Delphine Wespiser: «Ce ne sont pas les chiens qui sont néfastes au tourisme mais la manière dont on les traite»

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L’ex-Miss France Delphine Wespiser, en vacances à Maurice la semaine dernière, a publié sur Instagram des vidéos et des photos d’une visite chez PAWS, accompagnées d’un message poignant sur l’état déplorable des chiens de Maurice. Celles-ci ont fait le tour des réseaux sociaux. La jeune femme de 27 ans se livre sur ce qu’elle qualifie «d’actes malsains» de certains Mauriciens.

Étiez-vous déjà venue à Maurice auparavant ?
Oui. Mais je n’étais pas vraiment sortie de l’hôtel car c’était pour le travail. Cette fois, j’ai parcouru l’île, j’ai découvert vos cultures, la beauté du paysage, la nourriture, et ça, c’est vraiment le côté positif. En parallèle, j’ai aussi découvert l’aspect noir de cette île qu’on surnomme paradis: ce qui se passe avec les animaux. Et ce n’est pas paradisiaque.

Qu’est-ce qui vous a autant choquée ? 
Le nombre de chiens dans les rues. Il y en a tous les 100 mètres. Des chiens malades, mourants, accidentés, agonisant au soleil et livrés à eux-mêmes. J’ai vu des scènes où des animaux suppliaient à l’aide et des Mauriciens leur passaient à côté en les ignorant complètement. En allant à PAWS, j’ai vu le magnifique travail de cette association. J’ai eu un peu d’espoir. Et puis, ce chien est arrivé, balancé par-dessus la clôture de PAWS. Il était tout maigre, il ne lui restait que la peau sur les os, une énorme entaille sur la tête et la tristesse dans les yeux. Il était méconnaissable. Il ne ressemblait plus à un chien en fait. Cela se voyait qu’il n’était pas tombé malade comme cela, il a été maltraité. J’ai fondu en larmes. (Pause, un grand souffle.) Comment, en 2019, les gens peuvent-ils faire des choses pareilles ?

Qu’est-ce qui vous a poussé à aller chez PAWS en premier lieu? 
Je suis végétarienne depuis l’âge de quatre ans et j’ai toujours défendu les animaux. Quand j’ai été élue Miss France en 2012, j’ai pu médiatiser mes opinions. Depuis, je suis connue comme étant une défenseur d’animaux en France comme ailleurs. J’ai reçu beaucoup de messages de Mauriciens et d’étrangers sur la situation dans laquelle se trouvent les chiens à Maurice et des demandes pour que j’aille chez PAWS. C’est ce que j’ai fait. Vraiment, je suis sous le choc. Malgré tout le reste, je garderai toujours cette horrible image de l’île.

Que comptez-vous faire ? 
Pour l’instant, j’ai référé ce que j’ai vu à des associations en France. Grâce aux vidéos et photos que j’ai publiées, j’ai attiré l’attention de beaucoup de personnes. Certaines m’ont demandé comment aider, d’autres n’étaient même pas au courant de cette facette de l’île et ont témoigné leur dégoût. Des Mauriciens m’ont remerciée d’avoir médiatisé ce problème. Un journal en Suisse et des blogs sur le Net ont repris mes publications et j’en suis contente. Je compte bien revenir pour m’occuper de ce problème. Apporter mon aide d’une manière ou d’une autre. Je vais aussi garder contact avec PAWS pour aider ce chien qui m’a tant bouleversée. Je tiens à préciser que ce n’est pas moi qui jette un pavé dans la mare. Je ne fais que montrer les faits.

D’où vient le problème ? 
En règle générale, les Mauriciens doivent comprendre que l’on n’abandonne pas des chiens comme ça, dans la nature. Ce ne sont pas des animaux sauvages. Je sais aussi ce que l’État fait des chiens errants: des campagnes d’extermination à ce que j’ai entendu dire car les dirigeants pensent que les chiens nuisent au tourisme. Mais ce ne sont pas les chiens qui sont néfastes pour les touristes, c’est la manière dont les gens les traitent ici. En France, les chiens sont reconnus comme des êtres sensibles. Si quelqu’un leur fait du mal, il est puni. J’ai voyagé dans d’autres pays. Il y a d’autres endroits où la situation des animaux est préoccupante mais pas comme cela.

Comment remédier à cette situation? 
Je lance un appel à l’État mauricien de faire des campagnes de stérilisation et d’adoption de chiens. Les laisser vagabonder, mourir de faim ou les tuer, ça ne sert à rien. Le respect ça s’apprend, que ce soit pour la politesse, la protection de l’environnement ou des animaux. Cela se fait par des campagnes de sensibilisation, de prévention et par l’éducation.

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