Spécialistes: l’amendement à la loi prêt depuis un an

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Les spécialistes formés en France doivent, pour exercer à Maurice, suivre une formation de 18 mois à l’hôpital.

Les spécialistes formés en France doivent, pour exercer à Maurice, suivre une formation de 18 mois à l’hôpital.

C’est une anomalie. Des médecins spécialistes, formés dans certains pays européens, n’arrivent pas à se faire enregistrer comme tels à Maurice. La Medical Council Act est pointée du doigt.

350. C’est le nombre de futurs médecins mauriciens qui étudient en France et qui sont dans le flou quant à leur droit d’exercer au pays. Le chiffre a été communiqué par le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, hier,mardi 30 juillet au Parlement, lors de la Private Notice Question. Celle-ci avait trait au sort de ces médecins spécialistes, qui étudient dans l’Hexagone mais qui, une fois de retour à Maurice, ont toutes les peines du monde à exercer.

Pour remédier au problème, l’amendement à la Medical Council Act a été suggéré au ministère de la Santé dès le début de l’année dernière. Mais jusqu’à présent, aucune suite n’y a été accordée.

Selon Anwar Husnoo, ministre de la Santé, la Medical Council Act est claire à ce sujet. Les médecins qui rentrent au pays, même s’ils se sont déjà spécialisés dans un secteur particulier, doivent obligatoirement s’enregistrer comme General Practioner, c’est-à-dire comme médecin généraliste. Ce processus les oblige à avoir recours à une formation dans les hôpitaux, le Pre-Registration (Pre Reg), qui dure 18 mois, et à un examen.

Seuls les médecins généralistes, inscrits auprès de l’Ordre des médecins dans le pays où ils ont étudié et qui exercent depuis trois années, en sont exemptés. Dans le cas des spécialistes, ceux qui entament leur spécialisation sans se faire enregistrer comme généraliste au préalable, bien qu’ils exercent comme junior doctors, doivent impérativement suivre la formation Pre Reg. C’est du moins ce que préconise la loi.

«Le ministre veut donc faire croire que ces médecins, qui exercent en France, ne sont pas assez bons pour travailler à Maurice ?» a martelé le leader de l’opposition. Xavier-Luc Duval ajoute que l’ambassade de France est au courant de l’affaire et a exprimé des inquiétudes. Ce à quoi Anwar Husnoo a répliqué que l’État ne souhaite nullement décourager ces futurs médecins, mais que les procédures doivent être suivies à la lettre.

Nous nous sommes tournés vers le Medical Council pour en savoir plus. Interrogé, le président du conseil d’administration, le Dr Shyam Purmessur, avance qu’il s’aligne sur ce qu’a affirmé le ministre au Parlement : la loi doit être respectée. Oui, mais n’y a-t-il pas, là, une anomalie ? «Nous en discuterons au niveau du board du Medical Council très prochainement», dit-il, sans vouloir donner plus de détails.

Mais dans les milieux proches de l’Ordre des médecins, on laisse entendre avoir déjà travaillé sur un amendement pour corriger cette anomalie dont sont victimes les médecins qui ont étudié en France, en Allemagne, en Angleterre, voire en Belgique. «Dans ces pays-là, la notion de médecin généraliste ne tient plus la route. Les étudiants en médecine passent directement à la spécialisation. C’est pourquoi il fallait revoir la loi», fait-on comprendre. Il nous revient que le Medical Council a été alerté sur le sort de ces étudiants dès 2018. Sollicité, le ministère de la Santé est resté injoignable.

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