AHRIM: tirs croisés entre Jean- Michel Pitot et Anil Gayan

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Le président de l’AHRIM, Jean-Michel Pitot (à g.), et le ministre du Tourisme, Anil Gayan, étaient à Ébène hier.

  Le président de l’AHRIM, Jean-Michel Pitot (à g.), et le ministre du Tourisme, Anil Gayan, étaient à Ébène hier.  

Il fallait s’y attendre. L’assemblée générale de l’Association des hôteliers et des restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), qui s’est tenue hier soir, vendredi 28 juin, au Hennessy Park Hotel à Ébène, n’a pas dérogé à sa longue tradition, celle d’un environnement propice à un duel entre le président sortant et le ministre de tutelle, avec comme arbitre Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer de l’association. Le président de l’AHRIM, Jean-Michel Pitot, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots, et s’est livré à un diagnostic sévère des maux qui rongent l’industrie hôtelière. La réplique ne s’est toutefois pas fait attendre.

Le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a répondu du tac au tac à Jean-Michel Pitot, n’hésitant pas à rappeler que le discours alarmiste des opérateurs «est du réchauffé, recyclé et raté et qu’il faut être lucide et respecter la réalité car personne n’a le monopole de Monsieur Je-sais-tout».

Jean-Michel Pitot, également Chief Executive Officer du groupe Attitude, n’a pas voulu tourner autour du pot. «C’est la dégradation de la destination mauricienne. Il faut combattre, en plus, d’autres qui sont venus déstabiliser le secteur touristique comme le numérique qui est venu décupler la concurrence. Il ne faut pas se voiler la face : la qualité de l’image du pays est une des plus grandes faiblesses de l’industrie. Or, ce n’est pas nouveau car, il y a trente ans, Herbert Couacaud, alors patron du groupe Beachcomber, tirait la sonnette d’alarme sur ce risque.»

Loin de s’adonner au jeu de «blame game», Jean-Michel Pitot dit souhaiter s’appuyer sur la présence des décideurs économiques et des opérateurs hôteliers pour porter plus loin cette industrie. «Asseyons-nous autour d’une même table et rédigeons ensemble, public et privé, acteurs de tous bords, un plan d’action commun.» Il ajoute que ces actions doivent porter sur quatre axes.

Tout en demandant que le tourisme soit décrété priorité économique nationale, Jean-Michel Pitot trouve qu’il faut enlever les obstacles susceptibles d’empêcher les hôteliers de remettre les plages en état. Il s’étonne qu’une action aussi essentielle que la réhabilitation des plages, outil de travail des hôteliers, nécessite l’intervention de six institutions et une attente de huit mois.

Jean-Michel Pitot estime qu’il est devenu urgent qu’on donne au secteur les moyens de ses ambitions. «Il y a deux ans, 1 % des touristes disait ne pas vouloir recommander Maurice à leurs amis. Or, aujourd’hui, ils sont 10 %.» Ce  qui le pousse à dire que le «koz kozé» ne pourra pas renverser cette tendance.

Langage défaitiste

Le ministre du Tourisme a, d’emblée, déploré le langage défaitiste des dirigeants de l’AHRIM. «Il est dommage que, quand je lis ce que disent les dirigeants de l’AHRIM dans la presse, je retiens le message suivant : ‘C’est la grande misère qui frappe les hôteliers. C’est la catastrophe’ Je crains que bientôt l’industrie du tourisme soit atteinte d’un mal incurable. Mais tel n’est pas le cas comme témoigne le sourire de ceux qui sont présents ce soir.»

Anil Gayan dit regretter que les dirigeants de l’AHRIM n’aient pas dit toute la vérité quant aux vraies raisons de la baisse des arrivées touristiques. «Je reconnais que les responsables d’une industrie aussi importante que le tourisme ont le droit dans un pays libre comme le nôtre, d’être non seulement ‘incorrects politiquement’ mais ils ont l’obligation de faire état de tous les faits et éléments dans leurs déclarations publiques. Par exemple, 110 vols d’Air Mauritius ont été annulés pendant les 4 premiers mois de 2019. En avril-mai, Emirates a réduit ses vols de 50 %. Eurowings a cessé ses vols vers Maurice avec une perte de sièges sur la destination. L’honneur exige que ces vérités soient dites surtout quand on parle d’une baisse des arrivées touristiques. Le problème n’est pas structurel mais conjoncturel. Certes, il y a des défis pour le tourisme et nous allons tous ensemble les relever. Ne nous laissons pas tenter par le catastrophisme.».

Manque de fair-play

Le ministre dénonce le manque de fair-play dans la posture des hôteliers. «Il y a un silence assourdissant quand les hôtels sont remplis. Mais aussitôt qu’il y a une baisse, tout le secteur se réveille et crie au loup. Il ne faut pas sur-dramatiser.»

