Bilan JIOI 2019 - Athlétisme: Maurice vainc sans péril et triomphe sans gloire

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Jonathan Drack a été exact au rendez-vous en décrochant l’or au triple saut.

Jonathan Drack a été exact au rendez-vous en décrochant l’or au triple saut.

Les compétitions d’athlétisme des 10e Jeux des Iles de l’océan Indien ont pris fin vendredi après-midi au stade Germain- Comarmond. Maurice termine à la première place au tableau des médailles final avec 32 médailles d’or, 23 d’argent et 9 de bronze. Le pays hôte devance Madagascar (18 or, 16 argent et 11 bronze) et les Seychelles (6 or, 5 argent et 14 bronze). Si on ôte les 14 médailles d’or remportées par les handisportifs, l’athlétisme mauricien totalise 18 médailles à ces 10es Jeux, soit une médaille de moins que son record de 19 médailles d’or réalisé à Maurice en 2003.

C’est la troisième fois de son Histoire que Maurice remporte les compétitions d’athlétisme après sa première place en 2003 (20 or, 17 argent, 19 bronze) et 2015 (20 or, 18 argent, 18 bronze).

En guise de bilan, nous vous proposons l’analyse des différents techniciens présents à Bambous du 22 au 26 juillet ainsi que les résultats complets, les records améliorés durant ces Jeux, considérés comme moyens pour ce qui est du niveau des performances, et le tableau des médailles final.

Declarations

Joël Sévère, entraîneur national de la sélection de Maurice : «Nous sommes à une médaille d’or des 19 récoltées en 2003»

«Nous avons récolté trois médailles d’or lors des quatre premiers jours. Nous avons fait plus que les prévisions établies. Je savais que cette dernière journée serait difficile par rapport aux relais et au duel avec les Malgaches. Au 5000 m, Dookun a tenté le tout pour le tout. Il faut savoir que les Seychellois rentraient d’un stage en altitude à Nairobi, effectué de mai à juillet. Au semimarathon, Kathie Mauthoor enlève l’argent. Dans le triplé réussi à la longueur, il faut signaler la présence de deux jeunes. Nous approchons au final de notre record de 2003. Nous sommes à une médaille d’or des 19 récoltées alors. Et nous faisons deux fois mieux qu’en 2015. L’amalgame jeunes et anciens nous donne confiance en l’avenir. »

Jean-Louis Lebon, conseiller technique sportif d’athlétisme à La Réunion : «Nos meilleurs représentants, tous des internationaux, ont eu l’obligation de partir pour les championnats de France élite»

«Le bilan est à peu près dans ce qu’on avait prévu. On était parti sur un nombre de cinq médailles d’or. Ce sont des compétitions très intéressantes parce qu’on fait appel à beaucoup de jeunes, on a investi dans la jeunesse. Les jeunes nous ont très bien représentés. On est très satisfait de ça. Et après des conditions atmosphériques très spéciales. La vitesse du vent entre -7 mètres et -10 mètres. Quand on sait qu’on peut courir jusqu’à +2, cela veut dire que les athlètes avaient parfois -12, c’est quand même très spécial.

Notre souci, ce n’est pas vraiment les anciens, nous préparons l’avenir. Notre souci cette année, ça a été un concours de circonstances qui a voulu que nos meilleurs représentants, tous ceux qui sont internationaux, ont eu l’obligation de partir pour les championnats de France élite s’ils veulent se qualifier pour les championnats du monde qui se déroulent à Doha fin septembre, début octobre. Cette obligation a fait que, comme les championnats de France élite débutent aujourd’hui (NdlR : 26 juillet 2019), ils étaient obligés d’être présents en métropole. Quand on enlève ceux-là déjà, c’est une grosse somme de médailles d’or qui s’en va. On s’est dit stratégiquement, on doit beaucoup investir sur la jeunesse pour préparer l’avenir, 2023 et 2027, nos meilleurs actuels. On continue à travailler sur cette manne pour les années à venir. »

Georges-Marie Nacoulivala, ancien participant aux JIOI de 1979 et 1985 : «On se retrouve avec un seul participant par pays, c’est dommage»

«J’ai accompagné une délégation de 14 personnes à ces 10es Jeux, dix sportifs et quatre encadrants, dans deux disciplines, l’athlétisme et la natation. Le bilan est conforme à ce qu’on attendait. Je savais que nos amis mauriciens travaillaient dur pour réussir leurs Jeux des Iles. Je ne me suis pas trompé. Quand on regarde sur l’ensemble des épreuves d’athlétisme, les jeunes Mauriciens raflent tout. Nous sommes quand même médaillés d’argent. Mais bon, le travail n’est pas le même. Nos amis de l’île Maurice travaillent deux fois par jour, nous, trois fois par semaine. Il y a une différence. Et aussi l’aide de des gouvernements ne sont pas les mêmes.

Au-delà de ces aspects-là, le nombre de participants a diminué. De 2003 à 2015, il y avait deux participants par pays, par épreuve. Cette année, on se retrouve avec un seul participant par pays. Il y a des gens qui ont peut-être réfléchi pour nous. C’est dommage. Parce que dans le monde entier on parle de l’accessibilité des personnes en situation de handicap dans différentes fonctions. Là, on nous laissait entendre qu’il y aurait des séries et une finale. Si deux sportifs font deux faux départs, il ne reste que deux sportifs en finale. Est-ce que c’est bien pour la visibilité de nos sportifs ?

