Chez Myriam à Curepipe: une maison de retraite aux allures d’hôtel

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Vu de la rue Pope Hennessy, à Curepipe, le bâtiment blanc érigé à côté de l’enseigne Meili pourrait abriter des appartements pour gens huppés. Les baies vitrées du rez-de-chaussée laissent entrevoir une salle à manger, pouvant passer pour un restaurant. L’immense panneau bleu sur lequel est inscrit «Chez Myriam» avec en dessous «Residential Care Home by Némorin», n’en dit pas davantage sur la nature du lieu. Renseignement pris, c’est une maison de retraite que les promoteurs préfèrent appeler lieu de vie, pensé et aménagé de telle sorte qu’il soit à michemin entre une institution pour personnes âgées et un hôtel.

Les promoteurs de ce projet ne sont autres qu’Eric et Gilbert Némorin, hommes d’affaires à la tête du groupe éponyme, qui sont dans l’électronique, la climatisation, les équipements industriels et l’outillage depuis 1952. Le lieu sur lequel s’est élevé le bâtiment Chez Myriam abritait jusqu’à il y a un an et demi la maison familiale. Depuis 2012, les promoteurs avaient dans l’idée de la démolir et d’y aménager une maison de retraite qu’ils baptiseraient Chez Myriam. Dès cette époque, ils avaient pris conscience qu’il y avait un marché pour un service de qualité aux personnes âgées et qu’une facilité de ce type était inexistante à Curepipe.

Le bâtiment est sorti de terre l’an dernier et la construction s’est achevée en début d’année. C’est en mai qu’ils se sont mis en quête d’un manager par le biais d’un avis de presse. Tasneem Bali, qui a cumulé des années d’expérience dans la gestion de la clinique familiale (voir hors-texte), a postulé et a été sélectionnée pour un entretien avec les promoteurs. Étant donné son expérience passée, ils ont trouvé en elle une manager idéale. De son côté, ce qui la séduite avec leur projet, c’était le fait qu’elle avait devant elle une page blanche. «Le bâtiment était déjà construit et il ne fallait que quelques ajustements. Hormis cela, il fallait tout faire, c’est-à-dire recruter le personnel spécialisé et développer les services annexes. J’ai aimé cela», raconte Tasneem Bali, qui récuse l’appellation institution pour personnes âgées ou home pour cette résidence mixte. «Les promoteurs et moi préférons l’appellation résidence de vie car elle a été aménagée de telle sorte que c’est un lieu de vie à mi-chemin entre l’institution et l’hôtel. Nous voulons que les personnes âgées qui y vivent prennent pleinement plaisir à y être.»

Et c’est vrai que le lieu correspond à la description qu’elle en fait. Outre la réception, le rez-de-chaussée comprend d’un côté un salon aux fauteuils confortables attenant un autre petit salon derrière une baie vitrée pour des visites privées. Cette partie du rez-de-chaussée donne sur une terrasse et un petit jardin qui sont actuellement en voie d’aménagement.

De l’autre côté du rez-de-chaussée se trouve la salle à manger, visible de la rue et une spacieuse cuisine avec des équipements dernier cri et sa chambre froide et dont la responsabilité repose sur les épaules d’un chef ayant longtemps travaillé sur les paquebots de croisière. De ce fait, les plats qu’il prépare sont non seulement équilibrés et appétissants au regard mais aussi délicieux en bouche. Et si l’état de santé d’un résident le nécessite, le chef peut aussi préparer des plats diététiques.

Le bureau de la manager est attenant à l’ascenseur capable d’accommoder des fauteuils roulants ou une civière. Il mène aux étages à 44 chambres simples et aux quatre chambres doubles. Chacune d’entre elles a leur salle de bains en suite avec des douches sophistiquées et est surtout munie de rampes d’accès à la douche. La chambre double est même pourvue de sièges de douche pour les résidents qui ont du mal à rester debout. Toutes les teintes choisies, que ce soit pour les murs que pour les rideaux, la literie, les accessoires ou le mobilier sont dans des tons neutres de gris, sable chaud, blanc cassé et marron clair, des couleurs somme toute reposantes pour les yeux.

Bien que l’établissement soit au centre de Curepipe et que la route soit très fréquentée du fait que le supermarché Sik Yuen se trouve à quelques mètres de là, les bruits externes sont étouffés par le double vitrage. Au sous-sol se trouve la buanderie avec ses machines à laver industrielles et un système de repassage dernier cri, dirigée par une gouvernante qui a aussi travaillé sur des bateaux de croisière. Sans compter les chambres pour le personnel de garde et une salle de réunion où ont lieu la formation et la réactualisation des connaissances des employés recrutés.

Chez Myriam est opérationnel depuis le 1er juillet. Il est destiné aux personnes de 65 ans à monter. Ce lieu de vie accueille actuellement des résidents de 65 à 94 ans, qui sont encore actifs ou à mobilité réduite. L’établissement tourne actuellement avec une vingtaine d’employés. Outre les repas et les collations quotidiennes, les services proposés comprennent le nettoyage des chambres, le service de buanderie et des activités journalières en fonction des goûts des résidents. Ils peuvent être appelés à avoir des discussions sur des sujets qui les intéressent avec des intervenants extérieurs, recourir à un coach pour des exercices de remise en forme et de respiration, visionner des films, lire ou se faire lire des livres, participer à des jeux de société ou même au karaoké.