Pour Anil Gayan, les hôteliers doivent pouvoir se regarder dans le miroir. «Il faut être capable de faire une autocritique pour se demander si la hausse conséquente des tarifs dans les hôtels l’année dernière n’a pas refroidi les touropérateurs dans la vente de notre destination. On parle des chiens errants. Quand l’hôtellerie avait une grosse croissance, la coïncidence a voulu que tous ces chiens errants avaient soudainement disparu.»

Qu’à cela ne tienne, Anil Gayan dit ne pas vouloir dramatiser la situation. «Je suis d’avis que les relations entre les autorités et le secteur privé ont toujours été correctes et je sais que j’ai été, et je le suis toujours, disponible à chaque fois qu’un opérateur du tourisme m’a sollicité ou me sollicite pour une rencontre. Je suis à l’écoute et je fais tout ce que je peux pour aplanir les embûches, s’il y en a.»


AGA AHRIM 28 juin 2019

Discours du Président sortant

Monsieur le Ministre du Tourisme,

Messieurs les Ministres de l’Environnement, de l’Emploi, et des Terres,

Madame la Chef de Cabinet du ministère du Tourisme,

Monsieur l’Ambassadeur de France,

Monsieur le Représentant de la Région Réunion à Maurice,

Mesdames et messieurs dirigeants des ministères et des institutions publiques et privées,

Chers partenaires de l’industrie, collègues et membres de la presse,

Chers Membres de l’AHRIM,

Mesdames / messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir qu’au nom du conseil de l’AHRIM, je vous accueille ce soir à la réception marquant notre 46e Assemblée générale annuelle.  

Je voudrais d’abord remercier mes confrères qui m’ont réélu pour une nouvelle année à la Présidence de notre association et leur assurer ma détermination à travailler au progrès de notre industrie.

Merci également à vous, Monsieur le ministre du Tourisme, pour votre fidélité à ce rendez-vous et votre amitié. Vous me permettrez de saluer la présence parmi nous de vos collègues, Messieurs les ministres responsables de l’Environnement, de l’Emploi et des Terres.  

Cette invitation, Messieurs, n’est pas une simple courtoisie à votre égard. Elle est, à nos yeux, extrêmement symbolique.

Vous êtes responsables de la qualité de notre cadre de vie, de nos ressources, autrement dit de nos principaux atouts. A l’AHRIM, nous estimons donc tout à fait pertinent de vous inclure dans la réflexion et dans la recherche de solutions pérennes pour notre industrie.

Disons-le clairement : l’enjeu de l’avenir du tourisme dépasse le cadre du tourisme. Il dépasse le mandat du seul ministère du Tourisme. Votre présence me donne à penser que vous le comprenez et nous vous en remercions.  

Notre assemblée générale se tient à un moment où le secteur touristique est préoccupé. Le ralentissement dans les arrivées, alors même que nos concurrents directs connaissent une excellente croissance, nous a déstabilisé. Comment expliquer ce ralentissement ? Est-ce que le nombre de sièges d’avion est insuffisant ? Notre marketing n’est-il pas assez agressif ? Ou est-ce nos prestations qui sont trop chères, comme vous me l’avez souvent dit, monsieur le ministre ?

Beaucoup de facteurs peuvent expliquer la chute dans les arrivées. Mais qu’il s’agisse de connectivité, de marketing ou de tarifs de chambres, nous avons toujours su nous remettre en question et corriger le tir.

Où est donc le problème ? Hélas, d’autres facteurs sont entrés en jeu, d’autres facteurs qui nous déstabilisent. Le digital a changé complètement la donne. Il a décuplé la concurrence. Le client a plus facilement accès à des milliers d’offres de vacances. Et ce digital-là donne le pouvoir au vacancier d’exprimer son avis sur les réseaux sociaux. Un avis qui ne nous est pas toujours favorable...

Mes amis, je crois que la grande leçon que nous devons retenir de ce fléchissement dans notre performance est ceci : Rien n’est acquis. Face à une concurrence croissante et agressive, nous devons travailler à rendre exceptionnelle notre offre… je parle là du produit Maurice. Nous devons tendre ensemble vers un seul but :  combattre la dégradation de la destination.

C’est sur la qualité de notre offre – le produit Maurice - que j’ai choisi ce soir d’axer mon intervention.  Que ce soit clair : ce n’est pas une critique à votre égard, messieurs les ministres. Ma mission, en tant que porte-parole, est de vous partager le regard que portent les hôteliers sur l’industrie touristique. Ma mission est d’attirer l’attention sur ce qui doit être amélioré pour que l’hospitalité mauricienne continue à être le socle de notre économie. Je ne cherche en aucune façon à être un donneur de leçons, soyez-en assurés. Mon devoir est d’aider l’industrie, et le pays dans son ensemble, à avancer. 

