Environnement: rendre Bel-Ombre plus écologique !

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Alexandre Piat, le «Sustainable Manager», expliquant les projets mis en place pour assainir l’environnement.

Alexandre Piat, le «Sustainable Manager», expliquant les projets mis en place pour assainir l’environnement.

En raison du changement climatique et des constructions, nos plages et l’écosystème marin sont dégradés. D’autre part, les arrivées touristiques baissent. Il faut trouver des solutions pour remédier à la situation et retrouver un environnement sain. C’est le cas au Domaine Heritage de Bel-Ombre, qui a lancé divers projets pour un développement durable en tenant compte de l’aspect social, environnemental et économique.

«Le domaine Heritage est une mini destination dans la destination mauricienne», énonce Candice Yon, directrice de communication du groupe Veranda Resort Heritage. De ce fait, plusieurs initiatives sont prises par le groupe pour le développement durable et la conservation de l’environnement.

À travers ces actions écologiques, l’hôtel vise les enfants de la région, les clients, son personnel en plaçant l’accent sur le tourisme responsable. L’éducation est une des clés pour la sensibilisation. En premier lieu, l’hôtel propose des directives à travers un répertoire du lagon qui présente la faune et la flore et indique ce qu’il ne faut pas faire pour les détruire – comme ne pas ramasser les coquillages. Des formations à l’intention des employés, animées par Alexandre Piat, le Sustainable Manager, sont organisées. 

De plus, un sous-marin pédagogique est installé au Kids Club en collaboration avec l’organisation non gouvernementale Reef Consevation. La responsable du club explique que le sous-marin a été installé en février de cette année dans le but de sensibiliser les petits enfants à l’écosystème marin, la pollution et les mangroves, entre autres. Cela à travers des ateliers et des projections afin de rendre le développement durable plus ludique et pédagogique. Même les enfants de la région y participent.

La dernière activité était un concours de dessins avec l’école de Bel-Ombre sur le thème ki fer et comment nou protez nou la mer.

Pour Ian Dindoyal, le responsable de communication, commencer l’éducation très tôt aidera à changer les comportements et sensibilisera sur le développement durable. Il y a également des ateliers pour les touristes adultes.

Des brise-lames pour pallier l’érosion 

«Entre 2005 et 2015, à certains endroits, huit mètres de plages ont été perdus. Si on restait les bras croisés, d’ici 2030, l’eau serait déjà au niveau des infrastructures du Domaine en raison du développement», avance le Sustainable Manager.

Alexandre Piat explique que l’érosion a été notée sur les plages en 2005. Les gens de la région ont essayé de trouver des solutions mais il était difficile d’identifier celles qui n’auraient pas de répercussions plus tard. Dix ans après, le groupe a entamé une discussion avec les différents acteurs de la région sur tout ce qui concerne le lagon, et avec un scientifique ayant fait des études sur les courants marins en vue de poser des barrières basaltiques comme brise-lames.

Il a ainsi fallu obtenir d’abord un permis d’Environmental Impact Assessment (EIA), discuter avec les gens de la région, les pêcheurs et les responsables d’Albion Fisheries. En 2017, des dossiers de l’EIA ont été déposés, mentionne Alexandre Piat.

Comme il n’y a pas de passage pour les bateaux, quatre brise-lames ont pu être installés et réduisent la force des courants. De ce fait, l’érosion de la plage est atténuée. «Éventuellement, il a fallu déplacer les coraux. Comme ces derniers ne poussent pas sur du basalt, on a pris des récifs artificiels appelés protoreef, qui sont conçus pour lutter contre les vagues. Leur module poreux permet au corail et aux polypes de s’y incruster et de croître.»

