Des lauréats conservateurs sur la mixité dans les académies

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Des lauréats de la cuvée 2018, en présence de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun (8e à partir de la g., au fond), lundi, à Ébène.

Des lauréats de la cuvée 2018, en présence de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun (8e à partir de la g., au fond), lundi, à Ébène.

L’aube d’une nouvelle ère se pointe dans le milieu éducatif. En effet, en janvier 2021, douze «star schools» du gouvernement seront converties en académies, qui accueilleront les meilleurs élèves ayant été reçus lors des examens nationaux en Grade 9. Cela découle de la réforme du Nine-Year Schooling. En 2020, les élèves de Grade 9 passeront le National Certificate of Education et ceux qui se démarqueront vont intégrer ces académies. 

La nouveauté réside aussi dans le fait que ces académies seront mixtes. Nous avons rencontré quelques lauréats de la cuvée 2018, lundi, à Ébène, lors de la réception donnée en leur honneur par le ministère de l’Éducation. Ils se sont livrés au sujet de cette nouvelle étape dans le système éducatif.

D’emblée, Steffi Li Ka Ting Chung, lauréate en économie et ancienne élève du collège GMD Atchia, trouve que c’est «une bonne initiative». Elle explique que cela peut permettre aux garçons et filles de mieux se connaître, par exemple. «Si les élèves savent tirer le meilleur de cette réforme, ils en sortiront grandis et gagneront en maturité.» Elle avance également que certains jeunes sont timides et la mixité pourrait les aider à sortir de leur cocon. 

Néanmoins, elle pense que ce ne sont pas tous les parents et enseignants qui verront ces changements d’un bon oeil. «Ce n’est peut-être pas aisé de gérer filles et garçons en même temps mais, au fil du temps, parents et personnels enseignants sauront adopter les bons gestes.»

Pas une grande nouveauté

«Une rupture de la longue tradition de notre école», annonce, pour sa part, Yvans Angel Jeffrey Fumier, ex-élève du RCPL «Le collège fête ses 90 ans cette année-ci. Avec cette réforme, les compteurs sont remis à zéro», nous fait savoir ce jeune boursier dans la filière scientifique. Mise à part la fin du côté folklorique pour son ancien établissement, le RCPL étant considéré comme un collège d’élite pour les meilleurs garçons de l’île, le jeune homme positive. «Plusieurs écoles de l’île sont déjà mixtes. Ce n’est pas une grande nouveauté. En ce qui concerne les enseignants et les parents, je ne vois aucun changement non plus, sauf peut-être pour les démarches administratives et certainement quelques changements au niveau de l’infrastructure des établissements.»

Autre son de cloche du côté de Mohamed Talha Ebrahim Atcha. Ce lauréat du RCC est catégorique : «la mixité dans les écoles peut poser problème». Il ne pense pas que le pays soit prêt à adopter cette réforme éducative. «Nous avons suffisamment de problèmes avec les jeunes de ce pays. Ce ne serait pas simple à gérer filles et garçons ensemble», ajoute ce jeune de 19 ans. Il pense que la plupart des parents n’adhèrent pas à ce projet. «La culture mauricienne n’encourage pas ce mode de fonctionnement, surtout si on prend l’aspect religieux en considération.»

Crise d’adolescence 

«Il est trop tôt pour porter un jugement sur cette réforme», temporise Anoushka Bucktowar, lauréate du QEC dans la filière scientifique. «C’est un nouveau concept, qui ne démarre qu’en 2021. Ces académies pourront sûrement aider les élèves à faire de meilleurs choix pour la filière dans laquelle ils souhaitent étudier.» Concernant la mixité, l’ancienne élève du collège pour filles de Rose-Hill préfère attendre les retombées de cette initiative, avant de se prononcer.

Il est catégorique : le changement annoncé n’a pas sa raison d’être. «Je ne vois pas l’utilité d’introduire la mixité dans les établissements scolaires au secondaire», affirme Soodarshan Gajadhur, ex-élève du collège Sookdeo Bissoondoyal. Jusqu’à la Grade 9, les garçons et les filles sont, en règle générale, séparés. 

Il maintient qu’il faut que cela continue ainsi, y compris pour les autres classes. «Au niveau des parents et des enseignants, cela dépendra d’eux-mêmes s’ils accepteront cette réforme, ou pas, et s’ils arriveront à gérer la situation. Entre-temps, nous savons tous qu’entre 14 et 18 ans, les jeunes sont en pleine crise d’adolescence. Les enseignants devront s’armer de patience.»

Les collèges concernés

Les institutions secondaires visées par la conversion sont Dr. Maurice Curé State College (SC), Droopnath Ramphul SC, G.M.D Atchia SC, John Kennedy College, Mahatma Gandhi Institute (MGI), Queen Elizabeth College (QEC), Royal College Curepipe (RCC), Royal College Port-Louis (RCPL), Sookdeo Bissoondoyal SC, Sir Leckraz Teelock SSS, Sir A. R. Osman SC et Forest-Side SSS. Beaucoup parmi les lauréats sont issus de ces collèges. Mis à part le MGI, qui est déjà mixte, les onze autres collèges n’accueillent, actuellement, soit que des garçons, soit que des filles.

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