La qualité de notre image est une de nos plus grandes faiblesses. Une faiblesse qui a la vie dure. Je relisais, il y a quelques jours, une interview donnée par un pionnier de l’industrie à un magazine il y a trente ans – oui, ça fait trente ans. Herbert Couacaud tirait la sonnette d’alarme sur le risque de dégradation de l’image de Maurice, avec la prolifération de buildings et de tours. C’était il y a trente ans...

L’heure, mes amis, n’est ni à l’apitoiement ni au « blame game ».

Je veux voir, dans notre performance de ces derniers mois, une occasion de rebondir. C’est une vraie opportunité de nous poser les bonnes questions et de travailler à améliorer notre offre.

Je veux voir, dans la présence ce soir de nos décideurs de tous bords, la volonté de nous unir pour porter plus loin notre industrie. Je veux voir une preuve de l’excellente qualité d’échange dont nous sommes capables. Je veux voir la reconnaissance qu’à plusieurs, nous apporterons une réponse plus cohérente, plus efficace, plus créative à nos problèmes. 

Plaçons donc cette soirée sous le signe d’une concertation élargie et d’une action véritablement commune. Asseyons-nous autour d’une même table et rédigeons ensemble, public et privé, acteurs de tous bords, un plan d’action commun. Inspirons-nous des projets communs qui ont marché, tel le développement intégré de Bel-Ombre. Nous pouvons aller encore plus loin...

Ces actions communes devraient, je le pense, porter sur quatre axes.

Premièrement, décrétons le tourisme priorité économique NATIONALE.

Certes, nous l’avons fait au lendemain des Assises du Tourisme. Celles de 2006, celles de 2016. Des exercices qui se voulaient marquer un point de rupture et un nouveau départ. Elles ont efficacement servi, entre autres, à multiplier les chambres et à trancher sur l’accès aérien.

Mais il s’agit là d’agir, avec rigueur et dirigisme, sur des aspects qui ne relèvent pas à proprement parler du tourisme.  

Décréter le tourisme priorité nationale, c’est lever les obstacles qui empêchent les hôteliers de remettre les plages en état. C’est dissiper les bêtes questions d’administration régionale, c’est créer de véritables « fast track ». Il n’est pas acceptable qu’une action aussi essentielle que la réhabilitation des plages, outil de travail des hôteliers, requière l’intervention de dix institutions et une attente de huit mois.  

Décréter le tourisme priorité nationale, c’est décider ensemble de la meilleure façon d’exploiter les espaces à potentiel touristique, c’est donner leur chance aux promoteurs qui ont fait leur preuve d’apporter encore plus de valeur à la destination. Combien de sites exceptionnels, cédés à des promoteurs de passage, sont laissés à l’abandon... Que d’opportunités perdues pour notre pays et ses citoyens !

Décréter le tourisme priorité nationale, c’est créer une ligne de communication plus fluide entre les porteurs de projets hôteliers et les administrations. Cette communication est si difficile qu’elle a permis l’émergence d’un nouveau métier, celui d’intermédiaires. Ces agents qui se font noblement appelés lobbyistes n’aident pas toujours les choses.

Décréter le tourisme priorité nationale, c’est, enfin, reconnaître que l’ouverture à la main d’œuvre étrangère est essentielle. Il est temps de permettre aux étrangers d’assumer certaines tâches que nos jeunes refusent. Il est temps de s’ouvrir aux étrangers qui disposent d’une expertise que nous n’avons pas. Reparlons de ce fameux digital. Pour exploiter toutes les opportunités de visibilité qu’il nous offre, c’est fondamental de recourir à une expertise pointue. L’avons-nous ?  

On a recours au travailleur étranger pour sauver le textile, on le fait dans le bâtiment pour compléter ces chantiers qui transformeront les infrastructures du pays. Pourquoi ne pas le faire pour le tourisme, aussi fondamental à notre devenir commun que ces secteurs ?

Deuxièmement, engageons une stratégie à long terme d’Embellissement du Cadre de Vie.

Nous parlons chaque année d’embellir l’île, mais elle reste, hélas, mal entretenue, en-dessous de nos attentes de citoyens. Les chiens errants, les carcasses de voitures dans les terrains vagues, l’affichage désordonné, les herbes qui envahissent les rond-point... Comment peut-on espérer un commentaire élogieux de la part du touriste sur Facebook ou Trip Advisor face à ce décalage entre la carte postale et la réalité ? Même nos concitoyens mauriciens s’en offusquent régulièrement sur les réseaux sociaux.

Nous n’avons pas droit à l’erreur. Le digital sacralise la moindre frustration du client. Le gouvernement en est tout à fait conscient, les commentaires lucides et éclairés de notre Premier ministre sur la question, dans le dernier discours du budget, le prouvent. On ne peut pas prendre le risque de tromper le touriste : notre pays, d’une manière holistique, doit désormais impérativement offrir ce qui est promis. Et cela, à tous les points de contact avec le touriste. Nous devons identifier ces « touch points », décider comment les améliorer et agir.