Les fédérations de sport adapté se sont réunies pour demander que le CIJ remette deux sportifs par épreuve pour le futur. Et rajouter une épreuve à la natation. On paye un billet pour un sportif et après un jour, les Jeux sont finis pour lui. Après, il est en vacances.

J’étais ancien sportif, entraîneur et dirigeant. On est dans une nouvelle ère, le confort de l’hôtel y était, mais l’ambiance que nous avons connue au Village des Jeux n’était pas comparable. J’ai rencontré d’anciens médaillés d’or de Maurice, Jacques Legrand, Maxwell Carver, Sydnay Laroulette, tous ont trouvé dommage que l’ambiance du Village ait disparu, boire un coup ensemble après l’effort. La compétition, c’était sur le stade, en dehors, il y avait l’amitié. Ça a fait défaut cette fois. On n’a pas eu le temps de se connaître. Tout le monde ensemble, c’aurait été une grosse fête.»

Ahmed Assoumani, entraîneur d’athlétisme des Comores : «Avant, il y avait un Village des Jeux, tout le monde se rencontrait. Maintenant, on ne voit personne»

«Nous trouvons ces Jeux un peu bizarres. On n’a jamais vu des Jeux comme ça. Depuis 2003, je suis en poste. Bizarres au niveau de l’organisation, au niveau de l’organisation, ça ne va pas. On est loin d’ici. Il faut deux heures pour arriver ici (Ndlr : à Bambous). Avant il y avait un Village des Jeux, tout le monde se rencontrait. Maintenant, on ne voit personne, à part ici au stade. On n’est pas satisfait à ce niveau-là. Nous pouvons organiser les Jeux, des Jeux meilleurs que ceux-là.»

Joseph Volcy, entraîneur d’athlétisme des Seychelles : «Il y a des spécialités où le niveau est élevé, d’autres où il a baissé»

«Nous avons obtenu des médailles d’or, d’argent et de bronze. Nous visions un minimum de cinq médailles d’or. Je suis satisfait avec la plupart des résultats enregistrés par nos athlètes. Nous avons une équipe qui est encore assez jeune, il y a quelques anciens qui sont là, mais la majorité des athlètes est encore jeune. S’ils continuent l’athlétisme, nous pourrons compter sur eux à nouveau lors des prochains Jeux.

Il y a des spécialités où le niveau est élevé, d’autres où le niveau a baissé. Pour ce qui est de la piste, il est difficile de se prononcer en raison de la vitesse du vent qui était très élevée. Il est difficile dans ces conditions de mesurer à leur juste valeur les résultats.»

Hanitra Rakotondrabe, entraîneur national sprint et haies de Madagascar : «Le niveau, par rapport aux précédents Jeux, n’est pas trop élevé. C’est moyen»

«Jusqu’à maintenant, on a obtenu treize médailles d’or, sept d’argent et quatre de bronze. Nous avions prévu au moins treize médailles d’or, nous avons déjà atteint un premier objectif, nous sommes satisfaits. C’est difficile d’analyser le niveau parce qu’il y a trop de vent sur le stade. L’organisation des 10es Jeux était bien, c’est mieux que la dernière édition à La Réunion»

Ahmed Faail, entraîneur d’athlétisme des Maldives (sprint) : «Tous les jours, la vitesse du vent est mesurée à -7, -10.5. C’est très difficile de courir dans ces conditions-là»

«Nous attendions beaucoup de nos athlètes à ces Jeux. Quand la compétition a débuté,  nous avons découvert le lieu (Ndlr : le stade de Bambous). C’est difficile, le trajet ne nous convient pas. Nous arrivons ici le matin et nous sommes obligés de rester ici jusqu’au soir. La course se fait en matinée, il n’y a pas de transport pour nous ramener à l’hôtel. Nous sommes obligés de rester au stade jusqu’au soir. C’est fatigant et difficile. Et c’est très venteux. Tous les jours, la vitesse du vent est mesurée à -7, -10.5. C’est très difficile de courir dans ces conditions-là. Nous avons eu quelques médailles, nous sommes satisfaits. Car nous avons travaillé dur pour cela. En décembre, nous avons une compétition régionale. Ce sera difficile aussi pour nous en raison de l’humidité. Mais nous devrions être en mesure de tirer notre épingle du jeu.»

Tableau des médailles final

Or Ar Br

Maurice 32 23 9

Madagsacar 18 16 11

Seychelles 6 5 14

Réunion 5 16 17

Mayotte 1 1 1

Comores - 1 3

Maldives 0 0 3

Les records des Jeux battus durant

les compétitions d’athlétisme :

23 juillet 2019

Sport adapté (h)

Poids : Jean-François Sénèque 9m92.

Ancien record : Jean-François Sénèque : 9m29

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Il y a la ferveur. L’ambiance. L’adrénaline. Et les athlètes en piste. Retrouvez l’intégralité du contenu des Jeux des Iles ici. 

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