Marché de l’art: contraction des ventes malgré une demande solide

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La toile attribuée au Caravage et représentant Judith décapitant Holopherne est exposée le 14 juin 2019 à l'hôtel Drouot à Paris en prévision de sa vente aux enchères le 27 juin à Toulouse.

La toile attribuée au Caravage et représentant Judith décapitant Holopherne est exposée le 14 juin 2019 à l'hôtel Drouot à Paris en prévision de sa vente aux enchères le 27 juin à Toulouse.

Les prix des oeuvres d’art aux enchères ont continué de croître au premier semestre 2019 dans le monde, même si le volume des ventes s’est contracté fortement de 17,4%, les places principales étant fragilisées à l’exception de Hong Kong, «Mecque» de l’art asiatique.

Selon le rapport semestriel communiqué à l’AFP par Artprice, spécialiste des cotations sur le marché de l’art, les collectionneurs d’oeuvres remarquables, alors même que la demande reste solide, semblent attendre des moments plus favorables pour vendre.

Cette étude prend en compte les enchères publiques (frais acheteurs inclus) de «Fine Art» (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes, vidéos, installations et tapisseries), recensant 262.300 lots (+0.1%) vendus aux enchères dans le monde, pour un chiffre d’affaires cumulé de 6,98 milliards de dollars, soit 17,4% de moins qu’au premier semestre 2018.

Si 262.300 lots sont été vendus - une légère hausse de 0,1% -, la contraction du chiffre d’affaires est remarquable et affecte tous les plus grands marchés: USA (3,3 milliards USD, -20%), Chine (1,7 milliard USD, -12%), Royaume-Uni (1,4 milliard USD, -25%) mais aussi les marchés plus secondaires comme la France (329 millions USD, -12%).

L’art moderne (1860-1919) mais aussi l’art ancien n’ont pas proposé de chefs d’oeuvres. Même le «Judith et Holopherne» de Caravage retrouvé à Toulouse a été retiré au dernier moment des enchères pour être vendu de gré à gré à un acquéreur américain.

L’indice global des prix a cru de 5%. Les prix de l’art contemporain augmentent de 40%. Il semble que certains collectionneurs attendent de mettre sur le marché des oeuvres dont les prix continuent de progresser.

Les taux d’intérêt négatifs ou voisins de zéro découragent aussi les vendeurs éventuels d’un Wahrol ou d’un Basquiat, alors que «l’attente du bon acheteur s’avère rémunératrice de plus-values», argumente à l’AFP le président d’Artprice Thierry Ehrmann.

«La demande ne désemplit pas, mais l’offre ne parvient plus à suivre le rythme en salles de ventes. Le marché de l’art tel qu’il s’est développé depuis 1975 a atteint ses limites structurelles», commente-t-il.

Les maisons de ventes peinent «à convaincre les collectionneurs de vendre leurs meilleures pièces», aussi parce que leurs frais de transactions restent élevés.

«Il est temps que le marché entre dans une nouvelle ère numérique», estime l’expert qui plaide pour qu’il rattrape «ses dizaines d’années de retard», renonçant aux «salles de ventes désertiques» et aux personnels pléthoriques.

Hong Kong tire son épingle du jeu, selon ce rapport, concurrençant New York et Londres, adjugeant jusqu’à 40% du marché de l’art chinois. C’est notamment dans l’art contemporain (+56%) que Hong Kong attire les stars occidentales, comme le streetartist américain Kaws ou le sculpteur anglais Tony Cragg, mais aussi les meilleurs artistes de toute l’Asie.

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