Messieurs les ministres,

Notre cadre de vie doit, j’en suis convaincu, constituer un volet essentiel de notre développement touristique. Faut-il créer une unité dédiée à l’Espace public ? Une Beautification Unit, comme l’a fait Singapour en faisant le pari que c’est le beau qui inspire le respect ? Je n’en sais rien.

Ce que je sais, c’est qu’il faut faire les choses différemment. Les mesures budgétaires pour l’environnement vont dans le sens que nous souhaitons : les campagnes de nettoyage annoncées impliqueront le privé et l’ensemble de la population. C’est très bien...

Mais ce que je sais, c’est qu’il faut une véritable stratégie à long terme. Les campagnes ponctuelles doivent être suivies d’autres actions pour être efficaces. Il faut un effort constant et soutenu pour faire comprendre à toute l’île Maurice ce que veut dire ‘être hôte’.

Un changement de mentalité est d’autant plus important que dans les prochaines années, un touriste sur deux résidera ailleurs qu’à l’hôtel. Oui mes amis, retenez bien ce que les chiffres officiels peuvent confirmer : dans quelques années, un touriste sur deux à Maurice ne sera pas dans nos hôtels, ce qui signifie que la première motivation de ce touriste-là sera sans doute de découvrir à sa guise le cœur de l’île. Il faut donc engager une véritable pédagogie du développement touristique, dans les médias, dans les écoles. L'adhésion de la population est une condition indispensable au développement du tourisme. On ne change pas une culture, une mentalité en cinq ans. Il faut un travail de continuité qui dépasse les mandats gouvernementaux et les frontières des administrations.

Troisièmement, transformons notre patrimoine en atout 

Le voyageur de demain grandit dans une économie de partage. Il voudra donner du sens à ses vacances, écouter les histoires qui font la spécificité du pays qu’il visite, écouter battre le cœur de l’île. Qu’avons-nous à partager ? De bien belles choses, certainement. Un patrimoine naturel, culturel, humain.

La mer, sa faune et sa flore, les plages, c’est notre premier patrimoine. Mais un patrimoine qui s’érode. Nos plages sont soumises aux aléas du temps, elles sont menacées par les ambitions du pays en matière de pêche, elles sont mises à risque par la densité de la population et la forte – et fausse – perception que les hôtels ont les plus belles plages. Oui ces plages sont belles.

Et elles le sont justement parce qu’elles sont soignées, entretenues, et parfois aussi, parce qu’elles ont été aménagées avec un certain savoir-faire.

Monsieur le ministre du Tourisme, nous sommes persuadés qu’en travaillant ensemble, nous pouvons créer un ambitieux plan directeur pour la sauvegarde de notre littoral certes, mais aussi pour le développement de nouvelles plages publiques, et ceci dans le strict respect des normes écologiques. Certains ont déjà su transformer des zones non sablonneuses en de belles plages. Reprenons cette idée avec force. Ensemble monsieur le ministre, identifions des coins à potentiel. Créons au moins trois grandes plages, pour les besoins du tourisme mais aussi ceux des Mauriciens. Nous, les hôteliers, ne prétendons pas avoir tout le savoir-faire en matière de biologie marine ou d’écosystème, mais la plage est un outil avec lequel nous avons appris à travailler, et que nous entretenons depuis des années. Nous voulons mettre ces connaissances au service de la consolidation de ce patrimoine naturel.

Le tourisme balnéaire n'est plus le seul élément déterminant du choix de notre destination. Le voyageur de demain ne s’arrêtera pas à la mer. Il veut voir le pays. D'autres types de patrimoine doivent être donc mis en scène, structuré. Le patrimoine culturel et humain est un levier majeur pour le développement durable de notre tourisme. 

Nous croyons que créer des zones de découverte, vivantes et divertissantes, est une piste potentielle. Comme Bel-Ombre a su mettre en scène le patrimoine « vert », nous pouvons raconter Chamarel, Mahébourg, Port-Louis autour des spécificités uniques de ces régions. Mettre en réseau les acteurs d’une région riche en histoire ; créer des itinéraires de circulation ; remettre en état le patrimoine bâti, réhabiliter le patrimoine naturel, soutenir les artisans, notre patrimoine humain. Mettre en place des marinas comme évoqué dans le budget est un pas dans la bonne direction.

Créons des zones qui ont une histoire à raconter à nos visiteurs, mais soignons aussi mieux celles qui resteront des rendez-vous phares pour le touriste. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir un pincement au cœur lorsque je traverse Péreybère. Pour la population et pour le touriste, Pereybère est un lieu mythique. Un lieu qui risque d’être défiguré par un bâtiment de près de 3 étages le long de la route côtière… Ne faudrait-il pas une structure public-privé qui veillerait au respect du patrimoine et qui éviterait ce genre de résultats ? Préserver l’esthétique des sites mythiques est une urgence nationale.

