Gérard Labelle : «Au Canada, l’avancement dépend de la performance et non des relations»

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Gérard Labelle, ex-président de l’Association Québec-île Maurice

Gérard Labelle, ex-président de l’Association Québec-île Maurice

Ce Mauricien, âgé de 67 ans, est installé au Canada depuis 1972. Gérard Labelle a été une figure incontournable au sein de la communauté mauricienne dans son pays d’adoption, plus particulièrement au Québec, durant plus de trois décennies.

Au début des années 2000, Gérard Labelle, qui a présidé pendant plusieurs années l’Association Québec-île Maurice (AQIM), s’engage en politique, au sein d’un des grands partis du mainstream canadien. Il rate de peu une élection au Parlement fédéral. Le candidat Labelle est battu par quelque 1 500 voix dans une circonscription comptant 80 000 électeurs.

L’AQIM, fondée en 1978, permet aux Mauriciens installés au Québec de se retrouver et de ne pas se défaire de leurs racines. «À l’association, nous essayons de promouvoir la culture mauricienne dans sa diversité et nous nous efforçons de transmettre nos valeurs à la jeune génération», déclare notre invité.

C’est ainsi que l’association organise régulièrement des rencontres ou des spectacles bien mauriciens. Récemment, la troupe Komiko a été accueillie à Montréal. L’AQIM réunit aussi les membres de la communauté mauricienne pour, entre autres, célébrer la Fête nationale, le Divali et honorer la mémoire du Père Laval, le 9 septembre.

Notre interlocuteur, originaire du village d’Olivia, à Bel-Air-Rivière- Sèche, vient de passer deux semaines à Maurice, le temps de revoir la famille et de suivre les 10e Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI). Comme beaucoup d’autres personnes, Gérard Labelle est ravi de la ferveur patriotique démontrée durant les JIOI.

Le sexagénaire est content d’avoir retrouvé à l’échelle nationale ce sentiment d’unité et d’attachement à la patrie. Au sein de la communauté mauricienne au Canada, c’est une expérience régulière. «Quand les Mauriciens sont à l’étranger, nos différences s’estompent, l’unité règne», constate notre compatriote qui a émigré à peine quatre ans après l’Indépendance.

Et comment se porte la communauté mauricienne au Québec ? «Il y a un peu plus de 8 000 Mauriciens dans la province du Québec. Ils sont bien intégrés, se rencontrent régulièrement et font la promotion de la culture et de la bonne image de notre pays», répond le dirigeant de l’AQIM.

Donc, les compatriotes qui ont choisi d’émigrer au Canada s’y plaisent. «Oui, si je me réfère à ce que me disent ceux venus s’installer à Montréal, par exemple. Il y a la diversité de la population, la sécurité et les possibilités d’assurer l’avenir des enfants», assure notre interlocuteur. «Au Canada, l’avancement dépend de la performance et non des relations», ajoute-t-il.

Cependant, comme pour tempérer une image trop positive, Gérard Labelle s’empresse d’attirer l’attention sur certaines réalités. «Comme les immigrés venant de divers pays sont de plus en plus nombreux, une partie de la population québécoise a commencé à exprimer son désaccord. Aux dernières élections, la question d’immigration était à l’agenda. Et récemment, le gouvernement a exprimé son intention d’être plus sélectif et de limiter le nombre d’immigrés», affirme notre interlocuteur. Il rappelle également la rigueur du climat et les exigences de productivité au travail.

Poursuivant, le sexagénaire fait ressortir que des étudiants s’inscrivent à grands frais dans des collèges en croyant qu’ils se font admette à l’université. «Quand ils se rendent compte de leur méprise, il est souvent trop tard. Il faudrait qu’ils se documentent davantage avant d’entamer les démarches.» Et quant aux agents qui promettent des visas contre le paiement de fortes sommes d’argent, Gérard Labelle conseille à ceux qui envisagent d’immigrer d’avoir recours à des consultants en immigration agréés par les autorités canadiennes.

Le sexagénaire est rentré dans son pays d’adoption, le vendredi 2 août. Tout en s’attelant à gérer ses entreprises, il continuera à être aux côtés de ses amis pour servir la communauté mauricienne installée au Québec. D’autant qu’il fait partie, avec Richard Lan, Lindsay Delia et Ashvin Ramdin, du quator fondateur du Canada- Mauritius Business Council. La mission de la structure lancée en juin 2018 est de faciliter les relations ente les hommes d’affaires des deux pays.

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