JIOI 2019: jusqu’à Rs 1 000 pour des billets au marché noir

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Ces précieux sésames étaient durs à trouver.

Ces précieux sésames étaient durs à trouver. 

Des places vides, des gradins où règne la solitude à certains endroits… Comment ? Pourquoi ? Les questions fusent. Même le stade George V, qui a enregistré une affluence record vendredi pour la rencontre Maurice-Seychelles, n’a pu faire salle comble. Il y avait encore de la place surtout aux deux extrémités des gradins.

Le Beach-volley Arena de Mont-Choisy ou encore l’enceinte du stade Auguste Vollaire à Flacq n’ont, eux, pas été pris d’assaut au cours de la journée d’hier, samedi 20 juillet. Le marché noir pourrait expliquer ces sièges vides. Mais, les petits malins qui prévoyaient d’écouler leur stock de billets ont sans doute été surpris par l’important dispositif policier aux abords des stades, rendant pratiquement impossible la vente sous le manteau voire le pull-over. Cela pourrait expliquer l’assistance clairsemée sur certains sites. En attendant, nous avons essayé de nous en procurer…

«2 tickets OUVERTURE JIOI 2019. Plz call 5******* to bid.» Ce message est partout sur Facebook, dans tous les groupes, style «Acheter-vender», en commentaire sur les posts de gens qui sont à la recherche de billets. Lorsque nous appelons sur ce numéro, c’est un homme qui décroche.

 «Allô ? C’est bien vous qui vendez des billets pour les Jeux ?»

«Bonjour. Combien vous m’offrez ?»

«Rs 300 ?» «Non. Azout enn tizafer lorla.»

 «Bé ou ena zis 2 biyé? Mo ti pé rod 4.»

«Samem mo ena. Mo travay dan minister mwa. Monn gagn sa kado. Azout enn ti zafer mé pa tardé. Ena ankor dimounn lor la…»

D’âpres négociations plus tard, le prix grimpe à Rs 750. C’est ce que lui a promis, dit notre interlocuteur, la dernière personne à qui il a parlé. Il nous demande de le rappeler dans 15 minutes. Mais les 12 prochains appels resteront vains.

 Pas de panique, sur les réseaux sociaux, on trouve un autre numéro. On appelle sans tarder, la ligne est toutefois occupée, même une heure plus tard. Finalement, l’homme au bout du fil laisse entendre que lui vendait les billets à Rs 1 000. Mais il n’en a plus, car on est quand même à la veille de la cérémonie (NdlR, on a appelé jeudi). «Ou’nn tro atann...»

Son modus operandi, explique-t-il, a été de faire acheter par cinq personnes différentes, un total de 24 billets à Rs 300 chacun. Ce qui lui a fait un joli pactole de Rs 14 000 à la fin. Car des billets – on ne saura pas où il les a obtenus – il en a tout de même gardé quatre pour que sa famille et lui puissent assister à la cérémonie d’ouverture.

Pas question, cependant, de céder au découragement, foi de patriote. La quête des précieux billets continue de plus belle. Et puis, un commentaire sur un article posté sur lexpress.mu parlant de ce «trafic» intrigue… «On dit qu’il n’y a plus de billets mais ici, la famille d’un agent politique en distribue encore !»

Le Monsieur a-t-il plus d’infos ? On lui pose la question. Étonnamment, la «famille de l’agent politique» c’est lui-même ! «Non bé pa kapav met direk mo pé vann biyé laba. Tansion gagn problem. Mé séki koné koné…»

 Ses billets, il a pu les avoir par l’entremise de ce «proche» qui est donc agent politique. Mais attention, il a payé les siens à Rs 400 pour les revendre à Rs 600 !

Malheureusement pour nous, lui non plus n’a plus de billet en stock. La cérémonie d’ouverture, il a fallu la regarder derrière nos écrans…

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