Enfin, quatrième action : attaquons-nous férocement à la concurrence !

Il est heureux que le gouvernement accorde d’importants moyens à la MTPA. Utilisons-les pour nous approprier les mêmes armes que les autres destinations, le Maroc, les Maldives. Evoquons de nouveau la question du digital. Être visible dans la jungle d’Internet est extrêmement compliqué. Mais c’est là qu’il faut être vu. Nos concurrents ont recours à des expertises pointues pour y parvenir. Ils vont la chercher dans les pays plus avancés. Pour être parmi les meilleurs, entourons-nous donc des meilleurs.

Au chapitre de la visibilité, permettez-moi de mentionner ici un beau succès. Je veux parler de l’organisation à Maurice des World Travel Awards. Monsieur le ministre du Tourisme, je saisis l’occasion pour vous féliciter ainsi que vos équipes pour la réussite de cet événement. Par le buzz qu’il a créé, il servira certainement notre cause.

Bravo également à la MTPA pour le soutien continu qu’elle apporte aux projets de nos membres ; ces actions contribuent également à accroître la visibilité de la destination.

Je tire un coup de chapeau aussi au gouvernement pour la décision d’allouer Rs 160 millions à la ligne aérienne vers la Chine et le Kenya ; c’est une excellente nouvelle. Je vous remercie en particulier, monsieur le ministre du Tourisme, car je sais que vous vous êtes beaucoup investi pour faire aboutir ce projet. Les nouvelles incitations fiscales sur le segment MICE devront aussi apporter des résultats probants pour l’industrie.

Voilà des petits rayons de soleil qui nous donnent des raisons d’espérer. D’ailleurs, dans deux semaines, une autre belle occasion de mettre en valeur notre pays, de raconter au monde notre esprit de fraternité, notre culture d’ouverture, se présente à nous. Je veux parler des Jeux des Iles. Je souhaite bonne chance à tous nos athlètes et lance un grand cri de mobilisation autour des valeurs sportives universelles, valeurs d’esprit d’équipe, de dépassement et de courage, dont nous devrions tous nous inspirer.

Mes amis, relevons avec détermination les défis qui se présentent à nous.

Fédérons nos efforts pour construire une stratégie multidimensionnelle sur les quatre axes que je viens d’évoquer. Une stratégie qui, j’insiste, dépasse le cadre du Tourisme. Les enjeux portent sur l’environnement, la sécurité, la salubrité publique. Elargissons le dialogue.

Public et privé, nous avons toujours su discuter, confronter nos points de vue. Nous avons su faire évoluer nos positions pour avancer ensemble. Il nous reste à apprendre à traduire nos échanges en projets concrets, à mener réellement des actions concertées, intégrées et rigoureuses. Si nous voulons nous donner les moyens de nos ambitions, il nous faut impérativement une meilleure convergence de nos actions sur le terrain. Il faut que nous nous entraidions.

Chers amis, la mauvaise performance des derniers mois résonne dans ma tête comme un formidable « wake up call ». Je n’exagère pas. Il y a vraiment urgence. Il y a deux ans, 1% de nos touristes disait ne pas vouloir recommander Maurice à leurs amis et proches. Ils sont 10% aujourd’hui !! Le « koz kozé » ne pourra pas renverser cette tendance, c’est clair !

Dans la dernière newsletter de l’AHRIM, notre magazine Check-in – et je salue la responsable d’édition Ariane de L’Estrac et l’équipe du bureau de l’AHRIM pour cet excellent travail, dans notre newsletter donc, le PDG du groupe ACCOR nous invite à nous réveiller. Il dit ceci. Je cite « Cessez de croire que vous êtes unique. Cessez de croire que vous êtes béni des dieux. Avec le digital, d’autres endroits « uniques » entre guillemets vont être découverts. Bannissez toutes vos certitudes. Le monde du tourisme n’a jamais connu autant d’instabilité ». Fin de citation.

Sébastien Bazin a raison : nous venons d’avoir la preuve de cette instabilité, nous n’avions pas prévu la contre-performance de ce début d’année.

Mais ne succombons pas à la morosité. Au contraire, il faut faire assaut d’initiatives, d’inventivité et d’enthousiasme.

Et puis, peut-être M. Bazin se trompe-t-il... Peut-être sommes-nous effectivement bénis des dieux. Qui sait si cette année bénie par une visite papale ne nous réserverait pas... un petit miracle.  

Mais ne laissons pas tout « dans la main bondié », comme on dit...

Mes amis, mes confrères, messieurs les ministres, il n’y a pas de plan B. Retroussons-nous les manches et relançons notre tourisme. Ecrivons un nouveau chapitre de notre histoire touristique. Et faisons-le ENSEMBLE.

Je vous remercie pour votre attention.  