Le sable érodé constitue non seulement un problème écologique mais est aussi vu d’un point de vue économique car s’il n’y a plus de plages, c’est mauvais pour le tourisme, soutient Alexandre Piat. Cela fait environ deux ans que les brise-lames ont été installés et la ligne de plage a été stabilisée. Tous les trois mois, des études sont faites à travers des organisations telles que Reef Conservation pour voir comment la faune et la flore ont évolué autour des coraux. Par rapport au blanchiment des coraux, un état des lieux est entrepris avec Reef Conservation pour les repeupler mais il faut voir les projets dans leur globalité et non au cas par cas. Par ailleurs, des tests de l’eau sont aussi faits par l’université de Maurice.

Traçabilité des déchets 

Les déchets tels que les cartons, papiers, verres, plastique, huiles et batteries, triés en amont et placés dans différentes poubelles installées dans les locaux de l’hôtel, sont transportés à la déchetterie et ce qui est organique est séparé et mesuré. Mis en place depuis le 1er avril, ce waste management a pour but d’avoir un contrôle sur les déchets. Une poubelle en forme de poisson est aussi installée sur la plage pour recueillir les déchets plastiques. Une dame s’occupe du waste management, ce qui implique la création de nouveaux emplois. À la fin du mois, un rapport est établi sur les déchets collectés.

Selon les statistiques, les poubelles contiennent généralement 60 % de déchets organiques et le Sustainable Manager espère diminuer ceux qu’on n’arrive pas à recycler à Maurice, comme les briques de lait, entre autres. Par ailleurs, les déchets organiques utilisés dans l’élevage porcin sont envoyés chez les fermiers de Bel-Ombre et de Chamarel car la nourriture décomposée produit du méthane.

«Nos actions entraînent également des changements chez les fournisseurs. Par exemple, ceux qui nous procuraient des pantoufles offraient leur marchandise dans des sacs en plastique en plus de grands cartons. Après négociations, on les reçoit désormais dans des sacs en jute, qui sont récupérés lors de la livraison suivante. Le fournisseur en a parlé au commerçant à l’étranger, qui cessera aussi d’utiliser du plastique. C’est toute une chaîne», avance Alexandre Piat.

Réduire le plastique 

L’embouteillage d’eau également a démarré en 2016, afin de diminuer la consommation de bouteilles en plastique. L’hôtel commandait quatre à cinq millions de bouteilles par an, ce qui fait 3,4 tonnes de plastique. Maintenant, environ 30 000 bouteilles sont produites pour tout le domaine.

L’eau de la CWA est traitée. Elle passe par des filtres et des rayons ultraviolets et est mise dans des bouteilles en verre. Pour les casses, Plancton se charge du recyclage. Néanmoins, comme le département Health and Safety interdit les bouteilles en verre pour les balades, les pique-niqueurs emportent encore des bouteilles en plastique. Par contre, lors du prochain tournoi de golf en décembre, des gourdes sont prévues pour les 250 joueurs internationaux. Celles-ci pourront être remplies aux fontaines d’eau situées sur le parcours.

Le Sustainable Manager mentionne que le groupe détient pour les cinq à dix ans à venir une certification de renom international appelée Green Key. Elle est reconnue dans plus de 3 000 établissements et 57 pays et comporte 133 critères. Ces derniers sont répartis sous 13 thèmes dans différentes parties de l’hôtel. Certains peuvent avoir un effet immédiat, d’autres sont graduels. Un audit est fait chaque année pour évaluer les changements durables. 

«Il faut montrer qu’on fait mieux à chaque fois. Le but est de diminuer l’empreinte carbone sur l’environnement et de sensibiliser, d’appliquer les bonnes pratiques On essaie d’aller plus loin dans nos actions», souligne Alexandre Piat.

Une poubelle en forme de poisson installée sur la plage pour sensibiliser les gens sur la protection de l’écosystème marin.
Une poubelle en forme de poisson installée sur la plage pour sensibiliser les gens sur la protection de l’écosystème marin.
Des poubelles de tri dans la cour de l’hôtel afin d’encourager le tourisme responsable.
Un département de gestion des déchets pour bien les classer.
L’eau traitée est embouteillée dans des bouteilles en verre.
La collecte de papiers pour le recyclage.
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