Ceux qui sont mobiles peuvent sortir avec l’accord de leurs proches mais ils doivent informer la direction du lieu où ils se rendent et de l’heure à laquelle ils ont prévu de rentrer. «Nous sommes en plein centre-ville et les banques, supermarchés et magasins ne sont pas loin. Les résidents n’ont qu’à nous prévenir de leurs sorties

Une fois la semaine, l’institution organise un Health Day où les paramètres vitaux comme la tension artérielle et le diabète sont mesurés. Il est prévu que des excursions soient bientôt organisées. Chez Myriam fournit une assistance pour le bain et les déplacements aux personnes âgées à mobilité réduite. «Cette assistance peut être ponctuelle mais aussi du 24 heures sur 24 et sur sept jours sur sept», précise Tasneem Bali.

L’établissement propose aussi une prise en charge de jour entre 8 heures et 17 heures. Cette formule comprend alors les collations et le repas, l’accès aux activités et un coin de repos. «Nous pouvons même effectuer une prise en charge sur le court et le long termes, soit d’un mois à trois mois lorsque les adultes doivent s’absenter et veulent que leur parent âgé soit bien encadré.»

Si pour l’instant, Chez Myriam n’accepte pas les personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer et de Dementia, il est prévu qu’à l’avenir, l’institution les prenne en charge. «Ces cas demandent une prise en charge particulière et un personnel hautement spécialisé. Ce sera dans un deuxième temps. Cela dit, nous sommes ouverts aux personnes ayant un problème de mobilité

Tasneem Bali tient à connaître l’histoire personnelle et les goûts des résidents de ce lieu de vie afin que le personnel leur offre un service plus personnalisé. «Avant d’être âgée, toute personne a eu une vie et il est important de la connaître car nous devenons une deuxième famille pour elle et de ce fait, il faut l’accueillir comme il se doit». Chez Myriam a noué des partenariats avec des chauffeurs de taxi et des médecins des cliniques avoisinantes en cas de besoin. «À cet âge-là, les résidents ont généralement un médecin traitant et nous ne voulons pas interférer dans cette relation. Mais s’ils en ont besoin, nous pouvons appeler d’autres médecins car nous sommes situés non loin des cliniques Ferrière et Darné.»

Les résidents qui y vivent en ce moment n’ont pas été placés là par leurs enfants. «Certains vivaient seuls en appartement et c’est pour briser

cette solitude qu’ils ont choisi de venir Chez Myriam. L’âge qui rentre et l’enfance sont deux cycles où ceux qui le vivent sont très vulnérables et ont besoin d’affection et d’attention. Il faut les leur donner.»

Combien coûte le séjour dans cette résidence de vie mixte ? Pour la chambre simple, repas et activités inclus, il faut compter à partir de Rs 35 000. «Si la personne a besoin d’une assistance ponctuelle ou de 24 sur 7, le prix sera évidemment autre. Notre offre est taillée sur mesure mais nous tenons à rester raisonnables pour pouvoir répondre à un maximum de demandes.» Pour une chambre double et les services annexes, il faut compter à partir de Rs 60 000.

Eric Némorin, qui était brièvement de passage Chez Myriam mercredi matin, a précisé que pour lui et son cousin, c’est le service et la relation humaine à être développée avec les résidents qui comptent. «Tout le monde peut construire un bâtiment et l’aménager de façon sophistiquée. Mais c’est le service et les attentions qui font toute la différence

Tasneem Bali : De la communication au service de santé

Tasneem Bali a grandi dans une famille de médecins. Après des études au Lycée Labourdonnais, elle a été admise à l’université d’Aix-en-Provence, en France, où elle s’est rendue pour étudier la communication. De retour au pays en 2012, elle a travaillé un an à Blast Communication avant d’intégrer le business familial, soit la clinique Medisave, qui existe depuis 20 ans. Elle ne pensait que faire de la communication mais bien vite, elle a été englobée dans la gestion de l’établissement. «Finalement, je me suis retrouvée m’occupant de relations avec les médecins, des ressources humaines, du personnel, des fournisseurs. Et pendant six ans, j’ai dirigé la clinique avec mon père. C’était des années très formatrices», dit-elle en ayant le sentiment d’avoir apporté des changements financiers, d’avoir mieux structuré les départements de Medisave et d’avoir soigné l’approche avec les patients et le personnel soignant et non soignant. Pourquoi en est-elle partie alors ? «Je rêvais d’autres défis. J’ai estimé que le moment était idéal pour moi de bouger et c’est en regardant les possibilités autour de moi que je suis tombée sur l’avis de presse du groupe Némorin. Cet avis disait que des promoteurs cherchent à recruter un manager pour une maison de retraite. J’ignorais qui était derrière le projet et où se trouvait l’établissement. Je l’ai su en venant à l’entretien d’embauche.» Pour Tasneem Bali, être manager de Chez Myriam est «une suite logique de ce que j’ai fait dans le monde médical.»

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