Mes collègues ministres

Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la République Française

Madame Seewooruthun, chef de cabinet de mon ministère

Jean Michel Pitot, le PDG du groupe Attitude et Président en exercice de l’AHRIM

Jocelyn Kwok, le CEO de l’AHRIM

M. Pierre Yves Rochecouste, Le Président de la Tourism Authority

Madame Boodhoo, La Directrice de la Tourism Authority 

M. Arvind Bundun, Le Directeur de la MTPA

Messieurs et Mesdames de l’industrie du Tourisme

Tout protocole respecté en vos grades et rangs

Distingués invités

Mesdames et Messieurs

Bonsoir ! 

Monsieur le Président, je tiens tout d’abord à vous féliciter pour votre ré élection et je n’ai aucun doute que l’association continuera à s’affirmer entre vos mains. Je suis content d’apprendre que vous affectionnez le ‘koz kozé’. 

A écouter le président j’avais l’impression d’entendre un politicien. La politique est une activité accessible à tous sans aucune exception ou discrimination. Je ne sais pas si vous préparez votre entrée en politique et je souhaite qu’avant la fin de la soirée vous nous fassiez la confidence du parti auquel vous comptez vous adhérer. 

C’est avec beaucoup de plaisir que je me retrouve ce soir avec les acteurs de l’industrie du tourisme pour la 46 -ème  Assemblée Générale de l’AHRIM. Une assemblée générale est une occasion importante dans la vie des institutions parce qu’elle permet de faire un bilan de l’année écoulée et de tracer une feuille de route pour l’avenir.

Mesdames et Messieurs,

L’apocalypse n’est pas pour demain. J’aime le positif et le constructif.  Je fais partie des bâtisseurs et des rassembleurs. Il est dommage que, quand je lis ce que disent les dirigeants de l’AHRIM dans la presse, le message retenu est ceci :  c’est la grande misère qui frappe les hôteliers. C’est la catastrophe. Je crains que bientôt l’industrie du tourisme sera atteint d’un mal incurable. Mais tel n’est pas le cas comme témoigne le sourire de ceux qui sont là ce soir.

Mesdames et Messieurs,

Je reconnais que les responsables d’une industrie aussi importante que le tourisme ont le droit dans un pays libre comme le nôtre d’être non seulement ‘incorrects politiquement’ mais ils ont l’obligation de faire état de tous les faits et éléments dans leurs déclarations publiques. Par exemple, il y a eu 110 vols d’Air Mauritius annulés pendant les 4 premiers mois de 2019. Au mois d’Avril-Mai Emirates a réduit ses vols par 50 %.

 Eurowings a cessé ses vols vers Maurice avec une perte de sièges sur la destination. L’honneur exige que ces vérités soient dites surtout quand on parle d’une baisse dans les arrivées touristiques. Le problème n’est pas structurel mais conjoncturel. Certes il y a des défis pour le tourisme et nous allons tous ensemble les relever. Ne nous laissons pas tentes par le catastrophisme.

Le Price Waterhouse Coopers vient de publier un rapport, le ‘Hotels Outlook 2019-2023’, et je souhaite citer certains extraits : 

‘Air connectivity remains a challenge, and the government is negotiating with international airlines in line with its open sky strategy. Air Mauritius, the national airline, has been through some financial difficulties, and reduced some of its flights in key target markets since January 2019. This has had an impact on arrivals, which were down during the first four months of 2019. Mauritius will remain an appealing destination for upscale travelers as it is considered a safe destination with beautiful beaches and other amenities’

Mesdames et Messieurs,

Mais quand est-il des chiffres pour le mois de juin ? Selon le bureau des statistiques, du 1 au 15 juin 2019, les arrivées touristiques ont connu une hausse de 19.5% soit 46, 751 touristes contre 39,111 touristes pour la même période en 2018. Ce qui représente une croissance de 0.5% depuis le début de l’année ainsi renversant la tendance à la baisse.  

Nous devons être assez mature et responsable pour reconnaitre que tout secteur industriel passe par des bons et moins bons moments. Il ne faut pas paniquer  au premier hurlement du loup. Ce n’est pas la première fois que cette industrie dont on peut légitimement être fier passe par des moments difficiles.

J’aimerai citer un extrait d’un discours prononcé par un autre Président de L’AHRIM en 2013. 

«  l’objectif de croissance des arrivées touristiques est de 3.5 %. Pour les 5 premiers mois, nous sommes à 1% de croissance avec une baisse de 5% sur l’ Europe….nous entendons des commentaires comme quoi notre produit est fatigué, d’autres qui disent que le produit est bon mais que notre communication se ringardise… » 

Comme dirait l’autre, c’est du réchauffé, recyclé et raté.  Il faut être lucide et respecter la réalité. Personne n’a le monopole de Monsieur je-sais-tout.  

Je trouve que c’est dommage que ceux qui sont responsables du tourisme font des déclarations fracassantes qui ne sont pas complètes. 

