qui renvoie à la question d’accès à l’endroit.

Il y a aussi l’emploi des jeunes. Dans le dernier rapport, Maurice a indiqué que le LMHTF, avec le soutien des hôtels de la région, a identifié des employés potentiels, pour qu’ils bénéficient d’une formation dans le secteur. Le Trust Fund – c’est ce que dit le rapport – organise des sessions d’information pour les habitants sur les emplois disponibles. Au niveau des institutions, on note que le personnel du Trust Fund reste restreint.

La recommandation pour un musée du marronnage n’a pas encore abouti. L’Unesco a recommandé un Risk Management Plan et un Visitor Management Plan pour améliorer les conditions d’accès à la montagne. Ce à quoi Maurice a répondu qu’un consultant étranger sera retenu. Parmi les réalisations : le jumelage entre Le Morne Cultural Landscape et le musée de Robben Island (l’île prison où Nelson Mandela avait été incarcéré pendant 18 ans) en 2017. Des activités communes doivent aussi maintenant être encouragées. En ce qu’il s’agit des fouilles archéologiques, l’accès au lieu dit Makak a été rendu possible pour l’équipe scientifique. Il ressort qu’une étude d’archéologie sous-marine a également été effectuée.

Reconstitution d’un ancien village d’esclaves

Armand Tadebois a été nommé président du LMHTF en septembre 2017. Presque deux ans plus tard, il explique que l’une de ses réalisations sera la réplique d’un ancien village d’esclaves. Cette reconstitution consiste en six cabanes, dont une servira de boutique souvenir. La construction des six cabanes est en cours. Elles sont situées à l’orée du sentier qui donne accès à la montagne. «Ces cabanes devraient être prêtes d’ici fin août/début septembre», indique-t-il.

Agathe Desvaux de Marigny : «La moitié de mes terres sont dans la buffer zone du Morne»

Parmi ceux invités par le LMHTF à la consultation de jeudi dernier, figure Agathe Desvaux de Marigny. Sollicitée pour une réaction, elle explique : «La moitié de mes terres sont dans la ‘buffer zone’ du Morne.» Des terres qui s’étendent de Coteau-Raffin jusque derrière le village du Morne. Si sa propriété avait été contestée, Agathe Desvaux de Marigny a obtenu gain de cause en cour. Jeudi, elle a profité pour présenter son projet de développement durable à plusieurs volets. Il comprend notamment une ferme organique derrière le village du Morne. Autre activité envisagée : un «green village» ou «ecoresort». Afin d’accueillir des visiteurs «dans le respect de la nature». En leur proposant du «glamping» ou camping de luxe, des résidences d’artistes et des treehouses.

Toutefois, Armand Tadebois précise : «Le projet n’a pas encore été formellement soumis au LMHTF.»

Karl Lamarque : «On fait tout pour m’écarter»

Karl Lamarque ne décolère pas. Le responsable de la Platform Patriotik Sov Lemorn indique qu’il n’était pas invité à la réunion de consultation. «Quand j’ai appris qu’elle allait avoir lieu, je m’y suis rendu quand même.» Karl Lamarque affirme en avoir profité pour dire que «la situation du logement est critique au Morne». Rappelant qu’il y a toujours des gens qui vivent dans des maisons en amiante.

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