Mesdames et Messieurs,

Il y a eu depuis le début de l’année beaucoup d’experts qui ont parlé sur l’état du secteur touristique. Je me fais un devoir de lire tout ce qui est publié sur le tourisme. Je prends acte de beaucoup de généralités mais je suis resté sur ma faim pour des propositions concrètes. 

J’ai pris connaissance des articles parus dans le magazine de l’AHRIM, ‘Checkin’ où Monsieur Jocelyn Kwok et Monsieur Jean Michel Pitot font un constat du tourisme. Le premier article a pour titre ‘ Reveil’ et le second ‘ Erosion’. Je dois dire que je suis enchanté que l’AHRIM se réveille enfin.

Les éléments du constat sont :

Le Tourisme va mal cette année.

Notre pays est sale et c’est à l’Etat qu’incombe la tache de nettoyer.

Il y a un manque de main d’œuvre et il faut importer de la main d’œuvre étrangère. 

Il y a les chiens errants.

Il y a l’insécurité. 

Je suis désolé et je vous prie de m’en excuser si je vous disais qu’il y a des mécanismes et des instances pour soulever ces problèmes. Tout dire en public , selon moi, n’est pas la bonne politique. Chaque médaille a son revers et souvent les revers sont plus durs à entendre. 

Il n’y a aucune réflexion sur les raisons pour lesquelles les jeunes boudent le secteur hôtelier.

Pour quelle raison les jeunes acceptent de travailler sur les croisières et non pas dans leur pays ? Et d’ailleurs je l’ai mentionné dans mon discours lors de votre dernière assemblée générale, la disparité dans les salaires est une des premières raisons. 

Mesdames et Messieurs,

Il y a un silence assourdissant quand les hôtels sont remplis. Mais aussitôt qu’il y une baisse , tout le secteur se réveille et crie au loup. Il ne faut pas surdramatiser.

Il faut être capable de faire une autocritique pour demander si la hausse conséquente des tarifs dans les hôtels l’année dernière a refroidi les tour operateurs de vendre notre destination. Et je suis content que ce sujet tabou fasse son come-back. 

On parle des chiens errants. Oui c’est vrai et le gouvernement avec les ONG continuent leurs efforts pour endiguer le fléau. Mais on a tout le temps eu des chiens errants.  Quand l’hôtellerie avait une grosse croissance, la coïncidence a voulu que tous ces chiens errants avaient soudainement disparu. Soyons raisonnables et devenons des farouches adeptes de l’honnêteté intellectuelle. 

Le Budget qui vient d’être adopté au Parlement a plusieurs mesures pour l’assainissement , la salubrité et l’embellissement du pays. Le Premier Ministre a fait des propositions concrètes dans son Budget.

“The 3 C – Centralised Cleaning Coordination Committee- is going to spearhead this campaign. We at Government level are committed but we want the members of AHRIM to demonstrate the same commitment. With their employees all over the country, they can already start a sensitisation programme. There will be a law to criminalise littering on beaches.” 

Mesdames et Messieurs,

Nous allons lancer des appels d’offres pour un nouveau ‘Branding’ pour notre destination.

Je suis d’avis que les relations entre les autorités et le secteur privé ont été toujours correctes et je sais que j’ai été et que je suis toujours disponible à chaque fois qu’un opérateur du tourisme m’a sollicité ou me sollicite pour une rencontre. Je suis à l’écoute et je fais tout ce que je peux pour aplanir les embûches s’il y en a. 

Quand je lis  ‘Erosion’ écrit par votre Président et mon ami Jean Michel Pitot, je cite « Rien non plus sur l’emploi des étrangers. … on sent un environnement suspicieux et une attitude fermée aux étrangers. » Allons voir la réalité.

En 2016 il y a eu 375 Occupation Permis délivrés.

En 2017 le nombre était de 457.

En 2018 le nombre était 392 et à la fin de Mai 2019 190 permis ont été délivrés.

Il faut une étude sur l’impact des expatriés sur l’industrie. Je suis ouvert à la demande de l’industrie pour les Occupation Permits mais il faut que la demande soit justifiée. Personne n’acceptera que quelqu’un sans expérience dans le domaine ou quelqu’un qui termine ses études universitaires  soit considéré comme un spécialiste. Le tourisme est global et l’expertise se trouve partout dans le monde.

Dans le même Check In il y a une conversation décontractée avec Sébastien Bazin, le PDG du Groupe ‘Accor’. Que dit M Bazin ?

En voilà quelque extraits :

Une des règles que nous observons est de placer à la tête de tout établissement une personne de culture locale. Nous y parvenons à 80%.

Accor accueille 80,000 nouvelles recrues par an, et perd 50,000 personnes. En France uniquement, il y a 100,000 postes à pourvoir dans l’hôtellerie et la restauration. C’est un problème global lie à l’hôtellerie.

Je suis frappe de voir le regard de ces adolescents qui passent sur la plage. Il n’y a pas d’amertume ou de frustration envers les touristes. C’est un miracle. On ne le voit pas ailleurs. Les jeunes de Maurice ont parfaitement compris l’importance du tourisme dans l’économie locale. Ce sentiment est positif… vous pouvez construire dessus.

Mesdames et Messieurs,

Ces propos méritent une réflexion de notre part.

Mon  rôle comme ministre est d’être à l’écoute.  Le tourisme est une industrie qui subit les assauts de la technologie et les conséquences sont instantanées. Nous avons en tête ce qui s’est passé au Sri Lanka le dimanche pascal et hier à Tunis avec des attentats suicides.

Tout ce que nous disons est entendu, analysé, critiqué ou approuvé mais tout est répercuté dans le monde parce que la technologie moderne le permet. Quand nous lavons nos linges sales devant les projecteurs, nous ne rendons pas service à l’industrie. Quand le touriste à  l’étranger prend connaissance de ce que disent haut et fort la haute autorité du privé dans le domaine du tourisme, en effet, comme dirait l’Anglais, we are shooting ourselves in the foot.  

Nous avons tous pris connaissance de ce que la presse a rapporté sur des prix exorbitants qu’un touriste Saoudien a payé pour des ponchos en cachemire. Vous avez aussi entendu qu’une glace a couté Rs 4000.00. Ces faits qui sont publiés dans la presse nous font beaucoup de tort. Le Président de l’AHRIM a parlé de ce secteur comme une priorité nationale. Je lance un appel à la presse de ne pas tout sensationnaliser parce que le tort qui est fait ne peut pas être réparé. 

Qui sait que le touriste saoudien a fait une lettre d’excuses auprès du magasin où il avait fait la transaction ? Personne ! Le tourisme doit être protégé par tout le monde et nous devons tous avoir un élan patriotique en préservant l’image de notre pays. 

Le Président nous parle du digital. Il serait intéressant de prendre acte de ce que fait la MTPA en termes de promotion digitale et la liste est longue. Nous ne ratons aucune occasion d’améliorer notre produit que nous vantons à travers le monde.

Mesdames et Messieurs,

Nous cherchons de nouveaux marchés et je suis ravi de vous informer que les arrivées de l’Arabie sont très encourageantes. Nous continuerons nos efforts de redynamiser la Chine. Il est dommage que mon prédécesseur avait pris des décisions concernant China Southern qui ont impacté négativement sur ce marché. Nous travaillons déjà sur un roadshow et une campagne de promotion en Afrique de l’Est. Le Président Kenyatta est très intéressé à développer un combiné Maurice- Kenya surtout pour le marché Chinois. Il sera présent pour la soirée du road show. J’espère que les grands du secteur seront de la partie .   

Mesdames et Messieurs,

Les shisha lounges sont un ‘craze’. Le Gouvernement a pris la décision de permettre aux hôtels ayant 4 Etoiles ou plus d’avoir un ‘Shisha Bar’. 

Mesdames et Messieurs

Hier  Le Premier Ministre a présidé le lancement des travaux pour le Victoria Urban Terminal. Dans deux ou trois mois ce sera au tour de Immigration Urban Terminal d’être présente avec le Musée de l’Esclavage . Apart le Metro Express qui deviendra opérationnel au mois de Septembre 2019, ce sont d’autres exemples de la détermination du Gouvernement de moderniser et de doter le pays avec des infrastructures et lieux de shopping, restaurants et des loisirs de grande classe. Dans quelque années notre pays sera transformer et la destination sera davantage prisée.

Comme souhaité par certains parmi vous, le Gouvernement a décidé de changer le nom de la route connue comme Baie du Cap, Chamarel et Case Noyale  pour la  ‘Route du Chamarel’ .

Mesdames et Messieurs, 

Nous avons organisé le premier juin dernier, le World Travel Award à Maurice, cette soirée a été un grand succès. Le mileage médiatique que nous avons obtenu est sans précèdent. Comme exemple, je vous signale que TF1 a consacré 17 minutes a Maurice dans son programme 50 minutes inside samedi dernier. 

Le 09 Septembre 2019 le pays accueillera avec fierté et joie Sa Sainteté le Pape François. Je souhaite que les populations des iles de l’Océan indien viennent à Maurice pour partager avec nous cet immense privilège. 

Mesdames et Messieurs

Je suis désolé de vous avoir retenu si longtemps par mon discours. Avant de terminer, je voudrais dire ma confiance dans cette industrie qui n’a que des vertus. Je félicite et remercie tous les employés du secteur touristique, ces milliers de personnes qui ont donné au tourisme Mauricien ses lettres de qualité. 

Ladies and Gentlemen,

I wish to leave you with a thought.

TOURISM is made up of 7 letters and each one has an intrinsic value.

T stands for Tolerance

O is for  Originality

U for Universality

R  for Resilience

I  for Inclusiveness

S  for Sustainability and 

M  for Memories.

I thank you for your attention.

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